Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion : FOCUS SUR LA SANTÉ MENTALE

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Selon les spécialistes, la grande majorité des troubles mentaux débutent avant l’âge de 14 ans. Mais dans la plupart des cas, ils passent inaperçus et ne sont pas traités
Le 10 octobre de chaque année consacre la Journée mondiale de la santé mentale. Mais pour des raisons de calendrier, l’événement a été célébré dans notre pays mercredi dernier au centre hospitalier universitaire (CHU) du Point G, précisément dans les locaux du service de psychiatrie. «Les jeunes et la santé mentale dans un monde en évolution», tel était le thème de cette journée dont la cérémonie était présidée par le directeur général adjoint du CHU du Point G, Dr Bréhima A Diallo, représentant le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. C’était en présence d’un représentant du ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Moussa Boubou Sissoko, de la marraine de la semaine, Princesse Belkiss El Ansari, du chef du service de psychiatrie, Arouna Togora et nombre d’invités.
La commémoration de la Journée intègre les activités de la 24ème édition du mois d’octobre, dédié à la solidarité et à la lutte contre l’exclusion dans notre pays. Il s’agit donc de créer le réflexe de la solidarité (qui reste une vertu essentielle de notre pays) et de l’entraide chez nos compatriotes pendant le mois d’octobre et au-delà. Il est aussi utile de mettre le mois d’octobre à profit pour engager la réflexion sur un certain nombre de préoccupations, comme les problèmes de santé publique, particulièrement la santé mentale. A l’entame de ses propos, le directeur général adjoint de l’hôpital du Point G  a expliqué que la santé mentale reste une composante essentielle de la santé globale qui, selon lui, est un état complet de bien-être physique, mental et social, ne consistant pas seulement à l’absence de maladie ou d’infirmité. «Il ne saurait y avoir de santé, sans santé mentale. C’est elle qui garantit notre humanité, et la bonne santé mentale est tributaire d’un bon soin corporel et d’un environnement social équilibré», a-t-il affirmé. Par ailleurs, le DGA de l’établissement hospitalier situé sur les hauteurs de la capitale a fait savoir que la majorité des troubles mentaux peut être traitée et guérie, voire même prévenue si l’on adopte une bonne hygiène de vie, c’est-à-dire s’abstenir de tout abus, surtout de substances nocives, avoir une alimentation saine et équilibrée. Il rappelle aussi la nécessité de pratiquer une activité physique, sportive ou de loisir, réalisant ainsi l’adage: «un esprit sain dans un corps sain». Et le directeur adjoint de remercier l’Etat à travers le département de la Santé et de l’Hygiène publique et celui de la Solidarité et de l’Action humanitaire pour les efforts consentis en faveur de la promotion de la santé mentale. Quant à la marraine de la semaine, elle a souligné que le thème de la Journée est interpellateur, car s’adressant à une couche importante du capital humain et sur un besoin spécifique qui doit mériter l’attention de tous. Elle a ajouté que la jeunesse est exposée à des pratiques et comportements néfastes qui peuvent influer sur sa santé mentale et entrainer des situations irréversibles et des conséquences certaines sur le développement du pays.
En tant que femme, Princesse Belkiss El Ansari a adressé un cri de cœur aux parents, communautés et décideurs pour qu’ils se penchent sérieusement sur la problématique. «La santé mentale est d’actualité et en même temps inquiétante pour la génération future», a-t-elle souligné. «J’invite par conséquent la communauté, d’abord à la non stigmatisation de cette pathologie, mais aussi à la mobilisation dans un élan de solidarité pour répondre aux besoins des personnes souffrant de maladies mentales», a conclu la marraine de la semaine.
De son côté, le chef du service de psychiatrie de l’hôpital du Point G a relevé que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé que l’adolescence et les premières années de la vie adulte sont une période où de nombreux changements se produisent, notamment les études, l’entrée à l’université ou dans la vie active, voire la création d’une cellule familiale. Et le praticien hospitalier de dire que pour beaucoup de jeunes, ces périodes peuvent être synonymes de stress et d’appréhension. Il a aussi indiqué que la grande majorité des troubles mentaux débutent avant l’âge de 14 ans mais que dans la plupart des cas, ils passent inaperçus et ne sont pas traités.
Au menu de la cérémonie, il y avait aussi des jeux de kermesse et un match de football entre malades mentaux. En outre, «la troupe psy», une troupe théâtrale des malades atteints de problèmes de santé mentale, a présenté un sketch en vue de sensibiliser les autorités compétentes sur les causes et conséquences de ces pathologies chez les jeunes.
 
 
Mohamed Z.
DIAWARA

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