Moussa Doumbia, directeur du stade Abdoulaye Makoro Sissoko : «Notre ambition est d’offrir un cadre idéal de pratique sportive aux populations de la région de Kayes

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L’Essor : Pouvez-vous nous faire l’historique du stade Abdoulaye Makoro Sissoko ?

Moussa Doumbia : Le Stade Abdoulaye Makoro Sissoko a été construit à l’occasion de la CAN 2002 qui s’est déroulée au Mali. Le choix a été porté sur la ville de Kayes pour abriter certaines rencontres de cette compétition. Les travaux de construction de cette infrastructure ont démarré en avril 1999 et se sont achevés en décembre 2001.Mais, c’est le 10 janvier 2002 que le stade a été inauguré, en présence du ministre de la Jeunesse et des Sports d’alors, Ousmane Issoufi MaÏga. Le premier match que le stade a abrité a été la rencontre amicale entre le Mali et la Zambie (1-1, ndlr).

L’Essor : En regardant de loin l’imposant stade Abdoulaye Makoro Sissoko, le visiteur a envie d’y entrer. Mais à l’intérieur, la situation n’est pas reluisante. Comment expliquez-vous cet état de fait ?

Moussa Doumbia : Pour commencer, je voudrai d’abord dire merci à L’Essor d’avoir pensé à nous rencontrer pour échanger et faire partager avec le public notre quotidien, au stade Abdoulaye Makoro Sissoko. Ce que vous dites est bien réel. Quand vous regardez le panorama du stade, c’est réjouissant. Mais quand vous y entrez, l’impression change. Cela est du aux difficultés que nous rencontrons. Effectivement le stade a besoin de rénovation pour la simple raison que depuis sa construction en 2001 jusqu’à nos jours, l’arène n’a pas été rénovée. Or, il y a les intempéries et l’usage du stade au quotidien. Normalement, quand un stade atteint 17 ou 18 ans, il peut se dégrader.
Il y a également un manque des ressources humaines et financières. L’état fait des efforts dans ce sens pour l’entretien du stade mais cela ne suffit pas. Les ressources additionnelles issues des activités artistiques culturelles et sportives s’amenuisent. Aujourd’hui, le stade Abdoulaye Makoro Sissoko n’est plus le seul centre d’attraction de la ville. Je prends l’exemple sur les ateliers et séminaires que le stade abritait avant et qui constituaient une petite rentrée d’argent. Aujourd’hui, la plupart des services ont une salle de conférence et organisent leurs activités dans leurs propres locaux. Le peu que nous avons ne suffit pas pour satisfaire nos besoins, d’où la déception du visiteur quand il voit l’état de la pelouse et des parterres pendant les mois de mars et avril.

L’Essor : Avez-vous une ligne de crédits ? Est-ce qu’on peut avoir une idée de la subvention que l’état vous accorde par an ?

Moussa Doumbia : La tendance aujourd’hui avec les pouvoirs publics, c’est le Partenariat-Public-Privé (PPP). Avec cette politique, les stades cessent d’être un fardeau pour l’état. Compte tenu de l’urbanisation de la ville et de la démographie galopante, les ressources additionnelles s’amenuisent. En se basant sur les notifications et ressources additionnelles, on se rend compte que cette politique (PPP, ndlr) ne suffit plus pour entretenir une infrastructure sportive digne de ce nom. Tout le monde est conscient que l’état fait des efforts pour rendre opérationnels les stades dont la vocation est d’offrir un cadre de pratique sportive, de loisirs et de détente publique aux populations de Kayes.

L’Essor : Depuis quelques temps, on constate que le Stade Abdoulaye Makoro Sissoko abrite peu de compétitions. Y-a-t-il une explication à cette situation ?

Moussa Doumbia : Il y a deux, voire trois explications. La première explication, c’est l’absence de Kayes en championnat national, Ligue 1 et la deuxième, la crise du football qui a duré quatre ans. On peut ajouter à ces facteurs le fait que la plupart des activités des ligues et associations sportives sont organisées maintenant sur les terrains secondaires de la ville. Ici, il y a des centres de football, d’athlétisme, de basket-ball, de tennis et d’arts martiaux et tous ces centres organisent leurs activités sur leurs propres sites ou sur les terrains secondaires.

L’Essor : Que faites-vous pour inciter les associations sportives locales à venir organiser leurs activités au stade ?

Moussa Doumbia : Le stade Abdoulaye Makoro Sissoko est le plus site de la Région de Kayes et cela doit être la motivation des dirigeants sportifs et des athlètes. Cela dit, nous œuvrons quotidiennement pour encourager les gens à venir au stade. Les équipes viennent souvent ici sous le couvert de leur fédération, à l’image de la Fédération malienne de football avec laquelle nous avons signé un partenariat. Aussi, le stade abrite chaque année tous les matches de la coupe du Mali et du championnat national. La plupart du temps, les équipes de basket-ball viennent également loger ici. Au passage, je précise que le stade a un centre de football, de basket-ball, de handball et d’athlétisme. Les pensionnaires du centre participent à presque toutes les compétitions nationales et nos jeunes handballeurs ont même remporté le championnat national 2019. Je rappelle également que Cheik Diallo qui évolue depuis quelques années en NBA, a fait ses débuts dans notre centre de basket-ball. Donc, en réalité, nous avons d’excellents rapports dans ce sens avec les centres et les équipes, puisque la plupart de ces clubs que les fédérations nous envoient, sont hébergées au stade. Nous envisageons, dans le cadre du partenariat public-privé, de réaliser au stade un cadre plus attractif par l’amélioration de la qualité des équipements existants et l’élargissement de l’éventail du matériel.

L’Essor : Souvent on entend dire que la location du stade est gratuite. Est-ce vrai ?

Moussa Doumbia : Ceux qui disent ça n’ont pas la bonne information. Ces personnes estiment que le stade doit être gratuit parce qu’il appartient à l’état. Le stade Abdoulaye Makoro Sissoko, comme les autres stades du pays, est régi par les arrêtés interministériels. Si vous leur expliquez cela, ils sont très surpris. Certains ne savent même pas que le stade est un service public dirigé par une administration. Pour d’autres, c’est un simple lieu où on vient faire le sport. à mon avis, c’est un problème de déficit d’information. La population n’a pas suffisamment d’informations. Le problème existe même au niveau de l’administration où certains services pensent que le stade est géré par la Direction régionale de la jeunesse et des sports (DRSJ). Ils ignorent que le stade a sa propre direction, raison pour laquelle ils s’adressent à la DRJS quand ils veulent organiser des activités ici.

Interview réalisée par

Bandé Moussa
SISSOKO
Amap-Kayes

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