Mouvement du 5 juin : Deuxième vendredi de contestation à Bamako

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Comme le 5 juin dernier, date de la dernière manifestation, la chaleur suffocante n’a pas découragé les manifestants. Encore moins la menace du coronavirus. Ce vendredi, comme annoncé par les leaders du Mouvement du 5 juin Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur le boulevard de l’Indépendance de Bamako pour réclamer le départ du régime en place.

Sous le chaud soleil, toutes les astuces sont bonnes pour s’abriter. Certains manifestants s’aspergeaient d’eau fraîche pendant que d’autres cherchaient des coins d’ombre pour s’abriter. Des chants, des danses et des multiples va-et-vient agrémentaient la manifestation. Les vendeurs d’eau, de boissons, de vuvuzela, de tee-shirts ayant aussi investi les lieux se frottaient les mains. Il en est de même pour des gérants de multiples parkings improvisés tout autour du boulevard.

Depuis la matinée, certains manifestants, parmi les plus déterminés étaient sur place. Comme la fois précédente, un imam a même officié la prière du vendredi sur au boulevard. A entendre les manifestations, les raisons du mécontentement sont multiples. En plus de la démission du président de la République, de l’augmentation du prix engrais, les manifestants dénonçaient la question de la corruption, de l’insécurité, de l’organisation des dernières législatives. Ces doléances les ont amener à répondre à l’appel lancé par plusieurs hommes politiques rassemblés autour l’Imam Mahmoud Dicko.

Ces leaders étaient visibles sur une tribune installée pour l’occasion. Des personnalités connues de la scène politique étaient sur place. On pouvait apercevoir, entre autres le Dr Oumar Mariko, Choguel Maiga, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé ou encore Mme Sy Khadiatou Sow. Cheick Oumar Sissoko, cinéaste et ancien ministre de Culture s’est adressé en premier à la foule. Suivi par Issa Kaou N’djim, autre leader du mouvement. Les deux ont réaffirmé les raisons de la mobilisation, en proposant aux manifestants d’aller au Palais de Koulouba pour l’occasion.

Mahmoud Dicko, prenant la parole en dernière position, va calmer les ardeurs. Il demandera que des représentants désignés se rendent à Koulouba et non toute la foule. Il a rappelé l’engagement pris sur l’honneur de tenir une manifestation pacifique. « On ira chez personnes pour vandaliser », a-t-il lancé. Au retour des émissaires envoyés à Koulouba, l’Imam demandera à la foule de rentrer pacifiquement à la maison et d’attendre le nouveau mot d’ordre.

M. TOURÉ

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