Journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite de drogues : Sous le signe d’ « une meilleure connaissance pour des meilleurs soins ».

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Le Mali à l’instar des autres pays du monde célèbre aujourd’hui la journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite de drogues. Pour mieux savoir comment cette lutte se porte dans notre nous avons approché la direction générale de l’office centrale des stupéfiants(OCS).

Dans l’entretien qui suit, le directeur général de la structure, magistrat colonel Adama Tounkara nous donne des précisions sur le thème retenu par l’organisation mondiale des douanes(OMD).Le magistrat aborde également les difficultés de l’OCS, ses ambitions et donne des conseils aux consommateurs.

L’Essor: Quel est le thème retenu cette pour la journée internationale de lutte contre l’abus et trafic illicite de la drogues?

Colonel magistrat Adama Tounkara:
Le thème retenu cette année est « une meilleure connaissance pour de meilleurs soins ». Il s’inscrit en droite ligne de la volonté nourrie depuis quelques années au sein des nation-unies de demander aux État de mettre l’accent sur la prise en charge des toxicodépendants. C’est-à-dire que les limites du tout répressif ont été constatés et on a choisi de changer d’approche.

Aujourd’hui, les consommateurs sont considérés comme des victimes, parfois des malades compte tenu de leur addiction. Dans ce contexte, il est demandé dans tous les États de mettre en avant la prise en charge de ces toxicodépendants-là, en leur apportant des soins et à essayer de travailler sur tout ce qui avoir comme conséquence par rapport à cette dépendance-là. Par ce que parmi les consommateurs, il y’a les usagers des drogues injectables qui partagent les seringues.

Dans ce contexte, il a été révélé que certaines maladies comme la tuberculose, l’hépatite et le VIH à cause du partage de ces instruments-là. Donc il est demandé aux États de faire la part des choses, de revoir leur législation afin de prendre en compte cette nouvelle dimension.

L’Essor : Comment l’OCS se porte aujourd’hui dans le cadre de la lutte contre les drogues ?

Colonel magistrat Adama Tounkara:
En tant que service de police judiciaire, l’OCS continue de remplir ses missions qui consistent de réprimer non seulement le trafic mais aussi la consommation. Malgré cette mission de répression l’OCS s’occupe aussi de sensibilisations et, au-delà a une mission de coordination de la lutte au niveau nation. En outre, elle sert d’interface avec les structures des autres pays dans le monde.

C’est dans ce cadre que nous essayons au quotidien de mieux comprendre nos adversaires qui sont les trafiquants. On fait de la sensibilisation au niveau des populations, au niveau des consommateurs. Mais en ce qui concerne les trafiquants, je pense que c’est la tolérance zéro. Nous avons des antennes à travers tout le pays, et chaque jour, nous avons des comptes rendus. Nous donnons des orientations par rapport à cette mission de répression du trafic.

L’Essor : Quelles sont les drogues les plus consommées au Mali aujourd’hui ?

Colonel magistrat Adama Tounkara:
Au Mali, nous avons deux catégories de produits. Il y a le cannabis, mais aussi les médicaments qui sont détournés qu’on appelle les psychotropes, tel que le tramadol, qui, aujourd’hui commencent à être un problème de santé publique. Il y a d’autres médicaments comme le diazépam, tous des analgésiques utilisés pour lutter contre la douleur. Parfois utiliser contre le trouve trouble du sommeil sont détournés.

Des échanges que nous avons au niveau international, nous avons noté que le trafic de médicament est devenu aujourd’hui une activité très lucrative. Il y a des laboratoires, des pharmacies qui sont implantés dans certains pays qui s’adonnent à la contrefaçon de médicament, surtout des médications tombés aujourd’hui dans le domaine public.
Aujourd’hui, au Mali nous avons deux gros problèmes, le cannabis et tous ces médicaments en raison de leur accessibilité.

La boule de cannabis fait 100 F cfa, un comprimé de tramadol, environ 50 F cfa, ce qui fait qu’aujourd’hui beaucoup de nos jeunes se sont tournés vers ces produits.

L’Essor: En termes de statistique, pouvons-nous savoir quelles sont les zones les plus enclins à la consommation des médicaments que vous citez ?

Colonel magistrat Adama Tounkara:
Il y’a naturellement Bamako qui est la capitale où il y a une concentration de population avec plus de 2 millions d’habitants. Il y a aussi les zones d’orpaillage, dans les régions de Sikasso, Kayes et un peu celle de Koulikoro. Ce sont les zones géographiques les plus touchées par la consommation de ces médicaments.

Par rapport à la crise sécuritaire que le Mali traverse depuis plusieurs années, comment l’office arrive à opérer au niveau du centre du pays et dans le nord réputé comme une zone de trafic de drogue par excellence ? Nous sommes un service de sécurité. Nous travaillons d’abord sur le renseignement, les informations que nous recevons. A partir de cela, nous planifions des opérations et des actions.

En fonction du niveau de sécurité dans les régions du centre et du nord et à partir des orientations données par les exécutifs locaux, nous planifions des missions. Nous essayons à partir des renseignements d’interpeller les personnes que nous considérons comme suspectes. Lorsque la situation sécuritaire ne le permet pas dans d’autres zones, nous nous efforçons de ne pas intervenir. Mais nous créerons les conditions pour pouvoir interpeler les personnes qui sont ciblées dans des endroits qui sont plus favorables.

L’Essor : Quelles sont difficultés majeures que l’OCS rencontre aujourd’hui ?

Colonel magistrat Adama Tounkara:
De plus en plus nous avons des adversaires qui changent régulièrement de mode opératoire. Nous avons besoin de renseignement, d’informateurs. Malheureusement, nous n’avons pas les ressources nécessaires pour entretenir ces informateurs. Par rapport à la sensibilité de notre matière, et aux ressources financières générées par ces activités, ceux qui nous donnent les informations demandent de plus en plus à être motivés.

Il est bon de rappeler que le trafic de drogues est une activité souterraine. Ceux qui pratique ce commerce illicite ne le font pas au grand jour et pour les découvrir, il faut forcement avoir des collaborateurs externes.

L’Essor : Quel est le thème national retenu cette année ?

Colonel magistrat Adama Tounkara:
A cause de la crise sanitaire liée à la pandémie de la covi-19, il y a une diminution des activités. Pour toutes ces raisons, nous n’avons pas retenu cette année de thème national. Ça va être une sensibilisation à minima, il n’y aura pas de rassemblement ni d’activités de grandes ampleurs.

L’Essor : Un appel à l’endroit de la population ?

Colonel magistrat Adama Tounkara:
Nous avons besoin de la collaboration et du soutien de la population. Notre mission consiste à veiller à la tranquillité, à la sécurité et à la bonne santé des populations. Nous ne pouvons remplir pleinement cette mission sans leur contribution. Vu nos effectifs, notre mode d’implantation, nous ne sommes pas partout, nous ne pouvons pas tout savoir. Il faut que les populations nous apportent des informations, des renseignements qui pourront nous permettre d’aller sur des pistes, de mener des enquêtes et d’arrêter ces personnes qui sont hors la loi.

Propos recueillis par Aboubacar TRAORÉ

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