Mamby Diaby, président de la ligue de Sikasso : «Le football ne peut pas se développer sans infrastructures»

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Dans cette interview, Kélétigui, comme on l’appelle familièrement, aborde plusieurs sujets : le coronavirus, le développement du football local, les difficultés financières auxquelles font face l’instance et les clubs affiliés…

L’Essor : Comment se porte la ligue de Sikasso ?
Mamby Diaby : Administrativement la ligue se porte bien, puisque nous faisons partie de l’une des rares ligues qui font régulièrement ses réunions. Et à chaque réunion, le quorum est atteint. On se réunit tous les mardis, sauf si la saison est fermée. J’apprécie la ligue compte tenu de la chaleur humaine qui existe au sein du bureau et de l’esprit d’équipe des responsables. Mais sur le plan financier ça ne va pas, parce que la ligue vit de la seule subvention de la Fédération malienne de football (Femafoot).
On a beaucoup de difficultés sur ce plan, les sponsors se font rares et les mêmes causes produisant les mêmes effets, les résultats sportifs ne sont pas à la hauteur des attentes. Souvent, il arrive que la ligue ne parvient même pas à assurer le transport des équipes, lors des compétitions locales.
Du temps de feu Amadou Kola Cissé, la ligue de Sikasso avait une subvention de 4 millions de Fcfa et cela nous permettait un tant soit peu de faire face à certaines difficultés. La situation est la même dans toutes les régions et c’est pour toutes ces raisons que les clubs de l’intérieur ne peuvent pas dialoguer d’égal à égal avec ceux du District de Bamako.

L’Essor : Combien d’équipes sont affiliées à la ligue ?
Mamby Diaby : La ligue de Sikasso compte 37 équipes, 18 clubs de troisième division, 14 pensionnaires de deuxième division, contre une seule évoluant en ligue 1 (l’US Bougouni, ndlr). Au niveau du football, il y a quatre clubs féminins, dont trois équipes à Bougouni et une à Sikasso. Là aussi, nous avons un représentant en première Division, à savoir l’AS Momo qui a accédé à l’élite l’année dernière.

L’Essor : Quels sont les grands projets de la ligue de Sikasso ?
Mamby Diaby : Les grands projets de la ligue de Sikasso s’articulent autour de la réalisation des infrastructures, la formation des acteurs, surtout les arbitres. Avec 19 arbitres, la ligue de Sikasso est la deuxième instance qui dispose du plus grand nombre de directeurs de jeu, derrière Bamako qui en compte 26. Une autre priorité, c’est la formation des secrétaires généraux qui sont les chevilles ouvrières des clubs. Le football a beaucoup évolué et les secrétaires généraux sont devenus incontournables dans le fonctionnement des instances et des clubs.

L’Essor : Quels commentaires vous inspirent les relations de la ligue avec la Fédération malienne de football ?
Mamby Diaby : Nos relations sont excellentes. C’est la candidature de Bavieux Touré que nous avons soutenue lors de la dernière élection et c’est lui qui a été élu. Bavieux Touré est un homme qui a une grande capacité d’écoute, il a mis les ligues au centre de sa campagne et nous espérons qu’il respectera ses promesses.

L’Essor : Depuis plusieurs semaines, toutes les activités sportives sont arrêtées à cause de la pandémie du Covid-19. Comment la ligue et les équipes vivent-elles de cette situation ?
Mamby Diaby : Nous sommes dans l’attente comme toutes les autres ligues. Les activités sportives ont été suspendues sur toute l’étendue du territoire, alors qu’on disputait les 16è de finale de la Coupe du Mali. C’est dur pour tout le monde, mais il s’agit de préserver des vies humaines et la vie prime sur tout. La ligue de Sikasso soutient donc la décision des autorités et se fera le devoir de sensibiliser les acteurs du football régional pour le respect strict des mesures sanitaires. Dès la fin de la maladie, le championnat de D2 reprendra à Sikasso.

Interview réalisée par
Djènèba
BAGAYOKO

 

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