Mutilations génitales féminines et excision : Mettre le holà

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Il ressort des explications d’experts que les MGF sont des pratiques néfastes à la santé sexuelle et reproductive de la femme

Il y a urgence et nécessité d’intensifier les campagnes d’information, de sensibilisation voire de formations sur ces pratiques néfastes qui peuvent altérer la santé sexuelle reproductive

La Journée internationale de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines a été célébrée hier dans notre pays sous le thème : «Investir dans les adolescents, filles et garçons, à travers la formation et l’information, afin d’assurer l’atteinte de l’objectif tolérance zéro aux mutilations génitales féminines en 2030».
La cérémonie était présidée, à Safo, par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Dr Diakité Aïssata Kassa Traoré.
C’était en présence de la présidente du Collectif des femmes pour l’éducation, la santé familiale et l’assainissement Yiriwaton (Cofesfa YT), Mme Konaté Amina Diarra, de la représentante de l’ONU-Femmes, Béatrice Iyam, du représentant de la maire de Safo, Guindo Traoré et de nombreux invités.
Il ressort des explications d’experts que les mutilations génitales féminines sont des pratiques néfastes à la santé sexuelle et reproductive de la femme.
La Journée internationale, célébrée depuis 2004, représente une opportunité de mobilisation des gouvernements, du système des Nations unies, des organisations de la société civile et des personnes de bonne volonté contre les mutilations génitales féminines, y compris l’excision. C’est aussi l’occasion de faire des projections sur les actions à mener pour circonscrire ces pratiques néfastes d’ici l’horizon 2030.
La célébration de la journée offre également la possibilité de renforcer l’information et la formation des adolescents (filles et garçons) sur les violences basées sur le genre et sur leurs droits sexuels et reproductifs en vue d’accroître leurs capacités d’exercer leurs droits et de réaliser leur plein potentiel en termes de santé, d’éducation et de revenus.
L’objectif est aussi d’encourager l’investissement dans le renforcement de capacités des adolescents pour accélérer l’abandon de la pratique des mutilations génitales féminines. Quatre localités à savoir : Somabougou, Tassan, Torodo et Safo auraient abandonné la pratique de l’excision grâce à la Cofesfa.
La ministre Dr Diakité Aïssata Kassa Traoré a expliqué que l’ampleur et les conséquences médicales, psychologiques, juridiques des mutilations y compris l’excision restent des préoccupations majeures, pour son département. «Elles constituent aussi des défis auxquels nous devons faire face», a-t-elle ajouté.
Les données de l’Enquête démographique et de santé (EDSM-VI de 2018) montrent que 73% des filles de 0 à 14 ans, et 89% des femmes de 15 à 49 ans ont été excisées.
La même étude confirme que 76% des filles ont subi des mutilations génitales féminines avant l’âge de 5 ans.
Quant à Mme Konaté Amina Diarra de la Cofesfa, elle a souligné que l’organisation, qui existe depuis plus de 30 ans, a axé sa stratégie d’intervention sur l’information et la communication pour un changement de comportement positif dans le domaine de la santé.
Elle s’est réjouie des actions du gouvernement allant dans le sens de l’abandon de la pratique, à travers la signature des conventions, la création d’une structure dédiée à la lutte contre l’excision, l’institutionnalisation de la journée du 6 février.
Béatrice Iyam a souligné que les mutilations génitales féminines recouvrent l’ensemble des interventions qui consistent à altérer les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. Selon elle, ces pratiques sont considérées au niveau international comme étant une violation des droits humains des femmes et des filles, notamment de leurs droits à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, mais aussi à la vie lorsque ces pratiques ont des conséquences mortelles.
La présidente des femmes exciseuses de Dialakorodji, Safo et Mandé, a expliqué qu’elle ignorait les conséquences de l’excision. Grâce aux campagnes de formation et d’information de la Cofesfa, elle a pris conscience des risques. C’est pourquoi, elle et ses camarades ont décidé d’abandonner les mutilations génitales féminines. Le représentant du chef de village de Safo a réitéré l’engagement de sa localité à s’opposer à ces pratiques néfastes à la santé de la reproduction.

Aïda SOUMARÉ

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