Mali, sécurité alimentaire : Zones à risque et populations vulnérables

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Le Stock national de sécurité sera reconstitué à hauteur de 50.000 tonnes

Plus de 648.000 personnes, soit 3,16% de la population, sont estimées avoir besoin d’une assistance alimentaire immédiate et plus de 2 millions de personnes ont besoin d’actions de résilience pour ne pas tomber dans une situation pire.

Ces populations, qui vivent dans la situation dite «courante» d’insécurité alimentaire entre le mois d’octobre et de décembre, sont notamment basées dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal et Bamako. également, plus de 1.117.000 personnes des mêmes régions, soit 5,44% de la population, sont estimées vivre dans une situation dite «projetée» d’insécurité alimentaire en juin et août 2020. C’est le constat qui ressort de la restitution des résultats du cadre harmonisé d’analyse et d’identification des zones à risque et populations vulnérables. La rencontre qui était présidée, vendredi dernier, par le commissaire à la sécurité alimentaire, Kassoum Denon, a eu lieu dans un hôtel de la place. Elle a enregistré la présence du ministre de l’élevage et de la Pêche, Dr Kané Rokia Maguiraga ainsi que les représentants de ministères et des organisations impliquées dans l’alimentation. La rencontre avait pour but de partager les résultats de ce premier exercice du cadre harmonisé. Il s’agissait également de diffuser ces résultats afin d’informer les populations rurales et urbaines sur la situation alimentaire et nutritionnelle courante et projetée jusqu’à la fin de la soudure prochaine. « Assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos compatriotes sur toute l’étendue du territoire national est de toute évidence, un défi majeur en particulier dans le contexte d’une insécurité civile, devenue aujourd’hui la première cause d’insécurité alimentaire», a déclaré le commissaire à la sécurité alimentaire. Notre pays, a-t-il poursuivi, comme la plupart des pays du Sahel, est confronté à une situation d’insécurité du fait des organisations terroristes et criminelles qui sèment la terreur et la désolation.

Cette situation crée des afflux massifs de réfugiés, déplacés, des entraves à la production agricole et aux circuits de commercialisation de nos productions. «Face à ces défis, le cadre harmonisé se dévoile comme un cadre analytique global des dispositifs nationaux de prévention et de gestion des crises alimentaires», a précisé Kassoum Denon. Ce cadre, selon lui, prend compte des différents indicateurs de résultats de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et l’interférence des facteurs contributifs.
S’exprimant sur les actions du gouvernement pour lutter contre l’insécurité alimentaire, le chef du commissariat à la sécurité alimentaire a affirmé que la structure a déjà entrepris l’élaboration d’un plan de réponses à la hauteur des défis de l’heure. à cet effet, il a évoqué la reconstitution du Stock national de sécurité qui atteindra, cette année, 50.000 tonnes contre 35.000 tonnes habituellement, l’acquisition provisoire de 22.000 tonnes de riz et 16.000 tonnes d’aliment bétail sous forme de prêt de la Banque islamique de développement (BID), l’opération inédite de vente promotionnelle de 5.037 tonnes de riz japonais et la distribution prochaine de 1.200 tonnes de riz japonais dans les zones en situation délicate, notamment Ségou, Mopti et Tombouctou.
Pour sa part, le ministre de l’élevage et de la Pêche a souligné l’importance de l’événement pour le gouvernement. «Mon département est aussi partie prenante de l’élaboration de ce cadre harmonisé», a-t-elle indiqué. Comme pour suivre l’exemple, le Dr Kané Rokia Maguiraga a déclaré que bientôt son département va élaborer un plan d’actions pastorale afin d’identifier les difficultés et de les résoudre.

Mariam F. DIABATÉ

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