L’insécurité accroît le besoin d’aide alimentaire

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Le Système mondial d’information et d’alerte rapide (SMIAR), dans son premier rapport trimestriel au titre de 2020, estime à 44, dont 34 en Afrique le nombre de pays nécessitant une aide extérieure pour l’alimentation. Cela en raison de crises liées au manque de disponibilité alimentaire, au manque généralisé d’accès à la nourriture ou à des problèmes graves, mais localisés.
Selon ce rapport mondial trimestriel rendu public dimanche 3 avril par l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), ces pays en crise devraient manquer de ressources pour faire face aux problèmes critiques signalés d’insécurité alimentaire. Cette situation qui touche tous les pays membres du G5 Sahel, est surtout aggravée par l’insécurité civile persistante qui détruit les moyens de subsistance. Ainsi, des dizaines de milliers de personnes sont obligées d’abandonner leur lieu d’habitation. Elles se réfugient alors dans les pays voisins, privées de leurs moyens de nourriture. Plombant ainsi les efforts et les relatives bonnes récoltes réalisées lors de la campagne agricole 2019.

C’est le cas au Mali, où les conditions de sécurité alimentaire se sont considérablement détériorées en 2019, en particulier dans la Région de Mopti et dans les régions du Nord du pays en raison de l’escalade du conflit. Dans ces régions, la majorité des ménages déplacés sont confrontés à une détérioration des moyens de subsistance en raison de l’insécurité civile.
En février 2020, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a identifié plus de 218.000 personnes déplacées dans ces régions. Notre pays accueille environ 27.000 réfugiés et 76.000 rapatriés qui dépendent de l’aide humanitaire. Selon l’analyse du Cadre harmonisé de mars 2020, environ 757.000 personnes auraient besoin d’une aide alimentaire en mars-mai 2020, bien au-dessus des 336.000 estimés pour la période correspondante de 2019. Ce chiffre devrait passer à 1,3 million au cours de la prochaine période de soudure de juin à août 2020, si aucune mesure d’atténuation n’est prise.

Cela, malgré la production céréalière du pays qui a atteint un total de 10 millions de tonnes en 2019, similaire à la production de 2018, soit 14% au-dessus de la moyenne quinquennale. En dépit de cette production 2019 jugée supérieure à la moyenne, les besoins d’importations pour la campagne de commercialisation 2019/20 (novembre/octobre) devraient rester à un niveau moyen d’environ 500.000 tonnes. Du fait, justifie-t-on, de la forte demande des commerçants visant à reconstituer leurs stocks.
Peut-être pour prévenir une rupture de stocks en cette période de Covid-19. Dont personne ne saurait prédire ni la fin, ni l’ampleur des mesures que les États seront amenés à prendre pour l’endiguer. En attendant, des rapports de terrain indiquent des cas d’épargne d’aliments sur plusieurs marchés locaux.

Cheick M. TRAORÉ

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