Moussa Ag Acharatoumane : «NOTRE ADHÉSION À LA PLATEFORME S’INSCRIT DANS LA LOGIQUE D’UNE NOUVELLE IMPULSION À LA MISE EN ŒUVRE DE L’ACCORD »

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Acteur de premier plan du processus de paix dans notre pays, le secrétaire général du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), Moussa Ag Acharatoumane, vient de rejoindre la Plateforme du 14 juin 2014. Dans l’entretien qui suit, il s’exprime sur les raisons qui ont motivé son adhésion à la Plateforme. Le secrétaire général du mouvement politico-militaire, créé le 2 septembre 2016, aborde également des questions d’actualité comme la prochaine tenue du Dialogue politique inclusif, les difficultés liées à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, la crise interne qui secoue actuellement la Plateforme et les regrettables incidents qui se sont déroulés à Kidal la semaine dernière.

Moussa Ag Acharatoumane explique que les raisons de l’adhésion du MSA à la Plateforme sont multiples. Il cite en premier la dynamique locale, parce que dans toute la Région de Ménaka et une partie de celle de Gao, le MSA et le Gatia (Groupe autodéfense touareg imghad et alliés) ont initié un certain nombre d’actions aussi bien sur le plan sécuritaire que politique pour faire en sorte que l’Etat, l’administration et les services sociaux de base puissent être au plus près des populations. De même, poursuit-il, les deux organisations collaborent pour que la sécurité des personnes et de leurs biens soit préservée.
Aux dires de Moussa Ag Acharatoumane, l’adhésion à la Plateforme, est une manière de se conformer aux règles établies depuis la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. « Compte tenu de tout ce qu’on a fait sur le terrain, il était donc extrêmement important et utile à ce qu’on fasse un pas en avant; et éventuellement se retrouver au sein d’une partie pour valoriser ce travail local, et faciliter aussi à la médiation internationale, au gouvernement et aux différents partenaires la continuité de la logique qui a déjà été mise en place », justifie-t-il.
Par ailleurs, poursuit-il, la vision que partage la Plateforme d’un Mali uni, réconcilié, en paix avec lui-même, avec toutes ses couches, justifie et consolide l’arrivée du MSA au sein de ce regroupement. A ce titre, Moussa Ag Acharatoumane insiste qu’il est important de donner une autre image des mouvements que celle de la violence, de l’opposition inutile aux autorités maliennes et à certains partenaires. « Il s’agit de créer un lien aujourd’hui avec le gouvernement pour une synergie et une complémentarité dans nos actions, afin de relever les défis en aidant aussi tous ceux qui sont à nos côtés pour ramener la paix. C’est l’ambition de réaliser ces objectifs qui motivent également notre entrée dans cet ensemble », explique-t-il.
Sur la question de la crise interne au sein de la Plateforme, Moussa Ag Acharatoumane estime que le regroupement connaît des problèmes comme toute autre organisation. «Effectivement, la Plateforme connaît une crise interne, concède-t-il, révélant que la médiation internationale s’est saisie du dossier, de commun accord avec les acteurs concernés, afin de trouver une issue favorable. Nous espérons qu’une solution sera trouvée rapidement pour que l’ensemble de ces acteurs puisse continuer à s’impliquer dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord. Parce que c’est la raison d’être de tous ces ensembles là et il est extrêmement important qu’on s’attelle à cette tâche », souligne notre interlocuteur. Il ajoute que l’arrivée du MSA au sein de cet ensemble est dans la logique de donner une nouvelle impulsion et une accélération à la mise en œuvre de l’Accord.
Pour ce qui est du sujet se rapportant aux difficultés liées à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, le secrétaire général du MSA est d’avis qu’il y a un retard dans l’application du texte, à tel point que les gens doutent de son application. Toutefois, il pense qu’il n’existe pas une autre alternative pour le retour de la paix dans notre pays. Il exhorte tous les acteurs à aller dans ce sens. Il faut, recommande Moussa Ag Acharatoumane, que toutes les parties, y compris la médiation, y mettent de la bonne foi, de la bonne volonté pour que le processus puisse avancer.
Pour le leader du MSA, la révision constitutionnelle peut donner une nouvelle impulsion à l’Accord, en vue de la prise en compte d’un certain nombre d’aspects sur le plan politique, de l’armée reconstituée, des zones de développement prioritaire pour les régions du Nord. Pour cela, préconise le secrétaire général du MSA, il faut d’abord une harmonie entre les parties maliennes. « Parce que cet accord est fait pour le Mali, la responsabilité de sa mise en œuvre revient d’abord aux Maliens », martèle-t-il.
Au sujet des actes d’outrage contre les symboles de l’Etat à Kidal la semaine dernière, le leader du MSA estime que cela ne donne une bonne image ni de cette région, ni de ses populations. Il joint sa voix au concert des condamnations qui a accueilli ces actes.
Par ailleurs, sur la question du Dialogue politique inclusif, Moussa Ag Acharatoumane affiche un certain optimisme quant à l’utilité de l’initiative. Il y a un certain nombre de questions sur lesquelles il va falloir que les Maliens, d’une manière générale, s’expriment, argumente-t-il en citant la révision constitutionnelle, la mise en œuvre de l’Accord, les problématiques liées à la sécurité qui nécessitent des réponses, des visions et des analyses rapides en vue de trouver des solutions idoines. « On attend beaucoup de ce Dialogue en espérant aussi que toutes les couches de la société malienne puissent y participer d’une manière utile. Que chaque Malien puisse s’exprimer sur les maux qui gangrènent et qui traversent notre pays actuellement, pour essayer de trouver des solutions, afin que la paix et l’harmonie puissent revenir dans notre pays et que les populations puissent vaquer à leurs occupations », développe le leader du MSA.
« Mon souhait le plus ardent est que la paix puisse revenir au Mali. Mais pour cela, il va falloir qu’on compte d’abord sur nous-mêmes, sur nos capacités, sur notre volonté à vouloir cette paix, sur notre capacité à nous réconcilier, sur notre force à mettre au dessus de certaines considérations », confie Moussa Ag Acharatoumane qui pense que nous devons mettre l’essentiel en avant et nous battre pour la paix, la réconciliation entre toutes les populations, sans distinction.

Massa SIDIBE

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