Malick Kanté : «Daouda Diarra était un joueur spectaculaire»

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Ancien journaliste du Quotidien national L’Essor, Malick Kanté connaissait également bien feu Daouda Diarra. «Daouda Diarra évoluait en France, j’ai découvert le joueur en 1983. Il venait chaque année à Bamako pour ses vacances et il profitait de son séjour pour offrir des ballons et des raquettes aux jeunes du Tennis club de Bamako qui étaient aussi ses jeunes frères. Ils sont tous issus du quartier de Bamako-Coura et entraînés par Mahamadou Keïta «Gomes».

La Fédération malienne de tennis, qui était à l’époque dirigée par le général Siaka Sangaré, a jugé bon de l’inviter au tournoi Daniel Montero pour qu’il puisse donner un peu de renommée à notre pays», se souvient Malick Kanté. «Les jeunes de Bamako-Coura avaient un don naturel, ils ont commencé leur carrière en faisant le ramasseur de balles et en profitaient pour s’essayer au tennis avec les coopérants. Après son départ en France, Daouda Diarra a continué à garder des liens solides avec ses jeunes frères. Il ne se contentait pas de leur prodiguer des conseils, il les équipait aussi.

à l’époque, ce n’était pas donné à tout le monde de jouer au tennis», poursuit l’ancien reporter de L’Essor. «Il (Daouda Diarra, ndlr) était spectaculaire sur le terrain. Il jouait un peu à la vedette, ce n’est pas grave, chacun a ses manières de se comporter. C’est dommage qu’il soit mort très tôt. Il avait des projets pour le Mali qu’il n’a malheureusement pas pu réaliser. Il voulait rentrer définitivement au bercail et s’occuper de la formation de joueurs, mais il est mort subitement», révèle Malick Kanté. «La dernière fois que je l’ai vu, c’était à Roland-Garros lors d’un tournoi en 1988. Je l’ai rencontré dans les couloirs du stade.

J’étais parti couvrir les internationaux de France. Il était l’entraîneur d’un quartier». Pour l’ancien journaliste de L’Essor, le tennis malien a eu des joueurs talentueux qui auraient pu faire parler d’eux au niveau supérieur. Malick Kanté pense notamment à Karim Kouyaté et Sékou Diabaté ou encore Ibrahim Diallo qui est venu après la génération des Daouda Diarra. «Ibrahim Diallo était un bon joueur, il a participé à plusieurs compétitions y compris aux états-Unis où il a joué au compte de la Fédération internationale de tennis.

Il était promu à un bel avenir, mais s’est gravement blessé lors d’un tournoi en Belgique et a été contraint de mettre un terme à sa carrière. Je dois dire aussi que les joueurs ont été handicapé par des problèmes d’organisation au niveau de la Fédération malienne de tennis». La Coupe Daniel Montero était la correspondante de la Coupe Amilcar Cabral en football. Le tournoi regroupait les huit pays de la Zone II, à savoir le Mali, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, la Sierra Leone et le Sénégal.

La compétition a été créée par le président de la Guinée-Bissau, le général João Bernardo Vieira «Nino Vieira» et baptisée du nom de Daniel Montero, une figure, avec le président «Nino Vieira», de la guerre de libération menée par les guérilleros du pays contre le régime colonial portugais. La dernière édition de la compétition s’est déroulée au Mali en 1987 et a été remportée par la sélection nationale. Daouda Diarra faisait partie de l’équipe nationale dont le capitaine-entraîneur était, justement, Mahamadou Keïta «Gomes».

L. M. D.

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