Le pétrole américain au plus bas

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Après une journée de lundi, marquée par une baisse historique, le pétrole américain a rebondi hier. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai s’est échangé en matinée à 1,10 dollar (660 Fcfa), avant de franchir à nouveau la barre du zéro.
Plusieurs facteurs expliquent cette volatilité observée ces deux jours, selon des experts. Le principal, connu de tous, est la chute de la demande mondiale de pétrole liée à la crise du Covid-19 qui bloque l’activité mondiale, notamment le secteur des transports. Cette baisse de la sollicitation a pour conséquence l’augmentation du volume de pétrole que les opérateurs doivent nécessairement stocker, en attendant de trouver un prix convenable.
Comme c’est le cas aux États-Unis, devenus depuis plusieurs années le premier producteur mondial grâce au pétrole de schiste (pétrole léger ou extrait des roches). Et où les capacités de stockage sont presque arrivées à saturation, notamment dans le nœud pétrolier de Cushing en Oklahoma. Presque débordées, les compagnies pétrolières ne savent plus que faire de leur brut. Les plus petites préfèrent payer pour s’en débarrasser, décortiquent des analystes. Aussi, soulignent-ils, la situation est amplifiée par un double jeu de spéculation, sur la variation des cours du pétrole et sur les capacités de stockage. « Les opérateurs du secteur s’adonnent en quelque sorte à un jeu de chaises musicales », déplorent les experts.
Un autre paramètre et non le moindre pouvant expliquer cette variation est l’arrivée à échéance du contrat à terme (un engagement ferme de livraison d’un actif sous-jacent à une date future à des conditions définies à l’avance) pour livraison en mai. « Le prix d’un contrat à terme diminue en effet à mesure que son échéance se rapproche », précisent des spécialistes.
À ce titre, ces derniers expliquent le sursaut constaté dans la matinée de mardi par le fait que les courtiers s’intéressent désormais au contrat WTI à échéance juin qui affichait lundi soir 22 dollars. Comme pour inviter à ne pas se réjouir trop vite, ils mettent en garde : « Dans un marché d’une extrême volatilité, les mouvements deviennent difficiles à expliquer. Mardi matin, le cours du baril est remonté brièvement en territoire positif avant de franchir à nouveau la barre du zéro ».
Les effets de cette baisse du prix du brut sont généralement ressentis sur le prix à la pompe avec un décalage de quelques jours à quelques semaines, en Europe. Toutefois, le prix à la pompe ne devrait encore diminuer que de façon marginale, préviennent les experts. Cela s’explique, selon eux, par le poids des taxes dans le litre vendu à la pompe. Surtout qu’il s’agit là du pétrole raffiné, coté à Rotterdam (Pays-Bas), qui prend en compte le coût de raffinage.

Cheick M. TRAORÉ

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