L’espoir

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Pour un message attendu, le discours à la nation du président de la République, vendredi soir, en était un. Et apparemment, il a répondu aux attentes des citoyens. A juger par les réactions sur les réseaux sociaux, rarement un discours présidentiel aura été si bien accueilli. Certains ont même cru bon de tirer leurs chapeaux à celui qui a tenu la plume pour le chef de l’Etat. C’est dire qu’aussi bien dans le fond que dans la forme, l’intervention du président Keita aura semé de l’espoir dans les cœurs de nos concitoyens, soumis à une situation anxiogène, à l’instar du monde entier.

D’abord sur la forme, le ton rassembleur, s’écartant du paternalisme, est fort appréciable. Le président de la République a joué parfaitement son rôle de protecteur des citoyens et de garant de notre sécurité. A cet égard, il a eu des mots lourds de sens pour en appeler à notre sens de la responsabilité quant au respect des gestes censés barrer la route à la propagation de la maladie chez nous. Loin d’imposer des injonctions – malgré certaines attitudes trop désinvoltes à l’égard des mesures édictées -, il est allé jusqu’à nous supplier de nous protéger et de protéger nos prochains. N’est-ce pas le minimum que l’on puisse attendre de chaque membre d’une communauté ?

Sur le fond, les mesures sociales semblent avoir répondu aux attentes. Surtout qu’autour de nous, les gouvernements de certains pays voisins avaient déjà fait des annonces visant à aider leurs citoyens à faire face aux difficultés liées à la crise sanitaire. L’arrêt des activités dans de nombreux secteurs entrainant des pertes de recettes et même des pertes d’emplois, oblige les gouvernants à déployer le filet social. C’est pourquoi tous les dirigeants du monde sont sous pression. Et les annonces dans d’autres pays sont scrutés par les citoyens qui n’en attendent pas moins de leurs propres dirigeants. A leur corps défendant, les responsables sont soumis à la comparaison : qui fera les annonces sociales les plus généreuses.

Le nôtre a fait bonne figure malgré le fait que la crise sanitaire est venue s’ajouter à celle de la lutte contre le terrorisme qui met déjà nos moyens à rude épreuve. En mettant 500 milliards de Fcfa sur la table, le chef de l’Etat a fait fort. Surtout l’annonce des 100 milliards pour les familles les plus vulnérables fait naître l’espérance d’un lendemain meilleur dans beaucoup de foyers, éreintés par la diminution de leurs revenus à cause des mesures sanitaires.

Et que dire de la baisse du prix des denrées de première nécessité grâce à la diminution pendant trois mois de la base taxable au cordon douanier, de la prise en charge pour les mois d’avril et de mai 2020, des factures d’électricité et d’eau des catégories relevant des tranches dites sociales ? Sans oublier La distribution gratuite de 56.000 tonnes de céréales et de 16.000 tonnes d’aliments bétail aux populations vulnérables. Certainement, le gouvernement fera une explication détaillée pour préciser davantage les bénéficiaires de ces mesures.

La classe moyenne n’a pas été oubliée. Le président Keita promet que l’ensemble de la dette intérieure due, au 31 décembre 2019, sera apuré. Aussi, sera diligenté le paiement des mandats au titre de l’exercice 2020 à hauteur de 100 milliards de Fcfa. Le monde des affaires ne peut qu’applaudir des deux mains. Sachant qu’en plus, le Fonds de garantie du secteur privé sera doté d’un montant de 20 milliards de Fcfa destiné à garantir les besoins de financement des PME/PMI, des Systèmes financiers décentralisés, des industries et de certaines grandes entreprises affectées par la pandémie. L’annonce des remises d’impôts fera pousser un ouf de soulagement par les acteurs des secteurs durement touchés comme l’hôtellerie, les agences de voyage, la restauration, la culture et les transports.

Si l’Etat consent à tant d’efforts pour conjurer la crise, c’est que la situation est grave. Pourquoi alors maintenir le deuxième tour des élections législatives dans ce contexte ? Eh bien, la raison est simple. Le chef de l’Etat l’a répété : le scrutin émane d’une volonté exprimée par le peuple lors du Dialogue national inclusif. En plus, achever ces élections est un impératif commandé par le fait que l’Etat doit continuer à fonctionner. C’est par temps de crise que le citoyen a plus besoin de l’Etat. Et un Etat fort et protecteur tire sa légitimité de la représentation populaire. Qui mieux que les parlementaires pour exprimer les préoccupations du peuple et les défendre ? L’une de ces préoccupations est sans nul doute la paix. Notre pays est engagé dans un processus de paix dont la mise en œuvre requiert des réformes profondes que seul un parlement légitime peut porter.

B. TOURE

 

 

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