L’hôpital de Sikasso : Cap sur l’excellence

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Après avoir obtenu le prix « Ciwara »
l’établissement hospitalier doit garder le même élan et la même motivation pour ne pas doucher l’espoir suscité

L’hôpital régional de Sikasso a été classé sur la base d’indicateurs de performance comme l’établissement hospitalier le plus performant de l’année 2018, selon les résultats de l’évaluation faite par l’Agence nationale d’évaluation des hôpitaux (Aneh) qui ont été publiés en novembre dernier. La prouesse d’être premier sur treize établissements hospitaliers, donc de s’adjuger le prix « Ciwara », est quasiment passée inaperçue pour nombre d’observateurs et autres usagers des établissements hospitaliers. Pour d’autres, cela n’avait aucune importance sur la qualité des soins de santé.
Pourtant, cette évaluation de l’Aneh, initiée depuis 2007, introduit une saine émulation entre nos établissements de santé dans l’offre de soins de qualité et dans le respect des conditions d’hygiène, des règles d’éthique et de déontologie de la pratique médicale. Ce statut oblige l’hôpital régional à rester dans le haut de gamme (en tout cas en matière de soins).
Notre équipe de reportage y a fait un tour pour jauger les conditions de soins et la qualité des prestations. Ce jour de visite, il est 11 heures et demi à l’hôpital de la Cité du Kénédougou. Au bureau des entrées, les malades et autres usagers de l’établissement font la queue. C’est une file indienne compacte à la quête de tickets de consultations qui attire le regard. Les malades sont ensuite orientés dans les boxes de consultations générales ou spécialisées pour accéder à des médecins généralistes ou des spécialistes.
Dans les couloirs de certains services de l’hôpital, des accompagnants au chevet de leurs malades rôdent autour des salles d’hospitalisation. Des praticiens en blouse font un incessant va-et-vient entre les salles.
Le patient Wonogo Bemba a été admis le jour de notre visite dans une salle du département de réanimation. C’est un prisonnier qui avait tenté de se suicider. Il portait un jeans noir, le torse nu, la lèvre supérieure un peu enflée, les fils branchés sur les membres inférieurs et supérieurs, reliés à des moniteurs, le trentenaire de teint noir était sorti de la période critique. Il relate le sinistre dessein qu’il nourrissait pour lui-même.
« Je voulais mettre fin à mes jours. On m’a référé inconscient à l’hôpital, mais ça va maintenant puisque je parle et je réalise des mouvements comme pour me lever et m’asseoir», confesse-t-il. En croire les médecins, ce patient a été reçu avec un tableau compliqué et dans un état général dégradé. Les analyses ont révélé la présence d’une substance toxique (un poison) dans son corps et les spécialistes ont rapidement effectué une aspiration gastrique avant de le soumettre à un traitement approprié.
Au service de gynécologie obstétrique, Mme Doumbia Aïchata Daniogo occupait un lit d’hospitalisation depuis 5 jours. Elle a subi une intervention chirurgicale, précisément une césarienne. « Mon enfant est sain et sauf. Je suis là pour le reste du traitement», explique la résidente du quartier Médine. Elle apprécie énormément le travail des agents de l’hôpital régional de Sikasso qui, selon elle, restent aux petits soins des malades. « Ils sont non seulement disponibles, mais aussi très attentionnés », affirme-t-elle.
Le directeur général de l’établissement hospitalier, Dr Dadé Ben Sidi Haïdara, est en droit d’être fier des points engrangés par son établissement : 97/160. Le patron de l’administration hospitalière estime que ce « Ciwara » est une reconnaissance des efforts accomplis par les différents directeurs qui se sont succédés à la tête de l’hôpital régional de Sikasso, mais aussi ceux du personnel et de la population qui s’inscrivent dans le projet d’amélioration de la qualité des soins. Selon lui, « cette réussite est liée au fait que l’hôpital intègre toujours les recommandations de l’Aneh ». Il a aussi versé son avis sur les critères d’évaluation des hôpitaux au titre de l’année 2018. Ces éléments d’appréciations portaient sur l’hygiène sanitaire, la satisfaction des usagers donc l’accueil, la gestion des déchets médicaux, le taux de mortalité des femmes et des enfants de moins de 5 ans et les programmes de recherche. A cela s’ajoutent, le taux de recouvrement des recettes, la disponibilité des examens au niveau du laboratoire, le taux d’indisponibilité des gros équipements, le dispositif de prise en charge des cas d’urgence, et la fréquence des pannes des gros équipements.
À la fin des évaluations faites par l’Aneh, l’hôpital a eu des bons points, notamment en termes de taux de satisfaction des usagers, de salubrité, de réalisation des staffs cliniques, de recouvrement des recettes, de maintenance des gros équipements, des analyses réalisées.
Les défis demeurent l’insuffisance des ressources, l’informatisation des dossiers médicaux, la mise en place d’un dispositif adéquat pour la prise en charge des urgences. Il y a aussi les difficultés de maintenance des équipements qui reste un vrai casse-tête, l’insuffisance de personnel qualifié dans les services des urgences et de neurochirurgie et des moyens logistiques.
Le directeur général adjoint de l’hôpital, Dr Youssouf Diakité, a invité le personnel à maintenir le cap de l’excellence, notamment au niveau de l’accueil des patients et des prestations de soins. Il en appelle à la contribution de la population, notamment en termes d’idées afin d’améliorer l’hygiène et la performance.
Mariam F. DIABATÉ

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