Le Premier ministre dans les Régions de Mopti et Ségou : L’ESPOIR DE PAIX ET DE QUIÉTUDE

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Partout, le chef du gouvernement est accueilli avec ferveur par des populations qui comptent sur l’Etat pour ramener la paix, la réconciliation et la quiétude. Elles espèrent être débarrassées rapidement de l’insécurité et de ses corollaires comme les assassinats, la fermeture des écoles, la famine, la résurgence des maladies, l’arrêt de toutes les activités économiques. La visite du chef du gouvernement est un motif d’espérance

Ténenkou : L’INSÉCURITÉ ET SES COROLLAIRES

Pour la deuxième journée de sa visite en 5è région, le Premier ministre Dr Boubou Cissé était à Ténenkou vendredi dernier. Accueilli dans la liesse par les populations, le chef du gouvernement a eu des échanges francs avec les forces vives pour recenser leurs préoccupations, avant de leur remettre 480 tonnes de vivres

Le chef du gouvernement participe au repas de corps

Pour recevoir le Premier ministre, les populations de Ténenkou avaient mis les petits plats dans les grands. A sa descente d’hélicoptère, Dr Boubou Cissé a été accueilli par les autorités politiques et administratives de la circonscription. Après avoir reçu les honneurs militaires, le visiteur de marque a rendu une visite de courtoisie aux notabilités.
Le cortège du chef du gouvernement avait du mal à se frayer un chemin tant les habitants sont sortis nombreux pour lui réserver un accueil chaleureux. Ici, cela se fait remarquer aisément, les populations ont soif de la présence de l’Etat. Dr Boubou Cissé a tenu à se rendre au domicile du chef de village de Ténenkou, Hamadoun Cissé, au quartier Doumaré Amery pour une visite de courtoisie. Après des prières et bénédictions pour le pays, le Premier ministre a procédé à la remise de 480 tonnes de vivres aux populations du cercle dont 33 tonnes pour la ville de Ténenkou.
Dr Boubou Cissé a ensuite rencontré les forces vives. Occasion pour lui de recenser leurs préoccupations et propositions pour trouver des solutions concertées aux défis auxquels sont confrontés le cercle et l’ensemble de la Région de Mopti.
Le Premier ministre a pu toucher du doigt les problèmes que les populations vivent au quotidien. Le premier adjoint au maire, Abdourahamane Sow, a d’abord exprimé sa reconnaissance au chef du gouvernement pour son courage et son sacrifice en venant écouter les populations en cette période trouble. Il a lancé un cri de cœur à l’hôte de marque par rapport à l’insécurité qui empêche les populations de vaquer à leurs occupations. L’élu local a ensuite demandé l’achèvement du bitumage de certains axes routiers du cercle et la levée des mesures restrictives sur la circulation des motos afin que les populations puissent accéder facilement à leurs champs.
Par ailleurs, Abdourahamane Sow a sollicité l’ouverture des écoles fermées du fait de l’insécurité, le retour des enseignants, la réalisation d’infrastructures hydrauliques, le lancement de la 3G afin de faciliter la connexion à Internet.
Il a souhaité aussi le retour du contrôle financier et du percepteur pour diligenter le traitement des salaires des fonctionnaires des collectivités, celui des agents de la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS) pour le traitement des pensions. Abdourahamane Sow a évoqué également le problème d’enrôlement des fonctionnaires et leurs familles à la carte biométrique de l’Assurance maladie obligatoire (Amo), la non prise en compte des ordonnances Amo par la seule pharmacie sur place, l’accès difficile à la capitale régionale qui nécessite un détour par Ségou. D’autres intervenants ont insisté sur la levée des restrictions sur la circulation des motos à Toguéré Coumbé, l’implication du gouvernement pour la libération de deux enseignants enlevés par les groupes armés, le retour des fonctionnaires de l’Etat, etc. Le problème de la fermeture de certaines écoles du cercle à cause de l’insécurité, est revenu dans plusieurs interventions. Un intervenant a même souligné que le taux de scolarité local qui était de 39% a chuté à 11%. L’insécurité est aussi une préoccupation majeure ici.
En réponse, le Premier ministre dira qu’il a été envoyé en mission par le président de la République auprès des populations de Ténenkou, pour leur dire qu’il est vraiment préoccupé par la situation qu’elles traversent. Aussi, il a affirmé être venu pour discuter avec elles afin de trouver des solutions concertées aux défis que traversent la Région de Mopti.
Le chef du gouvernement a annoncé que les effectifs des forces armées et de sécurité vont augmenter dans la Région de Mopti. Les doléances des populations concernant la santé, les routes, l’éducation ne pourront se réaliser sans le retour de la sécurité, a rappelé Dr Boubou Cissé, demandant aux uns et aux autres de déposer les armes et invitant les populations à aider les autorités à ramener la paix. Le chef du gouvernement a promis que dans quelques jours, comme ce fut le cas à Koro et Bankass, une équipe sera envoyée à Ténenkou pour engager le dialogue entre les populations afin de ramener la paix. Il a salué le courage des représentants de l’Etat qui travaillent à maintenir la présence de l’administration dans des zones aussi difficiles que Ténenkou.
Très heureuses de cette visite, les populations ont offert plusieurs bœufs et cadeaux au Premier ministre et à sa délégation. Avant de partir, Boubou Cissé a prié à la grande mosquée de Tenenkou et partagé un repas avec les militaires.

Envoyé spécial
Dieudonné DIAMA

 

Ké-Macina : LA PAIX DES CŒURS

Après Ténenkou, le Premier ministre Dr Boubou Cissé et sa délégation étaient samedi à Macina où il a présidé la cérémonie de signature d’un accord d’entente entre différents groupes d’autodéfense

Poignée de main entre Boubou Cissé et Amadou Coulibaly après la signature de l’accord d’entente

A sa descente d’hélicoptère, le Premier ministre, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, a été accueilli par le gouverneur de la Région de Ségou Biramou Sissoko. Après les visites de courtoisie chez les notabilités et les leaders religieux, Dr Boubou Cissé a présidé une rencontre avec les forces vives de Macina lors de laquelle, le maire Békaye Samaké lui a fait part de certaines préoccupations de ses mandants à savoir le manque d’appareil au Centre de santé de référence pour les radios en cas de fracture, le besoin de réalisation de la route Macina-Monimpébougou, la réhabilitation du terrain de sport des jeunes, le problème d’électricité dans la ville où tous les quartiers ne sont pas couverts et l’insécurité qui tue l’économie locale.
Le clou de cette rencontre était la signature de l’accord d’entente entre les groupes d’autodéfense. «Conscients que la persistance des affrontements constitue une entrave majeure au processus de paix et de réconciliation nationale ; soucieux de mettre un terme aux souffrances des populations de la zone et d’interdire tous les actes répréhensibles au regard de la religion musulmane, de nos us et coutumes et des lois de la République du Mali, les responsables des dozos et des groupes peulhs se sont engagés à cesser immédiatement et définitivement les hostilités sur toute l’étendue des cercles de San, Macina, Djenné, Ténenkou et Niono», souligne le document au bas duquel Boubou Cissé, représentant des Peuls d’un côté et Amadou Coulibaly de l’autre ont apposé leurs signatures.
Les deux hommes ont juré, au nom de leurs groupes, de respecter leurs engagements. A travers ce document, les groupes armés des sédentaires et ceux des nomades s’abstiennent de commettre des actes hostiles, d’entreprendre des activités susceptibles de constituer une violation de cet accord et s’engagent à tout mettre en œuvre pour favoriser la libre circulation des personnes, des biens et des agences humanitaires dans la zone ainsi que le déploiement rapide de l’administration publique et des services sociaux de base. En outre, ces responsables s’engagent à dénoncer aux autorités compétentes, les terroristes et autres malfaiteurs et au besoin, à se mettre ensemble pour les combattre.
Les belligérants d’hier s’engagent à se pardonner au nom de Dieu et de la cohésion sociale pour les pertes en vies humaines et de biens, à s’abstenir de poser tout acte attentatoire au présent accord ou à tenir des propos appelant à la haine, à la discrimination, à la division ou à la violence par voie de presse ou des réseaux sociaux. Aussi, ils invitent tous les déplacés à retourner dans leurs domiciles respectifs, soulignant que le respect scrupuleux de cet accord est une condition sine qua non de la mise en œuvre du processus de paix et de réconciliation nationale qui doit conduire rapidement à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Mais également au respect de l’intégrité du territoire national et au retour à une vie normale dans la zone et partout au Mali. Les signataires se sont engagés sur l’honneur à respecter cet accord.
L’artisan principal de cette entente n’est autre que le marabout Komani Tanapo.
Ressortissant de la zone, cet homme influent a déjà mis fin à de nombreuses tensions. La cérémonie a été écourtée par une forte pluie qui s’est abattue sur Macina. Mais cela n’a pas empêché le Premier ministre de souligner l’importance de cette cérémonie car elle s’inscrit dans le sens de ce que les autorités essayent de promouvoir depuis quelques semaines à travers une mission de bons offices dans la Région de Mopti. «Aujourd’hui, nous sommes dans la Région de Ségou, à Macina où il y a des conflits qui ont conduit à des pertes en vies sans compter toutes les conséquences socio-économiques que ces tensions intercommunautaires avaient entraîné en termes de réduction des activités économiques, de cessation d’activités agricoles et pastorales», a indiqué Dr Boubou Cissé.
Qui dit continuer à la demande du président de la République à aller à la rencontre des communautés pour promouvoir la paix sociale et le dialogue.
Et dans la mesure du possible, a-t-il insisté, consolider cela par des actes et des engagements que les uns et les autres prendront pour indiquer qu’ils sont dans une logique de cessation des hostilités entre eux.
«L’évènement auquel nous venons d’assister à Macina est très important et c’est un symbole très fort. La communauté peulh et les dozos s’engagent à respecter un cessez-le-feu pour permettre aux activités économiques de pouvoir rependre parce que c’est la quiétude qui revient.
Avec cette quiétude, les activités économiques vont reprendre, les marchés et les foires hebdomadaires reprendront et toutes les ONG et acteurs privés qui avaient quitté la région du fait de l’insécurité pourront être intéressés à revenir pour aider à relancer l’économie», s’est réjoui le chef du gouvernement.
Dr Boubou Cissé a souhaité que cela crée une émulation dans d’autres zones où ces tensions existent.

D. D.

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