Liptako-gourma : Un cadre de concertation pour faire face aux défis communs

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La zone frontalière commune aux États de l’ALG constitue un sujet de préoccupation majeure pour les autorités concernées

Tél était l’objectif de la rencontre de Bamako qui a réuni, hier, les ministres en charge de l’Administration territoriale de l’Autorité de développement intégré de l’espace commun

Les ministres en charge de l’Administration territoriale de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG) étaient réunis à Bamako pour formaliser le cadre de concertation des gouverneurs des régions frontalières, mis en place pour mieux faire face aux défis communs. Mais aussi, pour donner des orientations pour une coopération transfrontalière renforcée entre les autorités administratives frontalières des trois États. C’était sous la présidence du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah.
Cette réunion intervient après celle des gouverneurs des régions frontalières du Liptako-Gourma regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, les 10 et 11 mars derniers. Le thème était : «la stabilisation de la région du Liptako-Gourma». Dans son intervention, la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Sénégal et coordinatrice par intérim du Hub sous régional pour l’Afrique de l’Ouest et du centre a relevé que la rencontre des gouverneurs était une occasion opportune d’écouter ceux-là mêmes qui sont confrontés quotidiennement aux difficultés sécuritaires sans moyens efficients pour répondre aux besoins de leurs communautés.
Le PNUD, a indiqué Mme Diabaté Amata Sangho, a participé avec un réel intérêt aux discussions des deux jours et apprécié la décision des gouverneurs des trois frontières de mettre en place un cadre de concertation pour faciliter la coopération transfrontalière dans cette zone devenue l’épicentre de la crise au Sahel. «Aujourd’hui, la coopération transfrontalière est encore plus nécessaire car c’est dans ces zones frontalières que la crise sécuritaire et humanitaire qui sévit et s’aggrave tous les jours, se fait le plus sentir. C’est aussi dans ces zones que les efforts de développement ont une régression alarmante », a-t-elle fait remarquer.
Pour sa part, la ministre de tutelle de l’ALG, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, en charge des Mines et du Pétrole, s’est réjouie de la tenue de cette rencontre qui se situe dans le cadre du renforcement de la coopération transfrontalière entre les États membres du Liptako-gourma. Elle a rappelé la décision des chefs d’État de l’organisation d’inscrire désormais ses actions dans le continuum «sécurité-développement» eu égard à la situation sécuritaire dans chacun des pays.
Selon la ministre, la zone frontalière commune aux États de l’ALG constitue de nos jours un sujet de préoccupation majeure pour les autorités du pays, pour la sous-région voire l’ensemble de la communauté internationale. Ornella Moderan, directrice des programmes de l’ONG DDG (Groupe danois de déminage) abondera dans le même sens. Elle a aussi ajouté que la stabilisation du Liptako-Gourma est une préoccupation partagée par sa structure qui intervient aux cotés de l’ALG dans le cadre d’un partenariat stratégique et par l’ensemble de la communauté humanitaire.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a rendu hommage à l’Union africaine qui, dans son agenda 2063, dit que l’Afrique va se construire à travers ses régions. Selon Boubacar Alpha Bah, la création du cadre de concertation des régions frontalières est un acte très important dans ce sens. Cependant, il a suggéré une dynamique de rapprochement pour «effacer» les frontières.
Cette réunion, a rappelé le ministre Bah, se tient à un moment où les trois États concernés font face à des défis similaires dans la région du Liptako-Gourma reconnue comme étant l’épicentre de la crise sécuritaire dans le Sahel.
D’après lui, la sécurité et le développement sont aujourd’hui les défis majeurs de notre espace et aucun État pris seul, ne peut y faire face. Cette situation commande donc aux États d’agir ensemble en synergie pour non seulement réfléchir sur les voies et moyens pour y faire face, mais aussi s’accorder sur les actions à mettre en œuvre collectivement.
Même s’il reconnaît que des progrès ont été accomplis dans la lutte que mènent nos États contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, le ministre en charge de l’Administration territoriale pense que la situation sécuritaire demeure encore préoccupante. Il dira que face aux défis multiformes auxquels la région du Liptako-Gourma est confrontée, chacun des États développe et met en œuvre des initiatives au niveau national. Mais pour des problèmes qui ont une dimension transfrontalière, il faut trouver des solutions communes en inscrivant les démarches dans une dynamique de coopération transfrontalière.

Dieudonné DIAMA

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