Mali, 56è sommet de la CEDEAO : La monnaie unique et la sécurité au cœur des décisions d’abuja

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La 56è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’est tenue le 21 décembre 2019 à Abuja, au Nigeria, sous la présidence d’lssoufou Mahamadou, président du Niger et président en exercice. Il ressort du communiqué final de la rencontre à laquelle ont pris part plusieurs chefs d’État et de gouvernement des points touchant diverses questions de l’organisation régionale.
Concernant la question de la création de l’Union monétaire, les chefs d’État et de gouvernement ont pris note des propositions de symbole de la monnaie unique de la Cedeao et adopté le symbole de l’Eco, qui est le suivant : Ec. Pour ce qui est du nom de la Banque centrale de la Cedeao, la conférence a adopté celui-ci : Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCAO).
S’agissant du dossier de la monnaie unique, après avoir entendu l’exposé du président ivoirien, Alassane Ouattara, président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de I’Uemoa, la conférence a pris acte des transformations importantes en cours au niveau de la zone monétaire de I’UMOA. Cette réforme de la zone monétaire de I’UMOA facilitera son intégration dans la future zone monétaire de la Cedeao (Eco). Les chefs d’État et de gouvernement se sont félicités des évolutions de la zone monétaire UMOA.

Par ailleurs, les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur attachement à la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région, condition préalable à l’intégration et au développement économiques de la région.
S’agissant de notre pays, les dirigeants de la Cedeao ont signalé le lancement, le 14 décembre 2019 à Bamako, de la phase nationale du Dialogue national inclusif. Ils ont félicité le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, pour cette initiative destinée à approfondir le processus démocratique au Mali, améliorer la gouvernance et renforcer l’unité nationale. Tout en saluant la participation de la quasi-totalité des segments de la Nation malienne à cet événement historique, la Conférence a invité toutes les parties, sans exclusive, à s’approprier les conclusions de ce dialogue refondateur qui conforte le processus de stabilisation du pays.

De même, la Conférence a salué les progrès enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, notamment en matière de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), de réconciliation et justice transitionnelle, ainsi que les initiatives politiques visant à résorber la crise dans le Centre du pays. Elle encourage le gouvernement à poursuivre ses efforts, malgré le contexte difficile.
En outre, les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur soutien à l’intégrité territoriale du Mali et à la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, y compris dans le respect des symboles de l’État et invité la communauté internationale à appuyer les initiatives du gouvernement à cette fin. Sur la situation sécuritaire dans la région, la Conférence a exprimé sa profonde préoccupation face à la recrudescence des attaques terroristes visant les Forces de défense et de sécurité, les populations civiles, ainsi que les structures socioéconomiques et les lieux de culte. Elle a fermement condamné ces attaques terroristes et réaffirmé sa détermination à tout mettre en œuvre pour éradiquer le terrorisme dans la région.

La Conférence a salué les énormes efforts engagés par les États membres afin de combattre le terrorisme et toutes les autres formes de crimes transnationaux organisés dans la région. Elle a réitéré son appel au Conseil de sécurité des Nations unies pour que la Force conjointe du G5 Sahel soit placée sous le Chapitre VIl de la Charte. En outre, elle a lancé un appel au Conseil de sécurité afin que la Minusma soit dotée d’un mandat offensif, pour lui permettre de mieux faire face aux défis du terrorisme au Mali. La Conférence a également adopté le Plan d’actions 2020-2024 destiné à éradiquer le terrorisme dans la région, ainsi que son calendrier d’exécution et son budget estimatif, qui s’élève à environ 1.150 milliards de Fcfa. Ce budget sera financé par des ressources internes à hauteur de 500 milliards de Fcfa.
Ce montant étant destiné à l’appui en équipement des forces de défense des États membres, aux activités de formation des structures compétentes et au partage effectif de renseignements.
Synthèse
Massa SIDIBÉ

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