Le COVID-19 pourrait gripper L’UEMOA

0
508

Tout comme les pays développés et émergents, les économies des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) pourraient pâtir des effets collatéraux de la pandémie de coronavirus. «Au niveau de l’Uemoa, l’épidémie du coronavirus pourrait impacter la croissance en liaison avec la baisse des exportations et des importations», a alerté vendredi la Bourse des valeurs immobilières (BRVM).
En cause, précise le marché financier sous-régional, la mise en quarantaine de certaines régions d’Europe. Ce qui devrait avoir un impact négatif sur les importations, les exportations et le secteur industriel des Etats membres de l’Uemoa. En les privant par exemple de divers biens intermédiaires.
Ces pays touchés par cette affection sont des partenaires de premier plan de nos pays et de nos opérateurs économiques. En témoignent les statistiques de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. En effet, la BCEAO estime à 43,7% les exportations de biens de l’Union en 2018 à destination de l’Europe, dont 25% pour l’Union européenne et 18,7% en direction des autres pays du vieux continent. La Suisse, les Pays-Bas et la France demeurent les principaux clients de l’Uemoa. Ces pays accueillent respectivement 17,5%, 6,5% et 5,8% des exportations au cours de la période sous revue.
En matière d’importations, les principales sources d’approvisionnement des pays de l’Uemoa sont l’UE (41,4%), l’Asie (35,7%), l’Afrique (15%) et l’Amérique (6,9%). Les acquisitions de biens en provenance de l’Asie sont composées essentiellement de produits alimentaires, principalement le riz en provenance de la Thaïlande et de l’Inde, de biens d’équipement et intermédiaires, avec des parts relatives de 29,8%, 30,7% et 20,7% respectivement, selon l’institution financière.
Les biens intermédiaires en provenance de l’Asie sont livrés notamment par la Chine (66,2%), l’Inde (10,1%) et le Japon (6,8%). Notre pays, qui entretient un partenariat économique et commercial capital avec ces pays, pourrait être grippé par le ralentissement de ces économies.
Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les échanges commerciaux seraient « sensiblement plus faibles », diminuant d’environ 3% sur l’année et touchant les exportations de toutes les économies. Certaines nations, notamment dans la zone euro, pourraient également entrer en récession, prévient l’Organisation international d’études économiques, dont les pays membres sont des pays développés.
Comme le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres, la crise des entreprises physiques fait grimper les commandes au profit des entreprises de commerce électronique. Le géant américain de la vente en ligne, Amazon, a annoncé hier le recrutement de 100.000 personnes aux Etats-Unis et la hausse des salaires des travailleurs pour, précise-t-il, faire face au flot de commandes drainé par la crise de coronavirus.
Cheick M. TRAORÉ

Laisser une réponse