Migration clandestine : « Regret », un film poignant sur l’enfer que vivent les candidats au départ

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Le débat sur la migration fait fureur. Les pays du Nord, c’est-à-dire les pays développés (en tout cas certains l’ont clairement exprimé) n’entendent plus accueillir « la misère du monde ». Ils utilisent les gros moyens pour circonscrire le flux de migrants, mais les jeunes du continent africain continuent de braver tous les dangers et interdictions pour retrouver l’eldorado.
Dans le cadre de la sensibilisation des jeunes sur le péril de la migration clandestine, « Maïga Production », avec l’appui technique et financier de l’ambassade des Pays-Bas au Mali, a organisé, samedi dernier, au cinéma Babemba la projection d’un film intitulé : « Regret », en rapport avec la migration irrégulière. Le film retrace la mésaventure de 17 jeunes africains qui, comme des milliers d’autres, cherchent à migrer vers des pays où ils espèrent faire fortune.
Les sirènes du bien-être en Europe sont toujours attirantes pour une jeunesse africaine, désabusée par des politiques de développement pas toujours à leur avantage.
Le long métrage décrit la tragédie des migrants qu’on retrouve le plus souvent sans vie dans le Sahara et la Méditerranée. Ce film nous rappelle le risque d’emprunter le chemin sinueux de la migration clandestine ou déshumanisante pour ne pas dire traite négrière où les passeurs et les trafiquants de tout acabit ont pignon sur rue. Leur alchimie semble avoir encore de beaux jours devant elle.
On trouve dans le film, des scènes vraisemblables sur les négociations entre candidats naïfs et passeurs, militaires véreux et chauffeurs indélicats. Le document traite aussi du désarroi des migrants déchus sur les routes interminables et désespérantes et par un horizon sans issue.
« Regret » nous parle de la migration clandestine qui mine le continent africain et assombrit son avenir parce que le vidant de son moteur de développement : sa jeunesse. Des maisons en banco pour recueillir les candidats, aux routes dangereuses délimitant le Sahel et le Sahara, aux dunes de sables brûlantes, ce film présente des décors pittoresques dignes de l’histoire africaine, mais aussi des scènes tragiques à ne pas vivre. « Regret », c’est surtout l’histoire du menuisier Kouakou, du maître d’école Mohamed Kalifa de Kumasi (Ghana), du taximan Moutalib de Kano (Nigéria), de l’homme d’affaire Youssouf de Bamako (Mali).
Tous avaient une vie acceptable mais ont fini par succomber à la tentation de partir pour avoir une meilleure vie. Un seul d’entre eux survivra après avoir échappé à la mort à plusieurs reprises pour raconter l’enfer de la soif, de la faim, des vents de sable, des braquages et surtout de la mort atroce de ses compagnons d’infortune. Cette production de Oumar Almahmoud décrit le regret au bout de la tentation de partir vers une mort certaine.
Le chargé de communication de « Maïga Production », Youssouf Diallo a expliqué que le film  a été projeté à Ségou, Koulikoro, Mopti et Bamako. Pour lui, la migration irrégulière n’est pas une panacée. Il a lancé un cri de cœur aux dirigeants africains à prendre leurs responsabilités pour maintenir la jeunesse sur place.
Selon un spectateur, Ousmane Mahamadou Maïga, le « Regret » fait beaucoup réfléchir. Pour lui, l’auteur de cette réalisation cinématographique mérite d’être félicité pour son génie créateur. Ce travail peut sensibiliser beaucoup de jeunes à rester au pays et de se contenter de ce qu’ils gagnent ici. Après son premier film « Ir Ganda missay » en 2015, Oumar Almahmoud Maïga et ses collègues vont au-delà de la fiction pour rappeler aux pays africains l’immense défi de dessiner un avenir plus honorable pour la jeunesse.
Yaya DIAKITÉ

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