Mopti : JOURNÉE DE PLAIDOYER CONTRE LE PALUDISME

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Une vue des participants lors de l’ouverture des travaux de la rencontre


Au Mali, malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics et les partenaires et les résultats probants obtenus en matière de lutte contre le paludisme, cette maladie demeure un problème majeur de santé publique représentant 32% des motifs de consultation. Selon les données du SLIS en 2017, il a été enregistré dans la Région de Mopti, 164.816 cas de paludisme confirmés pour 508 décès, soit une létalité de 11,33 pour mille contre un taux national de 0,05 %. Le constat à l’unanimité est que ce sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes qui payent le plus lourd tribut. Pour inverser cette tendance, l’Etat multiple les initiatives et les stratégies de lutte, dont l’institutionnalisation de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme couplée à la semaine nationale, dont le thème retenu cette année est «En finir pour de bon avec le paludisme».
En ce début d’hivernage, la région avec les partenaires entend animer cette semaine pour briser la chaîne de transmission du palu. C’est dans ce cadre que le projet USAID/Kènèya Jèmu Kan antenne de Mopti en collaboration avec la direction régionale de la Santé (DRS) a organisé le vendredi 22 juin dernier une journée de plaidoyer à l’attention des décideurs, des organisations de la société civile, des acteurs intervenant dans le domaine de la santé et des hommes de médias. L’activité qui s’est déroulée dans la salle de réunion de la DRS avait pour objectif de renforcer la mobilisation sociale autour des stratégies de lutte contre le paludisme et raffermir la sensibilisation auprès des communautés et des ménages sur l’importance de la prévention et la prise en charge correcte et rapide du paludisme. La cérémonie d’ouverture a été marquée par les discours du maire de Mopti, Badou Maïga, de la coordinatrice de KjK, Dr Mariam Diancoumba, du représentant du directeur régional de la Santé, Dr Félix Diarra. Ensuite, Dr Dramane Coulibaly, chef de division santé a fait, une communication sur la situation épidémiologique du paludisme en Afrique, au Mali et en particulier dans la Région de Sikasso.
Dr Coulibaly a introduit sa présentation par la définition du paludisme qui est «une maladie fébrile due à un parasite du genre plasmodium et qui se transmet habituellement par la piqûre de moustique (anophèle femelle infectée)». Parlant de l’incidence de cette maladie invalidante, il soulignera qu’elle est la première cause de l’absentéisme en milieu scolaire et de déperdition. Selon lui, le paludisme grave est cause de 45,7% des décès chez les enfants de moins de 5 ans et son incidence sur l’économie du pays est estimée à 81 milliards Fcfa par an avec environ 21.049 Fcfa pour la prise en charge d’un cas grave de palu. Il est aussi responsable à 30% de faibles poids de naissance évitables et de 3 à 5% de la mortalité infantile. La présentation a aussi fait ressortir les stratégies de lutte contre le paludisme appliquées par le Mali qui s’inspirent fortement des recommandations prônées par l’OMS au niveau mondial. Ces dernières sont, entre autres, la prévention, la prise en charge des cas et la gestion des épidémies. Au niveau des stratégies de soutien figurent la communication, la recherche opérationnelle et le suivi et évaluation.
Le présentateur a mis un accent particulier sur les mesures préventives individuelles et collectives axées fondamentalement sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée (MILD), la pulvérisation intra domiciliaire (PID), l’assainissement du milieu et les méthodes de lutte physique qui consistent à détruire les lieux de reproduction des anophèles et d’autres moustiques. Selon lui, la mise en œuvre de ces stratégies requiert une forte implication des communautés. Dr Coulibaly a lancé un appel pressant à l’assistance pour qu’une solution soit trouvée au problème de manque de suivi des consultations prénatales. Il a été révélé qu’en 2017 sur les 87,22% de femmes enceintes vues en CPN1 et ayant reçu une MILD seulement 27,3% ont reçu 3 doses de TPI. La gratuité du traitement chez la femme enceinte et les enfants de moins de 5 ans, la gratuité des tests de diagnostic rapide (TDR) pour toute la population, la subvention des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) pour les autres couches de la population, le traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes, la gratuité des Mild lors des consultations prénatales et la vaccination des enfants, la campagne de distribution gratuite de Mild sont des actions salvatrices du gouvernement que les communautés doivent accompagner par un changement de comportement pour faire reculer le paludisme, a souhaité Dr Mariam Diancoumba.
Auparavant, Dr Félix Diarra a fait observer une minute de silence en la mémoire du Pr Ogobara Doumbo qui a consacré sa vie à la recherche d’un vaccin, dont la phase 1 suscite un espoir de protection de 100 % d’après les premiers résultats.
Dramane
COULIBALY
AMAP-Mopti

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