La zlec pour conjurer la pauvreté ?

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La mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec), initialement prévue pour le 1er juillet dernier, a été reportée à 2021 pour cause de maladie à coronavirus. Ce report attendu est injustifié pour certains analystes et acteurs, au regard de l’impact socioéconomique de ce vaste marché sur la vie des Africains. Notre continent connaît sa première récession économique depuis des décennies à cause de la Covid-19.

Face à cette calamité et ses conséquences néfastes sur nos matières premières, l’opérationnalisation de la Zlec devient une urgence, a récemment plaidé le président ghanéen. Nana Akufo Addo intervenait à l’inauguration du siège du secrétariat général de l’organe, basé à Accra. Car, le marché unique continental boostera de près de 60% le volume des échanges commerciaux entre pays africains d’ici à 2022. Le Produit intérieur brut (Pib) cumulé est attendu à 2.500 milliards de dollars pour les 54 pays membres, selon les projections de l’Union africaine (UA).

Sa matérialisation représente, à cet égard, une véritable occasion de stimuler la croissance, de réduire la pauvreté et d’élargir l’inclusion économique au profit des pays concernés. à ce titre, sa réalisation permettrait : de sortir 30 millions d’Africains de l’extrême pauvreté et d’augmenter les revenus de près de 68 millions d’autres personnes qui vivent avec moins de 5,50 dollars par jour, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale. Il table sur une hausse des revenus de l’Afrique à hauteur de 450 milliards de dollars d’ici à 2035 (soit une hausse de 7 %).

Les exportations africaines connaîtront une hausse de 560 milliards de dollars, essentiellement dans le secteur industriel. Qui, en plus de prendre son envol, sera compétitif face aux multinationales étrangères.
Aux plans humain et social, les salaires des femmes progresseront de 10,5 %, contre 9,9 % pour les hommes. La paye des travailleurs non qualifiés croîtra de 10,3%, contre 9,8% celle des travailleurs qualifiés.

L’Afrique de l’Ouest connaîtrait la plus forte diminution du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Au Mali, le taux de pauvreté pourrait passer de 14,4 à 6,8 %. Au Togo, il passerait de 24,1 à 16,9%. Cela, grâce aux reformes nécessaires qu’exigent la mise en œuvre de cette zone commerciale à l’échelle continentale. En la matière, sur les 450 milliards de dollars de revenus supplémentaires qui pourraient être générés par la Zlec, 292 milliards proviendraient du renforcement des mesures de facilitation des échanges qui visent à lever les freins bureaucratiques et à simplifier les procédures douanières, conclut le document.

à ce jour, 16 des 44 pays signataires de la Zlec n’ont pas encore ratifié l’accord. La Zlec entend faire disparaître les taxes douanières pour 97% des produits d’ici 15 ans. Son application sera progressive pour les pays les moins avancés.

Cheick M. TRAORÉ

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