Mopti : PADIN II capitalise ses succès

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Les bénéficiaires ont unanimement salué les résultats obtenus

Après cinq ans d’intervention et trois prolongations, les acteurs ont fait le point des résultats engrangés par le projet

La salle de conférence de la Chambre de commerce et d’industrie de Mopti a abrité les 25 et 26 juin derniers l’atelier de capitalisation des expériences du Programme d’aménagement du delta intérieur du Niger (PADIN II). Lancé en 2013 pour une durée de cinq ans et quatre mois, PADIN II s’était fixé comme objectif d’améliorer les conditions de vie de 20.000 ménages, dont 120.000 agropasteurs et pêcheurs nomades et sédentaires du delta intérieur du Niger et du Sourou. Cela à travers l’augmentation de leur production agricole et le développement d’activités durables afin de renforcer leur résilience en lien avec la protection de l’écosystème.

Cet important projet de développement qui touche à sa fin a été conjointement ficelé par Care international au Mali, la direction nationale du génie rural et le gouvernorat de la Région de Mopti. Il a bénéficié du financement de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas au Mali. Exécuté dans 24 communes de 4 cercles de la région, PADIN II a été mis en œuvre par Care international au Mali en partenariat avec les ONG partenaires AFAR dans le Cercle de Djenné, AMPRODE Sahel à Ténenkou, GRAT dans le Cercle de Mopti et Ya-G-Tu dans la circonscription de Bankass. L’objectif principal de cet atelier, une des dernières activités de PADIN II, était de contribuer à une meilleure connaissance des acquis à travers une revue de sa mise en œuvre, faire le bilan des succès, les échecs et les leçons apprises, les documenter en vue d’orienter et conseiller les futurs intervenants dans la région.

Aux termes des cinq années d’intervention (2013-2018) et de trois phases de prolongation, janvier 2019-juin 2020) d’importants résultats ont été engrangés. Parmi les réalisations on peut citer, entre autres, l’aménagement de 10 nouveaux petits périmètres irrigués villageois (PPIV) totalisant 307 hectares, la réalisation de 57 hectares de jardins maraîchers au profit des femmes, la formation de plus de 1.600 auditeurs en alphabétisation fonctionnelle (fulfuldé, bamanakan et bozo). Dans le même registre, on note également la construction et l’équipement de 3 centres de collecte et de transformation de lait, la mise en place et le renforcement de capacités de la Fédération régionale de transformation de lait (FERLAIT) Mopti. Une des actions phares de PADIN II, a été la réhabilitation de la digue de protection de la ville de Mopti et son éclairage. Cette initiative était vivement souhaitée par les populations de la Venise.

La cérémonie de l’atelier, placée sous la présidence du conseiller aux affaires économiques et financière, du gouverneur de la 5è Région, Ousmane Diallo, a enregistré la participation de nombreuses personnalités, dont le représentant du directeur de Care international au Mali, Abdoulaye Moussa Touré, le vice-président de la Chambre régionale d’agriculture de Mopti, Djider Kelly, les représentants des services techniques de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage, du génie rural et de la recherche agronomique. L’équipe technique de la coordination de PADIN II, dont le chef du programme, Daouda Traoré, les maires et les responsables des organisations communautaires de base bénéficiaires de la zone d’intervention du programme étaient également présents à la rencontre.

Le maire de Diafarabé, Lamine Djiré, représentant son collègue de Mopti, a salué les acteurs de mise en œuvre du Programme avec un hommage soutenu à l’ambassade du Royaume des Pays-Bas à travers Care international. Il a souligné que le projet, au cours de sa mise en œuvre, a réalisé des aménagements hydroagricoles d’importance capitale pour la Région de Mopti en général, et les Cercles de Mopti, Djenné, Bankass et Ténenkou en particulier. Lamine Djiré a rappelé que l’atelier se tient au moment où la Région de Mopti à l’instar de tout le pays, est frappé par une insécurité chronique aggravée par la pandémie de la Covid-19. Il a saisi l’opportunité pour réitérer ses vifs remerciements à tous les amis du Mali pour l’élan de solidarité et le soutien, dont ils ont bénéficié pendant cette période difficile avant d’inviter ses pairs au respect des mesures barrières, seul remède pour la protection individuelle et collective contre la pandémie.

Abdoulaye Moussa Touré, de son côté, a adressé ses remerciements à l’ambassade du Royaume des Pays-Bas au Mali, au gouvernement à travers la direction nationale du génie rural, au gouvernorat de Mopti, à l’ensemble des ONG partenaires et aux communautés bénéficiaires pour la synergie d’actions et l’accompagnement. Certes, des résultats satisfaisants ont été obtenus, il y a certainement eu des échecs et des contraintes majeures. « Je vous exhorte à mettre l’accent sur ces points critiques pour mieux orienter les nouveaux intervenants », a-t-il conclu. Daouda Traoré a relevé que le projet a été confronté à 3 difficultés majeures qui ont été présentées aux acteurs pour une analyse approfondie. Ces difficultés sont les problèmes fonciers ayant souvent conduit à l’abandon de certains sites, l’insécurité entraînant la restriction de déplacement et l’accès difficile de certaines localités de la zone d’intervention au début de la crue et la fin de l’hivernage.

Ousmane Diallo a souligné que PADIN II a atteint des résultats éloquents en matière de production rizicole, maraîchère, piscicole, laitière. Ces succès ont fait de ce programme, une des initiatives pilotes de la Région de Mopti. Avec ces acquis, il s’est pleinement inscrit dans le programme global de développement du Mali à savoir l’autosuffisance alimentaire, la lutte contre la pauvreté, la création d’emplois et de richesses un rempart à l’émigration clandestine et au radicalisme violent. Il a joint sa voix à celle de ses prédécesseurs pour remercier Care international et son partenaire financier l’ambassade du Royaume des Pays-Bas pour son appui et les efforts inlassables qu’elle ne cesse de déployer pour le développement rural harmonieux du Mali. Il a félicité les ONG de mise en œuvre pour la réussite du programme.

Au nom des bénéficiaires et acteurs de mise en œuvre, Mme Korka Dolo de la direction régionale de la pêche et Lamine Djiré, maire de Diafarabé ont salué la mise en œuvre du programme en synergie avec toutes les personnes concernées et dans la plus grande transparence. Après une fructueuse collaboration, la séparation n’est pas facile surtout au moment où les besoins restent encore énormes du fait des effets du changement climatique, l’insécurité rampante et d’autres facteurs endogènes et exogènes.

Dramane COULIBALY
Amap-Mopti

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