Mécanisme national d’alerte et de réponse aux risques sécuritaires : Session inaugurale du conseil d’orientation

0
158

                                 Ce mécanisme est déjà opérationnel dans 6 pays de la sous-région, dont le nôtre

Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, a présidé hier à la Primature, la session inaugurale du conseil d’orientation et de suivi du Mécanisme national d’alerte précoce et de réponse aux risques sécuritaires. C’était en présence d’une délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) conduite par la vice-présidente de la Commission, Finda Koroma, et des membres de ce conseil. Cette session s’est penchée sur l’orientation et le fonctionnement dudit Mécanisme, le programme d’activités 2020 du Centre national d’alerte précoce et son budget prévisionnel 2020.

En effet, le Mécanisme national d’alerte précoce et de réponse aux risques sécuritaires a été institué au Mali par le décret n°2016-006/PM-RM du 15 janvier 2016 relu par le décret n° 950/PM-RM du 27 novembre 2017, en application des dispositions de l’article 58 (F) du Traité révisé de la Cedeao (1993) ainsi que du Règlement C/REG.12/12/15 relatif à la mise en place des mécanismes nationaux d’alerte précoce et de réponse en date du 14 décembre 2015.

Sa mise en place intervient dans un contexte dominé, entre autres, par la présence de groupes religieux extrémistes violents et d’organisations terroristes, la persistance des conflits intra et intercommunautaires et les insurrections armées, le taux élevé de criminalité urbaine et de criminalité organisée comprenant la piraterie, le trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains. Mais aussi le développement du marché noir des ressources naturelles notamment des diamants qui constituent une des sources de financement du terrorisme, la corruption, la mauvaise gouvernance, l’absence d’une culture démocratique fondée sur la primauté du droit, etc.
Le Mécanisme a pour mission de recueillir des informations et données sur les menaces à la bonne gouvernance, à la sécurité et à la paix au Mali, d’en alerter le gouvernement, de lui suggérer des réponses adaptées, de suivre et au besoin, coordonner la mise en œuvre des réponses arrêtées par le gouvernement ainsi que celles portées par des organisations internationales.

Dans son intervention, Finda Koroma, vice-présidente de la Commission de la Cedeao a rendu hommage au président Ibrahim Boubacar Keïta pour ses efforts inlassables en faveur de la paix et de la sécurité. Elle a rappelé que c’est au Mali qu’a été lancé le premier centre national d’alerte précoce le 14 octobre 2017, ajoutant qu’en plus de notre pays, des centres similaires ont été mis en place au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Libéria et au Niger. D’après elle, les efforts seront poursuivis pour en installer dans les autres pays de la Cedeao.

PIONNIER- Pour sa part, le Premier ministre, ouvrant les travaux, a précisé que le Mécanisme national d’alerte précoce et de réponses aux risques sécuritaires est un dispositif composé du conseil d’orientation et de suivi ainsi que du Centre national d’alerte précoce et de réponses aux risques sécuritaires. Selon lui, c’est le fruit de la volonté des Etats de l’Afrique de l’Ouest d’anticiper sur les grands défis du moment, notamment les menaces à la bonne gouvernance, à la sécurité et à la paix dans l’espace Cedeao. L’objectif visé étant de renforcer la stratégie de l’organisation communautaire en matière de partage d’informations entre les Etats membres, en vue de prévenir ou d’atténuer les menaces.

Pour Boubou Cissé, dans le contexte de menaces et de vulnérabilités globales qui fragilisent la sécurité humaine et celle des Etats, ce mécanisme est appelé à jouer, dans la durée et dans l’anticipation, un rôle de premier plan pour la paix et la stabilité.

Le chef du gouvernement a souligné que ce Mécanisme est déjà opérationnel dans six pays pilotes de la sous-région. Mais c’est le Mali qui a eu l’honneur d’être le premier à inaugurer son Centre national le 14 octobre 2017. Le Premier ministre a estimé que ce rôle de pionnier dévolu à notre pays est une grande responsabilité, exhortant à cet effet les membres à redoubler d’ardeur pour être à la hauteur de cette responsabilité.

A l’issue de la rencontre qui s’est tenue à huis clos, le colonel-major Lassana Doumbia, directeur du Centre national pour la coordination du mécanisme d’alerte précoce et de réponse aux risques sécuritaires au Mali, a précisé que cette première session du conseil d’orientation et de suivi a examiné les orientations données au Centre, les projets de textes, le projet de budget et un projet de plan d’actions.

Il s’est dit comblé, car tous les points inscrits à l’ordre du jour ont été examinés, de même que les projets de textes et de budgets adoptés. Pour lui, le budget du Centre national pour la coordination du mécanisme d’alerte précoce et de réponse aux risques sécuritaires est de 615 millions Fcfa au titre de l’année 2020.
Après cette étape, le colonel-major Lassana Doumbia a précisé qu’il s’agit maintenant de développer le Centre, de mettre en place les délégués régionaux, les autres structures et recruter du personnel pour faciliter le travail aux experts qui travaillent sur les thématiques portant sur la gouvernance et les droits de l’Homme, la santé, la sécurité, la criminalité et le crime organisé ainsi que l’environnement. A noter que ce conseil d’orientation et de suivi présidé par le Premier ministre est composé de plusieurs membres du gouvernement, des acteurs de la société civile et des collaborateurs du chef du gouvernement.

Dieudonné Diama
L’ESSOR

Laisser une réponse