Les vices de réfraction : Attention au vécu visuel de l’enfant !

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Pr Fatou Sylla

La réfraction et son évolution sont importantes à connaître chez l’enfant pour éviter tout problème de vision. En effet, les vices de réfraction sont l’ensemble des défauts de vision qui sont liés à des anomalies de la taille ou de la forme de l’œil. Ils représentent la première cause de consultation en ophtalmologie chez les enfants. D’après notre ophtalmologue pédiatre, Pr Fatou Sylla, ces anomalies touchent 40 à 45% des enfants avant l’âge de 12 ans. La praticienne de l’Institut d’ophtalmologie tropicale de l’Afrique  (IOTA), révèle que ces enfants en souffrent énormément. C’est pourquoi, elle préconise dès le bas âge de voir les attitudes de vision des enfants et de faire leur bilan de réfraction.
Les vices de réfraction de l’œil sont répartis en trois groupes : la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme. L’œil a une taille bien définie qu’il ne doit pas dépasser. L’ophtalmologiste souligne que pour une bonne vision, l’œil doit avoir une taille de 24mm chez un adulte. Si l’œil fait plus de 24 mm, il est trop grand et moins de 24 mm, il est trop petit. Dans les deux cas, il ne verra pas très bien. La vitre de l’œil, (la partie noire) doit être parfaitement ronde. De même si la courbure est bien formée, l’œil voit bien. Dans le cas contraire, la vision sera mauvaise. Si la taille de l’œil dépasse les 24mm, on appelle ça la myopie. Le sujet myope est trop convergent ou « trop long ». Les rayons lumineux convergent en avant de la rétine et le sujet verra flou de loin. Pr Sylla indique que lorsque l’œil est trop petit, c’est ce qu’on appelle l’hypermétropie. L’hypermétropie, explique-t-elle, est une anomalie de la réfraction, très répandue, notamment chez l’enfant. Chez le sujet hypermétrope l’œil n’est pas assez convergent et l’image d’un objet situé à l’infini se forme en arrière du plan rétinien et est donc vue flou.
La tâche noire de l’œil doit être bien formée, si la courbure est trop mal faite, les sujets sont appelés les astigmates. Avec l’œil astigmate une image ponctuelle sera projetée en différents points de la rétine, ce qui génère une image floue.

La praticienne hospitalière précise aussi que les anomalies de taille et forme peuvent être associées chez une même personne. Ce qui signifie qu’on peut être myope et astigmate ou hypermétrope et astigmate mais jamais myope et hypermétrope en même temps.
La particularité de ces anomalies, c’est qu’elle touche une classe d’individus (les enfants) qui ne sait pas se plaindre. “Un enfant qui voit flou pense qu’on doit voir flou” explique t-elle. Cependant, notre toubib déclare qu’il ya des signes que les parents doivent voir. Le premier signe qu’on doit remarquer chez un enfant qui souffre des vices de réfraction est la loucherie. Mais aussi dans la manière de regarder quelque chose. Sur ce point, elle explique que lorsque la vision est en souffrance l’enfant est obligé d’avoir des attitudes bizarres pour bien voir. Elle précise qu’il n’y a pas de douleurs ni d’autres signes. C’est juste le vécu visuel de l’enfant qui est perturbé.
Pour observer cela, le Pr Fatou Sylla conseille de remarquer chaque attitude des enfants surtout quand ils n’ont pas de bonne note à l’école. Selon cette dernière, la plupart de ces cas sont dus au fait que les enfants ne voient pas bien. Pour éviter cela, elle recommande aux parents de faire le bilan de réfraction des enfants avant de les inscrire à l’école. Aux instituteurs d’exiger ce bilan avant d’accepter tout élève dans leur établissement. Elle soutient que ce bilan permettra de découvrir les défauts et de les corriger. Ainsi, l’enfant sera mis dans les bonnes conditions de travail.
Il est possible de prévenir toute vice de réfraction de l’œil. Pour l’éviter donc, la pédiatre préconise de faire le dépistage systématique. Mais ce dépistage ne se fait pas dès la première semaine de la naissance de l’enfant. Après le dépistage, il y a un calendrier à suivre : deux mois, puis six mois, neuf mois, un an, deux ans et cinq ans. Pour le traitement, elle indique que le seul traitement des vices de réfraction est le port des lunettes. À 6 mois, les lunettes peuvent être prescrites chez l’enfant. L’ophtalmologue rassure que le port de ces lunettes change considérablement la vie de l’enfant. « Mais les coûts des lunettes restent un grand frein à l’acceptation des traitements », se désole-t-elle.

Fatoumata NAPHO

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