Lettre pastorale des évêques : «Un cœur nouveau, un esprit nouveau»

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Les évêques proposent des pistes de solutions

Le document de 18 pages a été présenté, mardi dernier, lors d’une conférence de presse, organisée par la Conférence épiscopale du Mali à l’immeuble Mgr Jean-Marie Cissé à Hamdallaye ACI 2000.

Le secrétaire général de la Conférence épiscopale, Abbé Alexandre Denou, était le conférencier principal. Il a tout d’abord rendu hommage aux évêques, avant de présenter la missive. Dans le document, les évêques décrivent le contexte sociopolitique, la profonde blessure de notre pays et proposent des pistes de solutions. Le conférencier rappellera que l’église reste fidèle à sa mission de sentinelle mais aussi de prière, d’où cette lettre pour attirer l’attention des plus hautes autorités et de la population sur les déperditions et les maux de notre société.

L’église a vécu jusque-là, les turbulences enregistrées dans le pays dans la foi, l’espérance et la charité. L’espérance d’un lendemain meilleur pour notre pays, la solidarité dans l’épreuve, la prière, le jeûne ainsi que l’engagement à travers le dialogue, les conseils et les œuvres de miséricorde demeurent la volonté de l’église. Pour le secrétaire général de la Conférence épiscopale, les hommes d’église ont toujours adressé des paroles de vérité, de réconfort et d’espérance au peuple.

Dans son exposé liminaire, l’Abbé Alexandre Denou a aussi décrit le contenu du livret structuré en trois grands chapitres. Il a tenu à rappeler le passage du livre d’Ezéchiel chapitre 36,26 où Dieu dit : «Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j’ôterai de votre corps le cœur de Pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Partie prenante à la vie de la nation, tel que le dit si bien le Concile Vatican II : « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur ».

Les évêques jettent un regard d’ensemble sur les différents secteurs de la vie de la nation. Soucieux de la qualité de l’éducation, ils commencent la description de la réalité par l’école malienne. «L’espoir d’une éducation gratuite et de qualité pour tous est déçu. Censée être un lieu d’éducation, d’acquisition du savoir, de formation de cadres de notre pays, l’école est devenue, à quelques exceptions près, un espace de commerce, de trafic, de consommation de drogue, de violence et de promiscuité», dénoncent-ils.

En parlant de la religion, ils estiment que celle-ci a été déviée de sa fonction de relier l’homme au Tout-Puissant et les humains entre eux. «Aujourd’hui, elle est même utilisée comme fonds de commerce pour certains et moyen d’ascension sociale pour d’autres», constatent les hommes de foi, ajoutant que pour nombre de nos compatriotes, la religion est devenue une simple carapace culturelle sans contenu.

Dans le deuxième chapitre, les évêques lancent une réflexion sur les problématiques évoquées dans la première partie de la lettre. Ils invitent à la prise de conscience individuelle et collective en vue de circonscrire le mal qui mine notre société. Ils rappellent également que la valeur d’un peuple dépend d’abord de la qualité de ses ressources humaines et renvoient à des questionnements légitimes. Malien qui es-tu ? Que reste-t-il  de la grandeur et de l’honneur dont tu te prévau ?  N’est-il pas temps de forger ta propre fierté en te montrant digne de tes devanciers ?

Dans un passage, le document explicite que le respect des lois et l’autorité de l’état est bafouée mais aussi que la mauvaise compréhension de la démocratie ouvre la voie à des dérives. Le dernier chapitre est un appel à agir.

La crédibilité des élections passe par la formation du citoyen, le respect de la vérité, de l’égalité des chances, de la parole donnée et de la confiance des électeurs. Alinea dans leur lettre, les évêques invitent tous à prier pour le pays qui traverse des moments difficiles.

Amadou SOW

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