Mémorandum du M5-RFP : Les réserves du camp présidentiel

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Les partis et groupements de partis politiques proches du président de la République invitent les contestataires à la poursuite du dialogue pour parvenir à un terrain d’entente

«Une action qui s’apparenterait à un pronunciamiento, une proposition antidémocratique, antirépublicaine et anticonstitutionnelle qui n’est ni plus ni moins qu’une tentative déguisée de coup d’état, des propositions qui s’apparentent davantage à un schéma de conquête du pouvoir par des voies non constitutionnelles….». Ce sont, entre autres, les réactions qui ont fusé du camp de la majorité lorsque le mémorandum du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a été rendu public le 2 juillet dernier au cours d’un point de presse.

À travers ce mémorandum, le M5-RFP a exprimé son ouverture au dialogue tout en posant un certain nombre de conditions. Il s’agit, entre autres, de la dissolution immédiate de l’Assemblée nationale, de la mise en place d’un organe législatif de transition, du renouvèlement intégral des membres de la Cour constitutionnelle, la mise en place d’un gouvernement de Transition avec les caractéristiques ci-après : le Premier ministre est désigné par le M5-RFP, il ne peut être démis par le président de la République que dans les conditions prévues par la Charte de la Transition. Il forme son gouvernement en entier, nomme aux hautes fonctions nationales (administration, justice, forces armées et de sécurité…), etc.

Dès que ce document a été rendu public, les réactions de la classe politique ne se sont pas faite attendre. L’Action Républicaine pour le Progrès (ARP), dans un communiqué signé de son président Tièman Hubert Coulibaly, déplore que le «M5-RFP a cru devoir durcir le ton au moyen d’une série de propositions contraires aux valeurs de la République». L’ARP estime qu’à travers cette position radicale, le M5-RFP ferme plutôt la porte au dialogue.

Le regroupement politique dénonce toute action qui s’apparenterait à «un pronunciamiento et une mise à bas de la République ». Vu l’urgence de la reprise d’une action gouvernementale vigoureuse en faveur de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, contre le terrorisme et les conflits intercommunautaires artificiellement créés dans notre pays et en raison d’une situation économique et financière dégradée et aggravée par la pandémie de la Covid-19, l’ARP appelle à la « lucidité et à la sagesse». Elle dit continuer de croire aux avantages de la concertation et réitère avec insistance, son appel au M5-RFP à accepter la création d’un cadre de dialogue avec les forces politiques de la majorité présidentielle afin d’y discuter les offres politiques faites par le président de la République.

De son côté, la Convergence des forces républicaines (CFR), dans un communiqué de presse déclare avoir appris avec « étonnement et grande déception», le contenu de la proposition du M5-RFP lors d’un point de presse. La CFR dénonce énergiquement cette « proposition antidémocratique, antirépublicaine et anticonstitutionnelle qui n’est, ni plus ni moins, qu’une tentative déguisée de coup d’état et un appel à la violence», au moment où des négociations sont en perspective, grâce aux efforts de la communauté internationale et aux nombreuses médiations nationales.

La Convergence rappelle le caractère illégitime et illogique de la proposition du M5-RFP qui n’est fondée ni sur une représentativité issue d’élections, ni sur les lois de la République.

Aussi, la CFR constate le manque de bonne foi qui permettrait pourtant de faciliter le dialogue pour soulager le pays. Elle dénonce également l’amalgame que «tente cyniquement de créer le M5-RFP en associant la libération de l’honorable Soumaïla Cissé aux tentatives de déstabilisation» alors que les autorités sont fortement et sincèrement mobilisées pour qu’il retrouve les siens dans les meilleurs délais. Pour sa part, «Ensemble pour le Mali » regroupant les partis et regroupements politiques de la majorité présidentielle dit avoir appris par voie de presse, la diffusion d’un mémorandum par le M5-RFP qui résume les dernières propositions de ce regroupement pour sortir de la crise sociopolitique que vit notre pays. Il déclare avoir pris acte dudit mémorandum et regrette que sa proposition de création d’un cadre de dialogue lors de la rencontre du 23 juin n’ait eu aucune suite.

La majorité présidentielle dit être au regret de constater que le mémorandum contient « des propos désobligeants à l’égard du président de la République qu’ils jugent inacceptables ». Elle relève malheureusement que «la plupart des propositions contenues dans le mémorandum s’apparentent davantage à un schéma de conquête du pouvoir par des voies non constitutionnelles» que de propositions avec des chances réelles d’aboutir à l’apaisement du climat social et à une sortie de crise.

Dieudonné DIAMA

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