Mme Keïta Aïda Coulibaly : Une vie utile

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Peut-on survivre à la vie d’ici-bas ? La question suscite un débat d’écoles et ceux qui répondent par l’affirmative sont fondés à inciter les mortels que nous sommes à se rendre toujours utiles pour ne pas disparaître définitivement de la mémoire collective. «Mogô bè sa, togô tè sa». En traduction libre, on peut mourir mais rester dans la mémoire des autres pour les bienfaits accomplis.

Le cas de Mme Keita Aïda Coulibaly qui a écrasé son dernier souffle, le 9 mai dernier du fait de coronavirus, est très proche de çà. Nous l’avons rencontrée deux ou trois fois dans son salon feutré et nous en sommes toujours ressortis renforcer dans l’idée qu’elle était simplement humilité faite femme. Cette vieille dégageait une impressionnante sérénité avec une aptitude à rendre tout de suite une discussion intéressante.

Elle naquit un jour d’août 1935 à Tombouctou, la Cité des 333 saints, qui continue de se révéler au monde par son histoire et son patrimoine culturel. 24 ans plus tard, soit précisément en 1959, Aïda Coulibaly rencontrera celui qui allait prendre une si large place dans sa vie, son époux, Dr Abdoulaye Fadiala Keita. Après le bac obtenu au lycée de Jeunes filles de Bamako (actuel lycée Ba Aminata), elle entame des études d’assistance sociale et de droit à Marseille puis à Paris (en France). Ses deux parchemins en poche, Aïda Coulibaly pouvait donc se consacrer à aider les autres. Elle officiera à l’Association pour la formation des travailleurs africains migrants (AFTAM), un organisme français qui s’employait à donner aux immigrés un background pour qu’ils retrouvent, une fois de retour au bercail, une situation professionnelle.

Mme Keita Aïda Coulibaly prendra aussi sous bonnet, l’initiative de porter sur les fonts baptismaux le service social de l’ambassade du Mali pour les travailleurs en poste dans notre représentation diplomatique en France et répondre aux besoins de nos compatriotes de l’Hexagone. Après, elle posera ses valises dans le Service social d’aide aux émigrés (autre organisme français) où elle était en charge des émigrés et des femmes en situation de précarité. Ses 6 enfants et nombreux petits-fils, aujourd’hui, meurtris par sa disparition se rappellent de ses appels à l’union sacrée autour de, valeurs familiales et des vertus morales. Pour eux, la générosité et le sens inné de l’hospitalité et du partage de leur mère et grand-mère n’ont jamais été pris à défaut.

Bréhima DOUMBIA

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