Monnaie unique de la Cedeao : PAS DE CHANGEMENT DE PARITÉ AVEC L’EURO

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Après la clôture de la 21è session de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa, le président Alassane Ouattara, président en exercice de l’Union, a animé une conférence de presse pour annoncer qu’il n’y aura pas de changement de parité entre l’Eco (la future monnaie unique de la Cedeao) et l’Euro. « Le 29 juin dernier, nous avons décidé à l’unanimité à Abuja que la monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’appellera l’Eco et c’est dans ce cadre que nous travaillons», a indiqué le président ivoirien, soulignant qu’une monnaie unique commune demande des critères de convergence. Les pays de l’Uemoa travaillent dans ce sens. « Nous souhaitons qu’en 2020, nous soyons en mesure de respecter tous les critères de convergence et à partir de là, nous verrons avec les autres pays notamment, ceux non membres de l’Uemoa, comment nous devons continuer d’évoluer », a-t-il ajouté.
Parlant des critères de convergence, Alassane Ouattara dira qu’au niveau de la Cedeao, il y a des critères de premier plan qui concernent l’inflation, le déficit budgétaire, le financement de la Banque centrale et la dette publique. Le président ivoirien a estimé que les plus importants sont les critères de premier plan que la quasi-totalité des pays de l’Uemoa remplissent, mais pas totalement. « Nous sommes aux alentours de 4% en matière de déficit budgétaire sur le PIB. Mais notre objectif est d’être à 3% en 2019. Nous pensons que les autres pays sont en train de faire des efforts équivalents pour qu’en 2020, nous soyons tous à l’intérieur de ces critères et que nous puissions les respecter pour nous donner la perspective d’aller vers la monnaie unique dans les plus brefs délais », a-t-il laissé entendre.
Le conférencier a aussi précisé que si l’Eco devait venir à exécution ou à adoption en 2020, il n’y aura pas de changement de parité entre le Franc cfa devenu Eco et l’Euro. « Aujourd’hui, le taux de change de l’Euro par rapport au Franc cfa est 655,9. Si les chefs d’Etat décidaient l’année prochaine de changer le Franc cfa en Eco parce que nous avons respecté tous les critères de convergence, ce taux ne changerait pas dans l’immédiat », a insisté le président en exercice de l’Uemoa, qui a souhaité qu’en plus des pays de l’Union, d’autres puissent s’adjoindre à l’occasion de la mise en œuvre de cette monnaie commune.
Selon le président Ouattara, le taux de change fixe du Franc cfa vis-à-vis de l’Euro a bien servi les économies, leur permettant de maitriser l’inflation, d’avoir des taux de croissance les plus élevés du continent. Mais aussi d’améliorer la gouvernance dans tous les secteurs et surtout d’assurer de meilleures conditions de vie pour les populations. Se référant à l’Euro qui a commencé avec onze pays pour atteindre vingt-sept une dizaine d’années plus tard, le président ivoirien a souligné que le processus au niveau de l’Eco prendra également du temps.
En ce qui concerne le volet sécuritaire, il a rappelé que c’est un défi important dont les chefs d’Etat ont longuement discuté lors de cette session. Ils se sont donc accordés sur l’organisation d’un sommet extraordinaire de la Cedeao comprenant tous les pays de l’Uemoa à Ouagadougou le 14 septembre prochain pour mieux coordonner les efforts, les services de renseignement, les interventions. Mais également toutes les mesures nécessaires pour combattre l’extrémisme et le terrorisme. « Nous considérons que c’est une synergie et qu’il ne suffit pas de s’en tenir au G5 Sahel ou à la Minusma, mais qu’il faut l’ensemble des pays de la Cedeao et inclure les pays du lac Tchad comme le Tchad et le Cameroun qui doivent être avec nous dans cette coalition », a expliqué le président Ouattara. Pour ce faire, dira-t-il, les chefs d’Etat ont demandé aux ministres de la Défense et de la Sécurité d’approfondir ce travail et de leur faire des propositions en septembre prochain à Ouagadougou pour qu’ils puissent présenter leur rapport à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies en fin septembre à New-York.

Envoyé spécial
Dieudonné DIAMA

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