Journée mondiale de l’enfant africain : Plaidoyer pour une éducation gratuite en Afrique

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Célébrée le 16 juin de chaque année, la Journée de l’Enfant africain commémore le massacre des enfants écoliers noirs de Soweto en 1976 par le régime de l’Apartheid en Afrique du Sud. Pour cette 24ème édition, l’Union africaine a retenu comme thème : « Une éducation de qualité, gratuite, obligatoire et adaptée à tous les enfants de l’Afrique ».

Pour le Mali, ce thème interpelle les plus hautes autorités du pays tout comme les parents d’élèves à plus d’un titre, vue la persistance de la crise scolaire qui ne semble pas connaitre son épilogue.

L’éducation est un droit essentiel qui permet à chacun de recevoir une instruction et de s’épanouir dans sa vie sociale. Le droit à l’éducation est vital pour le développement économique, social et culturel de toutes les sociétés.

C’est un droit humain qui doit être accessible à toutes les personnes, sans aucune discrimination. Tous les enfants doivent pouvoir aller à l’école, et ainsi bénéficier des mêmes opportunités de se construire un avenir.

L’enfance étant le futur de l’humanité, elle devrait jouir d’une protection spéciale face à toute forme de menace pouvant compromettre sérieusement sa santé physique et morale ou affecter son sens de jugement et de responsabilité envers la société.

En vertu de cet idéal, les dirigeants du monde doivent davantage entreprendre des actions visant à promouvoir un environnement d’émergence des valeurs et des talents de l’enfant partout sur la planète, afin qu’il grandisse en personne éclairée pour un monde moins obscur.

Il convient de signaler que la pauvreté extrême cause la mort d’un enfant toutes les 3 secondes en moyenne dans le monde notamment en Afrique, selon les Coalitions de l’action mondiale contre la pauvreté. Dans le monde, plus de 57 millions d’enfants continuent à être privés de leur droit à l’éducation primaire.

Au Mali, la crise sécuritaire aiguë qui secoue la partie septentrionale ainsi que les Régions du centre du pays depuis 2012, a contribué à priver des milliers d’enfants de l’éducation (droit fondamental), à cause de la fermeture des écoles (plus de 1100 écoles fermées affectant environ 350.000 enfants), selon les récents rapports de Unicef-Mali.

Toute chose qui vient s’ajouter au faible taux de scolarisation des enfants (notamment les filles) dans un pays économiquement fragile comme le nôtre depuis des lustres. Ainsi, confrontée à ces dures réalités, l’école peine à assurer pleinement ses missions avec des infrastructures scolaires délabrées ou en nombre insuffisant et ou/ sous-équipées, du matériel didactique et pédagogique insuffisant. Sans oublier le déficit d’enseignants, des effectifs pléthoriques, le tout couronné par des programmes scolaires inadaptés.

De l’Afrique du Sud au reste du continent africain…

Pour cette 24ème édition des activités riches et variées sont au programme dans plusieurs pays. D’abord en Afrique du Sud, des enfants et des adultes viendront à Soweto pour exiger des dirigeants africains qu’ils aident les orphelins et les enfants vulnérables. Loise Bwambale, membre du parlement Panafricain, dirigera les opérations.

Au Kenya, une mobilisation immense, avec près de 5000 enfants, se rassemblera à Thika. Au Sénégal, une manifestation grandiose impliquant 500 enfants est prévue. Une réunion géante de lobbying avec le président du Sénégal et des enfants est prévue pendant l’événement. Des célébrités telles que Youssou N’Dour, Baaba Maal, Coumba Gawlo, Viviane N’dour, ont aussi été invitées. En Tanzanie, des mobilisations et une conférence de presse marqueront la Journée de l’Enfant Africain.

Au Mali, plus de la moitié de la population (environ 19 millions) selon l’institution nationale de la statistique, a moins de 18 ans. Cette jeunesse constitue un formidable potentiel pouvant contribuer à la construction du Mali de demain. Toutefois, sans une refondation de notre système éducatif, il y’a peu d’espoir que ce « rêve » se transforme en réalité.

Aboubacar TRAORE

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