Le Coronavirus infecte l’économie mondiale

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La propagation du Coronavirus de la Chine à d’autres régions du monde comme l’Europe et l’Afrique où des dizaines de cas sont déjà confirmés, suscite des inquiétudes : « une multiplication des restrictions à la circulation des personnes, des biens et des services, une dégradation de la confiance des entreprises et des consommateurs, et un ralentissement de la production ». Des incertitudes qui pourraient faire de cette affection le plus grand danger qu’ait connu l’économie mondiale depuis la crise financière, selon les dernières Perspectives économiques intermédiaires de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié le 2 mars.
« Le virus risque de porter un nouveau coup à l’économie mondiale, qui était déjà affaiblie par les tensions commerciales et politiques… », a déclaré à Paris la cheffe économiste de l’OCDE, Laurence Boone, intervenant lors de la présentation des Perspectives économiques intermédiaires.
En effet, un ralentissement marqué de la croissance mondiale devrait intervenir au premier semestre de 2020, compte tenu des effets négatifs subis par les chaînes d’approvisionnement et les produits de base, du recul du tourisme et de la dégradation de la confiance. « La croissance économique mondiale sur l’ensemble de l’année devrait tomber à 2.4 %, alors qu’elle n’était déjà que de 2.9 % en 2019. Elle devrait ensuite se redresser pour atteindre un taux modeste de 3.3 % en 2021 », analysent les spécialistes de l’organisation. Ces derniers précisent que la Chine a vu ses perspectives de croissance nettement révisées à la baisse et ramenées en deçà de 5 % cette année, après avoir enregistré un taux de croissance de 6.1 % en 2019.
Toutefois, une contagion plus générale dans l’ensemble de la région Asie-Pacifique et les économies avancées – comme celle observée en Chine – pourrait faire tomber le taux de croissance mondiale jusqu’à 1,5 % cette année. Ce qui représenterait une diminution de moitié par rapport aux précédentes prévisions de l’OCDE pour l’année 2020, réalisées en novembre dernier, s’inquiète l’OCDE, avant de mettre en garde : « Des mesures d’endiguement de l’épidémie et une perte de confiance seraient préjudiciables à la production et aux dépenses, et risqueraient de faire basculer certains pays dans la récession, notamment le Japon et la zone euro ».
Comme alternative, les Perspectives demandent de recourir à des dispositifs d’aménagement du temps de travail pour préserver les emplois. Les pouvoirs publics devraient, selon elles, mettre en œuvre des mesures fiscales et budgétaires temporaires pour amortir l’impact de l’épidémie sur les secteurs les plus durement touchés par le fléchissement de l’activité, tels que les services de voyage et le tourisme, ainsi que l’automobile et l’électronique.

Cheick M. TRAORÉ

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