Kadidia Tiamanta : L’expression corporelle est aussi cérébrale

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Bientôt la danse ne sera plus le parent pauvre des arts de la scène dans notre pays. En effet, de nombreux jeunes férus de l’expression corporelle prennent le temps de la formation aussi bien dans les centres spécialisés que dans des écoles d’art comme le Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAM-BFK). Tel est par exemple le cas de Kadidia Tiamanta. Passionnée de danse de puis sa tendre enfance, elle a patienté jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. C’est ainsi qu’en 2009, elle décide de faire de cet art son métier.

Sur l’insistance de ses parents, elle a dû commencer par s’inscrire d’abord dans une autre faculté avant d’être autorisé à aller au CAM-BFK. En 2012, elle passe le concours d’entrée dans cette prestigieuse école et obtient un Master 2 en danse en 2017. Elle s’est ainsi donnée tous les moyens non seulement de savoir danser, de maîtriser son corps, mais aussi de pouvoir conceptualiser les pas de danse et les chorégraphies.

Notre jeune dame entre dans des créations qui sont montrées au Mali et en Afrique. Consciente de la nécessité d’acquérir des expériences, elle va poursuivre sa formation à l’École des Sables au Sénégal avec la célèbre danseuse et chorégraphe Germaine Acogny, au Centre de développement chorégraphique la « Termitière » au Burkina Faso ; au centre Don Sen Folo à Bamako et au Brésil dans le cadre de la rencontre artistique Glomus Camp.

Elle a à son actif un duo crée en 2017 intitulé « Différent comme toi » en collaboration avec Yacouba Coulibaly et une performance duo « Crossing » crée dans la même année.

Elle est l’interprète dans des créations comme « Legacy » de Nadia Beugré (Côte d’ivoire) lors du Fari Foni Waati #2 ; Sans titre de Taoufiq Izeddiou (Maroc) lors du Fari Foni Waati #3 ; « In the Box » de Nikoko YAO (Côte d’Ivoire), le Sacre du Printemps (Compagnie Pina Bausch).
Son parcours a croisé les chemins de Patrick Acogny (Sénégal-France), Kettly Noël (Haïti /Mali), Serge Aimé Coulibaly (Burkina Faso), Nora Chipaumire (Zimbabwe), Andrea Boll (Suisse), Taoufiq Izeddiou (Maroc), Gilles Jobin (Suisse), Gabriel Smeets (Suède) pour ne citer que ceux-là.
La danse pour elle est un moyen d’expression, un outil pour promouvoir la culture malienne de part le monde à travers les créations contemporaines et la création d’un centre de formation culturelle.

Aujourd’hui Kadidia Tiamanta est directrice artistique de la compagnie Didja-K s/c de l’association Anw Ka Donko.
Pour elle, « les avantages de la danse c’est de pouvoir faire des échanges, des rencontres avec les artistes du monde, s’exprimer avec une certaine liberté, voyager et gagner son dû même si ce n’est pas évident tout le temps ».

Notre jeune dame s’investit également dans la formation des enfants. C’est ainsi qu’elle a animé des ateliers au profit des enfants de l’orphélinat ASHED de Badalabougou et pour des enfants sourds et muets de l’Hippodrome dans le cadre du projet « Paroles de corps » de la compagnie « Famu Danse ».

Youssouf Doumbia

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