Mme Béatrice Eyong, représentante de l’ONU-Femmes résident au Mali : «240 millions de femmes sont aujourd’hui victimes des VBG»

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À l’occasion de la campagne de 16 jours d’activisme des Nations unies de cette année, nous nous sommes entretenus avec la représentante de l’ONU-Femmes au Mali, Mme Béatrice Eyong. Elle rappelle que la campagne de 16 jours d’activisme a été initiée par les Nations unies pour sensibiliser toutes les parties prenantes sur les effets néfastes des violentions basées sur le genre (VBG).

«Il y a des gens qui ne comprennent pas que les VBG sont une violation des droits de l’Homme», dit-elle, ajoutant que la communauté mondiale se doit d’écouter la voix et le vécu des victimes des VBG. «Elle se doit de prendre en compte leurs besoins, en particulier les victimes qui ont survécu à des violences », soutient-elle.

Pour Mme Béatrice Eyong, seule l’ignorance pousse une personne à exercer la violence sur une autre, car «elle ne sait pas que cette violence l’affecte elle-même. Cela montre que cette dernière a un manquement, le désir de vouloir se montrer que l’on est quelqu’un, à cause de sa force ou de sa position sociale», poursuit-elle.

Selon la représente résidente de l’ONU-Femmes, l’origine des VBG peut être sociale ou culturelle. «Une famille où le père bat la mère, les enfants sont tentés de reproduire la même chose plus tard», explique-t-elle, ajoutant que la mutilation génitale, considérée comme une forme des VGB, est une pratique culturelle. «Elle a de nombreuses conséquences qui affectent la jeune fille dans la vie conjugale et aussi au moment de l’accouchement», rappelle Béatrice Eyong. Une autre forme des VBG, renchérit-elle, est le mariage précoce. À ce propos, elle dira que 15% des femmes à travers le monde se sont mariées avant l’âge de 15 ans.

Pour la représente résidente de l’ONU Femmes, 240 millions de femmes au monde sont aujourd’hui victimes des VBG. Cette explosion de violence, précise-telle, est due au confinement. «Au Mali, le coronavirus a plutôt impacté sur le plan économique. Mais bien avant la pandémie, 45% des femmes ont fait savoir qu’elles subissent de violences», explique-t-elle.
Le thème national de la campagne de 16 jours d’activisme de cette année est : «Financez, intervenez, prévenez et collectez ». Pour Béatrice Eyong, ce thème est très important, car il prouve qu’il y a un lien entre les VBG et le développement économique et social.

Elle a fait savoir que 800.000 Maliennes vont entrer dans la pauvreté à cause de la maladie à coronavirus. «Selon une étude de l’ONU, 95% de femmes ont perdu leur capacité économique. Elles ne peuvent se relever d’elles-mêmes, alors qu’au moins 17% de femmes supporte la charge familiale, parmi lesquelles 66,6% sont des veuves qui se débrouillent avec des commerces», détaille-t-elle.

Mme Béatrice Eyong indique que pour la campagne de cette année, l’ONU-Femmes a décidé de renforcer les actions du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, à travers notamment l’organisation des sessions des activités de renforcement de capacités dans les régions et la sensibilisation sur le contenu de la future loi contre les VGB.

Maïmouna SOW

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