Journée mondiale de la lutte contre le paludisme : Il faut beaucoup plus d’engagement

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La maladie continue de sévir. Selon le rapport 2018 de l’Organisation mondiale de la santé, en 2018 notre pays a enregistré environ 2.708.577 cas confirmés, 1.915.460 cas simples, 793.117 cas graves et 1.178 décès notifiés, soit un taux de létalité de 0,43%

A l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré, hier au Palais de la culture, la Journée internationale de lutte contre le paludisme sur le thème : «Zero palu, je m’engage. L’événement consacre également le lancement de la Semaine nationale de lutte contre ce fléau endémique dans les pays en développement, notamment ceux du continent africain. La cérémonie était présidée par le conseiller technique du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Mohamed Berthé, en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis B. Hankins, du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans notre pays, Dr Boubacar Sidibé.

«Femmes enceintes, rendez-vous au centre de santé pour vos consultations prénatales dès le début de la grossesse  pour bénéficier d’au moins de 4 prises de sulfadoxine pyrimethamine (SP) qui vous protègerons, vous et votre futur bébé contre le paludisme», «Population, pour vous protéger contre le paludisme, dormez sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action, à tout moment et en toute saison», tels étaient des slogans qu’on pouvait lire sur les affiches lors de la cérémonie.

La Journée mondiale de lutte contre le paludisme offre l’opportunité de renforcer la mobilisation autour du paludisme et crée aussi un cadre de concertation et d’échanges entre décideurs, partenaires techniques et financiers et société civile sur des préoccupations essentielles liées à la maladie qui reste un fréquent motif de consultation dans nos établissements sanitaires. La Journée internationale de lutte contre le phénomène rappelle aussi l’urgence et la nécessité de renforcer la sensibilisation à l’endroit des communautés puisque l’impact économique du fléau reste assez considérable. Même s’il est difficile d’évaluer l’impact de la maladie, les spécialistes de l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP), avaient estimé, il y a quelques années, les pertes économiques liées au paludisme pour les familles à 72 milliards de Fcfa.

Le rapport 2018 sur le paludisme de l’Organisation mondiale de la santé indique qu’en 2018, notre pays a enregistré environ 2.708.577 cas confirmés de paludisme, 1.915.460 cas simples, 793.117 cas graves et 1.178 décès notifiés, soit un taux de létalité de 0,43% au Mali. Les résultats préliminaires de l’Enquête démographique et de santé (EDS VI) en 2018) révèlent que la prévalence du paludisme est de 19% au niveau national. Celle-ci est variable suivant les régions. A ce propos, Sikasso occupe le premier rang avec un taux de prévalence de 30%.

Le conseiller technique du ministère de la Santé a rappelé que le 25 avril consacre la Journée mondiale de la lutte contre le paludisme et celle-ci a été instituée par l’Assemblée mondiale de la santé en 2007. Il a aussi indiqué que l’objectif principal de l’édition de cette année est de renforcer le plaidoyer et la mobilisation sociale autour des stratégies de lutte contre le paludisme.

S’exprimant sur la campagne : «Zéro palu, je m’engage», le conseiller technique a indiqué que celle-ci a été lancée par le président du Sénégal, Maky Sall, et Sa Majesté le roi Mswati III d’estwatin lors de la 31è session ordinaire de l’Union africaine tenue à Nouakchott. Par ailleurs, il a souligné que le rapport 2018 sur le paludisme dans le monde alerte que l’Afrique se trouve à un carrefour important. «Le progrès est au point mort. Il est impérieux d’accroître les investissements domestiques et d’assurer une solidarité mondiale pour garder la riposte en bonne voie pour atteindre les objectifs fixés dans les cadres stratégiques nationaux, régionaux et continentaux», a-t-il expliqué.

Pour le Dr Boubacar Sidibé, le thème souligne la nécessité de donner des moyens d’actions aux individus partout dans le monde pour que chacun prenne  l’engagement personnel de sauver plus de vies. Ce qui permettra d’aider les collectivités et les économies à prospérer en éliminant le paludisme. «Nous devons accélérer le rythme des progrès, si nous voulons réduire de 40% le nombre de cas et de décès liés au paludisme dans le monde d’ici 2020», a-t-il précisé, avant d’ajouter que cette accélération propulsera les pays sur la voie qui mène à l’élimination du paludisme. L’accélération aidera également à atteindre d’autres cibles des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant.

En outre, le représentant de l’OMS a exhorté le gouvernement à mobiliser toutes les ressources internes et externes requises, et promouvoir la collaboration intersectorielle et transfrontalière. Pour sa part, l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali a indiqué que le rôle de la communauté internationale dans la lutte contre le paludisme est d’aider notre pays avec des financements et équipements parce que c’est au niveau des pays que la lutte est faite.

Un des temps forts a été la remise de récompenses à 36 femmes qui ont accouché après avoir été correctement suivies en consultation prénatale, la signature de la toile d’engagement par les décideurs, et la visite des stands.

 

Mariam F. DIABATE

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