Marchandises de seconde main : UN COMMERCE PORTEUR MAIS…

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Les clients se bousculent pour s’offrir des articles divers de ces points de vente


Les objets usagers venus des pays développés s’écoulent bien chez nous. Les acheteurs apprécient la qualité et le bas prix. Beaucoup ignorent les risques sanitaires qu’ils courent
La vente de matériels d’occasion ou de seconde main est en plein essor à Bamako depuis de nombreuses années. Après les véhicules d’occasion qu’on appelle «France au revoir» et leurs accessoires, nos compatriotes font du bon business avec le commerce de matériels usagers, importés principalement de l’Occident. Ainsi, meubles, vêtements, jouets, appareils électroniques et électroménagers, tout atterrit chez nous, soit par l’intermédiaire d’un frère ou ami, soit par des partenaires étrangers vivant en Europe ou aux Etats-Unis.
Aujourd’hui, il est très difficile de longer une rue de la capitale sans apercevoir ces matériels d’occasion, appelés aussi « casse ». Dans les coins de rue ou au bord des routes, des passants se bousculent pour se procurer des objets dont ils ont besoin. Conséquence : grâce au commerce des objets d’occasion, des emplois se sont créés.
Salif Koné est détenteur d’une maîtrise en anglais et en allemand. Il a hérité de la vente de vélos d’occasion de son père depuis 2009. Dans son magasin, à la gare de Sogoniko, il reconnait que son travail lui rapporte un revenu satisfaisant, même si le nombre de ses concurrents a augmenté considérablement. « Dès qu’une affaire marche bien, tout le monde s’y met. Le nombre des vendeurs de marchandises d’occasion connait aujourd’hui une véritable explosion. Ce qui fait que le chiffre d’affaires des précurseurs a considérablement diminué. Quand nous avions commencé, on avait de l’affluence. Aujourd’hui, on fait ce boulot parce qu’on n’a pas d’autres choses à faire », déplore-t-il, expliquant que les marchandises qui attirent le maximum de clients sont les réfrigérateurs et les équipements audiovisuels.
Salif Togo, lui aussi, pratique le commerce des objets d’occasion à la gare de Sogoniko depuis 5 ans. Il confirme que les appareils comme les réfrigérateurs et les équipements audiovisuels rapportent beaucoup parce qu’ils s’écoulent plus facilement. « Souvent au bout d’une semaine, notre stock s’épuise », explique-t-il. Son grand frère qui vit en France lui envoie les produits de brocante par conteneur. Les vendeurs de matériels usagers s’approvisionne aussi auprès des importateurs de véhicules d’occasion. Ceux-ci remplissent toutes les cavités des voitures avec du petit matériel qu’ils écoulent auprès des revendeurs.
Le déchargement d’un conteneur de « casse », renvoie à une ambiance captivante. « On est pris d’assaut par des revendeurs. Chacun veut avoir le meilleur article, c’est-à-dire le premier choix. Les clients se bousculent et vont jusqu’à rendre difficile le déchargement du véhicule », détaille Salif Togo avant de souligner que la seule préoccupation des acheteurs est d’obtenir un article en apparence neuf. Pour lui, cela dénote de l’engouement que les gens ont pour ces produits. En plus, deux facteurs expliquent cet intérêt grandissant : l’accessibilité du prix pour la majeure partie de la population qui a un revenu faible et la qualité des produits.
Selon Youssouf Traoré, marchand à Missabougou, les matériels d’occasion sont très souvent de meilleure qualité que les marchandises neuves vendues sur nos marchés. « Même si c’est la Chine qui fabrique tous ces produits, quand c’est destiné à l’Occident, les Chinois prennent le soin de respecter les normes pour ne pas subir des sanctions. Par contre, ces mêmes genres de produits destinés à l’Afrique ne sont pas contrôlés à nos portes et la Chine nous envoie du n’importe quoi », explique-t-il.
Adama Sanogo que nous avons trouvé en train de marchander le prix d’un ordinateur d’occasion, ne cache pas qu’il se rabat sur la brocante parce qu’il n’a pas les moyens de se procurer du neuf qui coûte un peu plus cher. « Je préfère acheter les secondes mains même si quelques fois, je dépense souvent beaucoup en réparation», confie le jeune homme qui ajoute qu’il arrive que des pièces manquent sur certains matériels. « Il y a toujours un peu d’angoisse. Mais c’est un risque à prendre. Chez nous, il y a toujours quelqu’un qui sait bricoler », laisse entendre l’acheteur.
Non loin de l’ambassade d’Algérie, un grand magasin de mobiliers d’occasion n’échappe pas à la vue des passants. La quantité des marchandises et leur diversité amènent de nombreux passants à s’arrêter. Fauteuils roulants, lits, tables bancs, matériels sanitaires, etc. Il est difficile de ne pas trouver son choix. Ici, nous sommes chez Cheick Doumbia. « Mes matériels proviennent généralement des Etats-Unis et de France. J’ai un fournisseur français. Le choix est fait en fonction de mes commandes », confie-t-il, ajoutant que les clients trouvent que les matériels neufs les plus accessibles sur nos marchés sont très généralement d’origine chinoise et destinée à l’Afrique. Elles n’ont pas une longue durée de vie.
L’importation de marchandises d’occasion a plusieurs avantages pour les populations. Outre les emplois créés, les usagers ont accès à plusieurs variétés de produits et à des prix abordables. Mais il y a des risques sanitaires puisqu’on ne connait pas l’origine de toutes ces objets usagers qu’on déverse sur nos marchés.
Amadou
GUÉGUÉRÉ

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