Konna : Le PRRE offre des cages flottantes aux villages et aux organisations communautaires de base

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Chaque cage fournira environ 2 tonnes de poissons au terme des 6 mois de production

«Konna est réputée être une ville de poissons. La pêche occupe une grande place dans l’économie locale. Mais ces dernières années, à cause de l’ensablement des lits du fleuve, les poissons se font de plus en plus rares. Ces cages flottantes sont pour nous une alternative viable». Ces propos de Kaka Kèmèsso, le représentant d’une des Organisations communautaires de base (OCB) traduisent parfaitement le sentiment général des populations de Konna, après la remise de 64 cages flottantes à dix villages de la localité et à 16 OCB par le Projet de reconstruction et de relance économique (PRRE), les autorités administratives locales et leurs partenaires.

La cérémonie de remise s’est déroulée, le mardi 16 juin à Konna, en présence du sous-préfet et du maire de Konna,
«Avec des projets de ce genre, nous les jeunes, n’irons plus à l’aventure pour chercher du travail ou de l’argent. Nous n’envierons plus les autres, parce que les poissons que nous allons élever et vendre constituent une richesse immense», a ajouté Kaka Kèmèsso après avoir reçu les équipements. Le PRRE a également remis aux jeunes et aux femmes des gilets de sauvetage, des pirogues, une bassine, une bascule et des aliments pour les alevins.

En outre, une session de formation basée sur les techniques d’entretien des cages flottantes a été organisée à l’intention des bénéficiaires. Désormais, les poissons seront pêchés et vendus tous les six mois. «Pour assurer l’entretien des cages, chaque OCB est tenue d’épargner la somme de 200.000 Fcfa après la vente. Si possible, nous économiserons pour acheter d’autres cages flottantes», a dit Kaka Kèmèsso. Selon lui, à travers ce projet, le PRRE offre aux populations de Konna une belle opportunité de développement. Un avis que partage la représentante de l’OCB ‘’Lobbo’’, Mme Samassékou Fatoumata Troufo. «Nous avons postulé quand nous avons appris la nouvelle à la radio. Nous n’avons rien payé.

Ce projet est un grand soutien pour les populations de Konna, singulièrement les femmes», a-t-elle indiqué, expliquant que le marché de Konna est approvisionné en poissons par d’autres localités comme Youwarou et le Lac Débo.
Dans la dynamique de faire de Konna un pôle économique, le PRRE a aussi réhabilité le port de pêche détruit lors des attaques terroristes de 2012.

Cette infrastructure, appelée «Débarcadère de Konna» est équipée en unité de fabrique de glace pour la conservation des poissons au frais, des fours pour le fumage et d’autres équipements marchands. Selon le président de la Fédération des aquaculteurs du Mali (FAM), Boubacar Diallo, les 64 cages flottantes sont des équipements modernes. «Chaque cage mesure 6 m2 avec une profondeur de 4 mètres, soit 144 m3. Chaque m3 est empoissonné avec 34 poissons et chaque cage contient 5.000 alevins. Notre objectif, c’est obtenir 500 grammes par poisson, soit deux tonnes par cage», a-t-il expliqué. Le technicien ajoutera que chaque alevin doit consommer 0,650 grammes, ce qui rend le coût de production abordable.

«Le coût de production est inférieur à 1.000 Fcfa par kg. Ceci est une innovation pour la ferme et un avantage pour les bénéficiaires. Après la production, on a entre 40 et 45% de bénéfice par kilo investi pour moins de 1.000 Fcfa », a détaillé Boubacar Diallo.
Pour mémoire, le PRRE est une initiative du gouvernement malien. Il a été lancé à la suite de la crise de 2012. C’est une composante du Plan de relance durable du Mali (PRED) présenté à la communauté internationale lors de la réunion du Groupe consultatif sur le Mali, tenue à Bruxelles en Belgique en 2013.

Financé à hauteur de 48 milliards de Fcfa par l’Association internationale de développement (IDA), le projet a réhabilité plusieurs infrastructures sociales de base (écoles et centres de santé au nord et au centre du pays) et créé plusieurs activités génératrices de revenus pour les communautés. Selon un rapport d’évaluation publié en 2017, le niveau d’atteinte des indicateurs de performance était de 51% pour le secteur de l’éducation, 80% pour celui de la santé, 5% pour l’approvisionnement en eau et 96% pour la distribution de semences aux ménages vulnérables. Programmé sur 5 ans, le PRRE achève ses dernières activités.

Source : ANCD

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