Le président à propos du dialogue avec les chefs terroristes : « Il est temps que certaines voies soient explorées »

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L’État va-t-il négocier avec Iyad Ag Ghali et Hamadoun Kouffa, les deux figures tristement célèbres du terrorisme au Mali ? Le débat, en cours depuis des mois, a été relancé par la récente sortie du Haut représentant du président de la République pour le Centre, l’ancien président par intérim Pr Dioncounda Traoré. La question a été posée hier au président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, par nos confrères de RFI et France24.
Le chef de l’État s’est dit favorable à l’ouverture d’un dialogue avec ces chefs terroristes. « Il est temps que certaines voies soient explorées», a confié le président Keïta, ajoutant que «parler avec les terroristes et lutter contre le terrorisme ne sont pas antinomiques». Ibrahim Boubacar Keïta a expliqué qu’il était de son devoir de « créer tous les espaces possibles et de tout faire pour que, par un biais ou un autre, on puisse parvenir à quelque apaisement possible ». Il a rappelé que l’idée de prendre langue avec les chefs des groupes extrémistes a été évoquée lors du Dialogue national inclusif.
L’État mènera cette tentative de discussion avec beaucoup de tact. « Nous ne sommes pas des grands candides, mais nous ne sommes pas des gens obtus non plus », a laissé entendre le président de la République qui conforte, par cette sortie médiatique, son Haut représentant pour le Centre dans sa démarche. En janvier dernier, Dioncounda Traoré avait confié à la presse avoir envoyé des émissaires à la rencontre des chefs terroristes maliens.
Par ailleurs, le chef de l’État a confirmé que l’Armée malienne reconstituée était « en mouvement » vers la ville de Kidal (voir l’article ci-contre). «C’est une marche progressive, prudente », a dit le président de la République, faisant remarquer que le Sahel n’est pas aujourd’hui parcouru que par nos amis. Il a aussi balayé, arguments à l’appui, les rumeurs faisant état de duplicité vis-à-vis de la France, à laquelle notre pays doit d’ailleurs sa survie. « Sans Serval, que serions-nous aujourd’hui ? », s’est-il interrogé.
Le chef de l’État a qualifié la situation actuelle au Sahel de « très préoccupante », rappelant les différentes tragédies qui ont endeuillé les peuples nigérien, burkinabé et malien. « Tout cela ne cesse d’interpeller pour que l’on revoit nos copies », a-t-il relevé.
Pour Ibrahim Boubacar Keïta, la réunion du G5 Sahel à Pau le 13 janvier dernier a été « utile ».
Il s’est montré également optimiste quant au maintien de la présence militaire américaine dans le Sahel, soulignant que l’implication des Américains est plus que jamais nécessaire face à des groupes de plus en plus aguerris.

Issa DEMBÉLÉ

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