Kangaba : La Princesse Kamatari apporte protection et réconfort aux femmes

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Princesse Esther Kamatari remettant les masques à des personnes âgées

Le Cercle de Kangaba, zone d’orpaillage, est peuplé de différentes nationalités. En plus des Maliens venant d’autres régions du pays, des Burkinabé, des Guinéens, entre autres, sont arrivés massivement sur les sites miniers du Cercle de Kangaba. Les femmes y travaillent, aussi, en grand nombre. Elles jouent un grand rôle dans l’extraction de l’or. Ces dames testent, tirent la corde et lavent le minerai dans le cadre du processus d’extraction du métal jaune.
Évoluant dans le domaine de l’environnement, Princesse Esther Kamatari a voulu venir en aide à ces femmes orpailleuses pour les aider à se prévenir de la maladie à coronavirus. La Fondation Princesse Esther Kamatari (FPEK) a, ainsi, fait fabriquer des masques en bogolan et du savon avec la coopérative ‘Kotognontala’ des femmes productrices de savon de Kalabambougou. à cet effet, elle est entrée en contact avec la Fédération des femmes minières du Mali (FEMIMA) afin que celle-ci coordonne son action de bonne volonté sur le terrain.

Princesse Esther Kamatari, présidente de la Fondation qui porte son nom, s’est rendue à Kangaba, samedi 20 juin 2020, pour distribuer 1.050 masques et du savon aux femmes orpailleuses de la localité. La mission était composée de ses partenaires de la FEMIMA et de Swiss Malian Honor Circle (SMHC).

Après une fine pluie, au petit matin du samedi, une délégation composée de la Princesse Esther Kamatari, des responsables de SMHC, de la FEMIMA et de la presse, a pris le départ pour Kangaba. À l’arrivée, aux environs de 9 heures, l’équipe a procédé à la traditionnelle salutation des autorités locales. Tour à tour, elle a passé chez la présidente des femmes de Kangaba, N’Ba Doumbia, le chef de village, Naman Keïta et le président du Conseil de Cercle, Bakary Keïta.

Toutes ces personnalités se sont réjouies du geste humanitaire et le choix porté sur leur localité. «Nous sommes ravis que vous offriez des masques et du savon aux femmes orpailleuses qui font la fierté de notre zone. Elles ont un rendement important. Elles contribuent à l’épanouissement de la famille parce que les chefs de famille ne peuvent pas tout faire. Si elles sont protégées, cela va leur permettre de faire la navette entre les mines et leur maison, avec moins de risque de contamination à la Covid-19. Nous vous remercions à sa juste valeur», s’est exprimé le président du Conseil de Cercle de Kangaba, Bakary Keïta.

La cérémonie proprement dite s’est déroulée sur la place de la Case sacrée de Kangaba, «Kamabolon». Elle a débuté par des pas de danse des femmes avec la Princesse Esther Kamatari parmi les danseuses. Dans une atmosphère enthousiaste, les femmes bénéficiaires ont exprimé ainsi leur satisfaction.

La donatrice, Princesse Esther Kamatari, en était heureuse. «D’abord, elles m’ont fait danser. Jamais, je n’ai imaginé qu’un samedi matin j’allais danser avec des femmes de Kangaba. Elles étaient très belles, formidables. Elles ont beaucoup de fierté. Elles méritent vraiment notre respect», a-t-elle dit. Pour elle, c’est une catégorie de femmes qu’on ne voit pas : «On ne voit que les bijoux fabriqués avec l’or qu’elles produisent. Mais on ne sait pas que derrière, il y a des femmes incroyables qui font des travaux tellement difficiles, durs». «Il faut, a-t-elle estimé, leur donner un peu de lumière, mais surtout leur apporter des masques pour qu’elles se protègent».
Selon elle, il s’agit de suivre les recommandations du chef de l’État qui a dit : «un Malien, un masque». C’est aussi pour préserver toutes ces populations de la Covid-19, en leur offrant des masques et du savon et leur rappeler «les gestes barrières qu’on a tendance à oublier».

C’est vrai que dans une localité comme Kangaba, c’est difficile d’imaginer qu’on puisse mettre un mètre de distance entre les gens. «Néanmoins, a-t-elle soutenu, s’ils pouvaient porter les masques, se laver les mains plusieurs fois par jour, ce serait une bonne chose. Ces masques sont lavables, réutilisables. Donc, elles n’ont aucune excuse pour ne pas le porter, surtout le laver et en prendre soin», a dit la présidente de la FPEK.

Par ailleurs, elle a signalé que c’est une histoire de femme à femme. Les masques qui sont offerts aux femmes sont faits en bogolan avec un savon fabriqué par une coopérative de femmes à Bamako. C’est surtout que les gens qui portent les bijoux en or puissent avoir une toute petite pensée pour ces femmes qui nettoient le minerai pour en tirer l’or. «Ce sont des femmes qui tiennent la communauté parce que ce sont elles qui ont la charge des enfants. L’idée est de leur apporter un tout petit peu d’humanité», a-t-elle dit.

La présidente de la Fédération des femmes minières du Mali, Mme Diarra Djeneba Samaké, s’est dite satisfaite du don aux minières de Kangaba. «Nous avons reçu 1.050 masques et savons pour les femmes de Kangaba contre la Covid-19. Ces masques vont beaucoup nous aider dans la prévention parce que la maladie n’est pas encore à Kangaba. Les femmes seront protégées contre la Covid-19», a espéré la présidente de la FEMIMA avant de révéler que les femmes des mines ont beaucoup de difficultés dans l’orpaillage. Elles n’ont pas assez de fonds pour elles-mêmes. Elles sont obligées de travailler pour d’autres.

Selon le 1er adjoint au préfet de Kangaba, Alidj Bagna, «c’est la première fois qu’une organisation non gouvernementale fait des gestes salutaires chez nous. Nous ne pouvons que les remercier et les encourager à poursuivre dans cette direction. Nous voulons appliquer les mesures barrières», a dit M. Bagna, ajoutant qu’elles ne peuvent être appliquées sans ces gestes citoyens face à la pandémie actuelle.

Il a exhorté les femmes orpailleuses à faire bon usage des masques. «Je demande aux femmes orpailleuses de porter les masques à tout moment, de se laver les mains au savon et, surtout, d’éviter de se serrer les mains. Cette attitude permettra à nous tous d’être sauvés de la maladie à coronavirus», a-t-il lancé.

La cérémonie a pris fin par la distribution de masques et de savon aux femmes. Après, la délégation s’est rendue à Dabalé, un site d’orpaillage du Cercle de Kangaba. Cela a permis à la Princesse de constater le travail des femmes orpailleuses sur les sites d’orpaillage et, surtout, d’avoir plus d’arguments pour mieux défendre la cause de ces braves femmes.

Oumar Diakité et Moussa Diarra

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