Justice : UN AMBITIEUX PROGRAMME DE REFONDATION

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D’un coût de 59, 9 milliards de Fcfa, il vise le renforcement d’urgence du système judiciaire en lien avec la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation

La salle de conférence du Conseil national du patronat du Mali a abrité hier les travaux de l’atelier de validation du rapport d’évaluation de la revue du Programme d’urgence pour le renforcement du système judiciaire et de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger (PU-RSJ –MOA).
L’ouverture de cette importante réunion, consacrée à l’examen et à la validation du rapport de la revue du PU – RSJ – MOA, était présidée par le secrétaire général du ministère de la Justice, Garde des Sceaux, Sombé Théra. Cette rencontre a également regroupé les représentants des partenaires techniques et financiers, les membres du cabinet du département de la Justice et plusieurs autres participants.
Le secrétaire général du ministère de la Justice a, dans son discours d’ouverture, déclaré que la justice occupe une place de choix dans le processus de réformation de l’Etat.
Il a rappelé ensuite que de l’indépendance à nos jours, plusieurs initiatives de réforme du secteur de la justice ont été entreprises avec plus ou moins de succès et des fortunes diverses.
Parmi lesquelles, il a mentionné le Programme décennal de développement de la justice (PRODEJ) et son plan opérationnel, le Pacte pour le renouveau de la justice, etc.
Selon Sombé Théra, ces différentes initiatives de réforme du système judiciaire ont, peu ou prou, contribué à l’améliorer. «Elles n’ont pas résolu les problèmes fondamentaux de la justice, laissant ainsi entière la récurrente et lancinante problématique de la saine distribution de la justice», a déploré le secrétaire général du ministre de la Justice. En outre, M. Théra a affirmé que la justice représente un enjeu stratégique dans la résolution de la crise multidimensionnelle. «Elle est un instrument d’intermédiation des rapports sociaux et un gage certain d’une paix sociale», a-t-il rappelé.
Il a aussi indiqué que l’amélioration de la qualité du service public de la justice demeure une préoccupation majeure du gouvernement. Selon le secrétaire général du département de la Justice, Garde des Sceaux, le PU – RSJ – MOA constitue la synthèse des activités pertinentes dégagées à partir des points de solidité et de fragilité issus du document de projet de réforme de la justice et de l’administration pénitentiaire ainsi que des aspects qui appellent le changement et l’innovation.
Il prend également en charge, a-t-il ajouté, les prescriptions de l’article 46 de l’Accord pour la paix et la réconciliation. «Il s’agissait, à travers ce programme, de donner les moyens et l’opportunité au secteur de la justice d’aller vers un changement fondamental, d’être à la hauteur des attentes des populations sur la base d’une confiance renouvelée à la suite d’un changement de culture de travail et de management», a argumenté Sombé Théra. Par la suite, il dira également que le PU- RSJ – MOA a été articulé autour des composantes comme la consolidation du pouvoir judiciaire et de l’Etat de droit ; la protection des droits de l’Homme et la promotion de la lutte contre l’impunité, la corruption et la délinquance financière ainsi que la communication.
Le plan opérationnel 2015 – 2018 du Programme, dont la mise en œuvre doit faire l’objet d’une évaluation réalisée par une expertise externe a prévu la réalisation de 89 activités. L’incidence financière du PU – RSJ – MOA a été évaluée à 59, 9 milliards de Fcfa.
Le secrétaire général du département de la Justice a salué et remercié les partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement. «Les conclusions de l’évaluation de la mise en œuvre de cet important programme seront capitalisées dans le cadre de l’élaboration de la future loi d’orientation et de programmation du secteur de la justice», a-t-il assuré.

Harouna
YOUSSOUF

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