Lutte contre le changement climatique : Les femmes de la commune du mandé y contribuent

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Les femmes de Samalé font du savon à base de miel, de lait, de carotte et d’avocat

La Commune du Mandé est limitrophe de la forêt classée du Mont Manding qui couvre une superficie de 15.000 ha. Cette forêt était devenue la principale et unique source de revenus pour les femmes et les jeunes qui l’exploitaient pour produire du charbon et du bois de chauffe. Accélérant ainsi la déforestation avec son lot de conséquences comme la sécheresse, la famine

Pour préserver cette ressource naturelle qui est nécessaire à l’homme et son épanouissement, le programme de Gestion décentralisée des forêts (Gedefor) a vu le jour. Cofinancé par la Suède et l’état malien, il est une initiative visant à lutter contre le changement climatique. Il appuie à cet effet depuis près de cinq ans des femmes rurales de cinq villages (Samalé, Balandougou, Farabana, Soribougou, Samayana) de la Commune de Mandé. Cela dans le cadre de l’adaptation des populations au changement climatique.

à cet effet, plusieurs activités : maraîchage, fabrication du savon à base de carotte, de lait, d’avocat et la transformation du beurre de karité en d’autres produits, ont été initiées au profit d’elles et des jeunes. Pour ce faire, elles ont été organisées en coopérative autour du karité et du maraîchage.

L’objectif était de les initier à des activités génératrices de revenus plus rentables afin d’abandonner la production de charbon de bois en vue de maintenir le couvert végétal. Elles ont alors été formées et leurs capacités renforcées en bien des domaines. Ces efforts ont permis d’engranger des résultats remarquables sur le terrain. La restauration du couvert végétal est en marche. Les femmes et jeunes bénéficiaires ont pris des couleurs.

En témoignent les réalisations faites dans la Commune rurale du Mandé, située à 40 km de Bamako, dans le cadre de l’adaptation des populations au changement : périmètres maraîchers et fourragers, un centre multifonctionnel de transformation du beurre de karité. C’est le cas par exemple dans le village de Samalé. Là-bas la transformation du beurre de karité est devenue l’activité principale des femmes, organisées en coopérative comprenant plus de 400 femmes.

Comme la coopérative des femmes «An ka bara» de Samalé. Rencontrée dans un centre multifonctionnel de transformation de beurre de karité, Nassira Keïta est sa présidente. Les femmes de Samalé, selon elle, vivaient exclusivement de la production du charbon de bois et du bois de chauffe. Grâce à cette activité, elles subvenaient à leurs besoins et à ceux de la famille. Mais, depuis le démarrage du programme Gedefor, les femmes ont abandonné l’exploitation des forêts pour s’adonner à la fabrication de savon à base de miel, de lait, de carotte et d’avocat. La production de savon est estimée à plus de 1.000 unités par jour. Elles produisent également d’autres produits à partir du beurre de karité.

«Les savons que nous fabriquons ici, sont à base de nos produits maraîchers, du beurre de karité et du lait. Souvent, nous prenons plus de quatre tonnes de beurre de karité pour la fabrication de savon et d’autres produits. Ces savons sont bons pour la santé et protègent le corps contre des maladies de la peau», commente Nassira. Qui demande aux autorités de les aider en facilitant l’accès de leurs produits aux marchés urbains à travers des moyens de transport.

RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ-Les femmes de Farabana, une localité située à 7 km de Samalé, s’activent dans le maraîchage. à leur profit le projet a aménagé un périmètre d’une superficie de 1 ha, équipé de deux forages et de six panneaux solaires. Leur coopérative qui est constituée de plus de 100 femmes, cultive de la salade, des tomates et des patates douces. «Grâce à ces activités maraîchères, nous arrivons à trouver tout ce dont nous avons besoin.

Nous sommes actuellement satisfaites», se réjouit Awa Diakité, membre de ladite coopérative. à la fin du mois, chaque femme membre de l’organisation verse une cotisation de 250 Fcfa dans la caisse pour la pérennisation des activités, ajoute-t-elle. Le programme contribue à la réduction de la pauvreté et renforce la résilience des populations face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. «Autrefois, les femmes partaient couper du bois dans la forêt pour en faire due charbon et le bois de chauffe. Maintenant, elles s’occupent des travaux champêtres et du jardinage.

Cela leur permet de gagner suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins de la famille et éviter la destruction de la forêt», témoigne le 2è adjoint au maire de la Commune du Mandé, Bakary Keïta. Pour l’élu local, les forêts sont en train d’être sauvées à travers cette initiative. Abondant dans le même sens, le directeur général de l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD), Boureïma Camara reconnaît que ces actions permettent aux populations de renforcer leur résilience face aux effets néfastes du changement climatique. «Les activités maraichères qui sont menées dans la commune, occupent suffisamment les femmes.

Elles y gagnent assez de ressources financières et peuvent se passer de l’exploitation de la forêt permettant ainsi de préserver les écosystèmes forestiers», explique l’administrateur. Pour lui l’utilisation de l’énergie solaire pour alimenter les jardins et faire marcher les installations est capitale en matière de protection et de préservation de l’environnement. C’est pourquoi, ce programme mérite d’être encouragé et étendu à d’autres localités afin qu’il contribue fortement aux efforts nationaux d’adaptation des populations au changement climatique, plaide-t-il.

Pour le coordinateur général du Gedefor III PCVA, c’est une fierté d’accompagner ces femmes courageuses qui exploitaient du bois et du charbon pour nourrir leurs familles. «Dans le cadre des mesures d’atténuation du changement climatique, elles ont accepté de nous accompagner. Nous avons pu les encadrer, elles ont intégré nos conseils. Les résultats sont là», insiste le colonel-major Mamadou Salif Koné.

Makan SISSOKO

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