LUTTE CONTRE L’HÉPATITE VIRALE : LE SALUT PAR LE RÉFLEXE DU DÉPISTAGE

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A l’instar de la communauté internationale, notre pays s’apprête aussi à célébrer la Journée mondiale de lutte contre l’hépatite, le 28 juillet prochain. Cet événement représente une réelle opportunité de briser le grand silence autour de la maladie en diagnostiquant les porteurs du virus ignorant leur statut.

C’est donc un véritable problème de santé publique qui préoccupe et interpelle la conscience collective.
Fort de cette réalité, le « Rotary action group hépatite zéro » et l’Association SOS hépatite, en partenariat avec d’autres associations, ont organisé, mercredi dernier, une conférence de presse sur la question au siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La conférence était animée par le président de la commission d’organisation de la journée qui se profile à l’horizon, Pr Moussa Diarra, le Pr Anselme Konaté, et le chef du projet Hépatite zéro du Rotary, Mamadou Touré.
Il ressort des analyses et commentaires de spécialistes, notamment des hépato-gastro-entérologues, la nécessité d’intégrer le réflexe du dépistage et d’en faire une priorité. Les acteurs de la lutte contre l’hépatite dérouleront des activités de sensibilisation toute une semaine avec des dépistages gratuits qui seront organisés sur différents sites.

Pour le Pr Moussa Diarra, la mobilisation doit être de mise pour lutter contre les hépatites virales (des maladies liées au foie). Les virus des hépatites se transmettent différemment. Il a aussi expliqué que dans notre pays, la prévalence de l’hépatite B varie entre 90 et 16 %. Ce qui justifie notre présence dans la zone de haute prévalence. Concernant l’hépatite C, le conférencier explique que sa prévalence oscille autour de 3%.
Le Pr Anselme Konaté, hépato-gastro-entérologue au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré, explique que la maladie fait des ravages peu connus du grand public. C’est une inflammation du foie qui peut aboutir à des conséquences dramatiques. La maladie reste asymptomatique jusqu’à des stades avancés.

Se prononçant sur les hépatites B et C, le spécialiste indique que ces virus s’éternisent au niveau de l’organisme. Ils évoluent vers la chronicité pour aboutir à la cirrhose ou cancer de foie.
Le praticien hospitalier souligne qu’au Mali, des études ont démontré que 15% de la population ont une infection chronique susceptible d’évoluer vers la cirrhose ou le cancer de foie. « Environ 1 million de personnes feront ces deux maladies dans les années à venir », prévient-il avant d’indiquer que cette maladie touche généralement les jeunes de 15 à 45 ans. Ce qui peut être un frein au développement du pays.

Le dépistage, estime le Pr Konaté, est capital dans la lutte contre les hépatites virales. Il est plus qu’essentiel chez les femmes enceintes pour éviter la transmission mère-enfant tout comme la vaccination du nouveau-né contre cette maladie dès les premières heures de la vie.

Mamadou Touré indique que l’hépatite zéro vise l’éradication des formes d’hépatite avec un objectif global créé par le Brésilien Humberto Silva, un survivant à l’hépatite C. Le projet est déjà testé par un million de personnes libres de cette maladie. Il souligne que des milliers de personnes souffrant du virus de l’hépatite ont été diagnostiqués au Brésil. « Aujourd’hui, l’hépatite zéro est un important programme du Rotary pour l’humanité », confie-t-il.

Une personne affectée par le virus de l’hépatite C a apporté son témoignage sur la découverte de sa maladie et les péripéties de son traitement.

Salimatou Marico
L’ESSOR

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