Livres : L’internet fait-il perdre le goût de la lecture?

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Les lecteurs se font de plus en plus rares dans les bibliothèques

Les Technologies de l’information et de la communication offrent aux élèves et aux étudiants un accès facile aux données dans le cadre de leurs recherches. Mais l’accès très facile aux données «désintellectualise» notre système éducatif.

Il dispense certains étudiants de fournir l’effort nécessaire à leur formation intellectuelle. La lecture intégrale des livres ne s’impose plus. En tapant sur le clavier d’un ordinateur, l’élève ou l’étudiant qui prépare un exposé  sur par exemple « Les bouts de bois de Dieu » de Sembène Ousmane trouve sur la toile tout le roman.

Il a même accès aux commentaires d’éminents professeurs de lettres. Sans compter le texte intégral des exposés déjà faits sur cette œuvre classique de la littérature africaine. Du résumé sur les personnages aux thèmes principaux et secondaires, tout est offert sans effort.  C’est pourquoi, les élèves et étudiants ne se donnent plus la peine de concevoir leurs propres idées. Ils ont accès librement et facilement à des idées déjà développées par d’autres.

Cette situation est d’autant plus dommageable que l’effort personnel crée une relation forte entre l’élève et le livre à travers l’analyse et le développement d’un ou de plusieurs thèmes. L’analyse psychologique d’un ou de plusieurs personnages.

Quel est l’intérêt d’usurper des idées conçues et valorisées par d’autres ? En prenant le temps de lire intégralement un livre, on a la possibilité de découvrir et d’acquérir de mots nouveaux, d’enrichir son vocabulaire, d’améliorer son expression orale et écrite. La lecture d’un traité technique, d’un roman, d’un recueil de poèmes, d’un livre de philosophie est un voyage très enrichissant. Pas seulement, les élèves et les étudiants, la plupart de nos compatriotes ont perdu l’habitude de lire dans le lit avant de s’endormir, de lire dans le bus pendant un long voyage ou d’aller lire un roman au bord d’un cours d’eau.

Les raisons du désintérêt pour la lecture ne tiennent pas seulement de l’essor de l’Internet. Il y a aussi le coût du livre. Ainsi que la non disponibilité du livre tout simplement. Combien de lycées de Bamako et de l’intérieur du Mali possède-t-ils une bibliothèque ? Les « grins », ces mythiques groupes de causerie dans nos villes et villages, ne peuvent-ils pas être transformés en espaces d’échanges de livres ? Et dernière question : pourquoi les auteurs maliens ne sont-ils pas inscrits en nombre dans les programmes d’enseignement ?

Sékou Oumar DOUMBIA

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