Nos expatriés : Baye Ba, «en Mauritanie, on a tout ce qu’il faut pour bien travailler»

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Le technicien malien dirige deux sélections de catégorie d’âge de la Mauritanie et vient de signer un nouveau contrat avec la fédération. Dans cette interview, celui qui a offert au Mali le premier trophée continental au niveau des sélections, aborde plusieurs sujets : la politique de développement du football local, ses relations avec le technicien français des Mourabitounes, Corentin Martin et, bien entendu son sacre avec les Aiglonnets en 2015 au Niger

L’Essor : Vous êtes en Mauritanie depuis quatre ans. Apparemment vous vous entendez bien avec les responsables en charge du football de ce pays?
Baye Ba : Oui, je m’entends bien avec les responsables sportifs du pays. Je suis en Mauritanie, il y a presque quatre ans et je viens juste de renouveler mon contrat à la demande du président de la Fédération mauritanienne de football, Ahmed Ould Abderrahamane. C’est un dirigeant ambitieux et qui est à la disposition de toutes les équipes du pays, de jour, comme de nuit. Dieu merci, il y’a une bonne entente entre moi et mon président et le reste du bureau fédéral. Tout se passe bien, je n’ai aucun problème, ni avec mon employeur, c’est-à-dire la fédération, ni avec l’équipe que j’entraîne.

L’Essor : Concrètement, quel poste vous occupez dans le staff technique de la sélection mauritanienne et quelle est la durée de votre contrat ?
Baye Ba : J’occupe le poste de sélectionneur des U20 et des U23. Au début ,c’était uniquement les moins de 20 ans, mais mon travail a plu au président de la fédération et il m’a également donné la direction des U23. Je suis donc le sélectionneur des deux sélections de catégorie d’âge et la durée de mon contrat est de deux ans renouvelables.

L’Essor : Les observateurs s’accordent à dire que le football mauritanien a beaucoup progressé ces dernières années. Selon vous, qu’est ce qui explique cela ?
Baye Ba : Oui, le football mauritanien a beaucoup progressé ces dernières années et l’explication est simple : c’est le résultat du travail effectué par le président Ahmed Ould Abderrahamane et son équipe. Ils ont élaboré une bonne politique de développement, en confiant l’organisation des championnats de première et deuxième divisions à la ligue professionnelle. En plus, la direction technique travaille bien sur les petites catégories, c’est-à-dire les U13, U15, U17 et U20 que je dirige depuis quatre ans. Ce n’est pas tout, ici se déroulent régulièrement des championnats qui regroupent plus de 300 jeunes footballeurs, issus des quatre coins du pays. Bref, ici on a tout ce qu’il faut pour bien travailler. Voilà la recette du football mauritanien.

L’Essor : Quelles sont vos relations avec le sélectionneur français de la Mauritanie, Corentin Martin et quels commentaires vous inspirent les résultats qu’il a obtenus avec les Mourabitounes ?
Baye Ba : Mes relations avec Corentin Martin sont excellentes. Depuis qu’il est là, tout se déroule parfaitement, il n’y a jamais eu de problème entre nous. Au contraire, il y’a une grande complicité entre nous, il assiste à toutes mes rencontres. Parlant des résultats qu’il a obtenus avec les Mourabitounes, je peux dire qu’ils sont bons. En atteste la qualification de la sélection mauritanienne à la dernière CAN et surtout, la prestation de l’équipe.

Il restera comme celui qui a permis à la Mauritanie de se qualifier pour la première fois à la phase finale de la CAN. Avant lui, personne n’avait fait un tel exploit et bien que les Mourabitounes aient été éliminés au premier tour, je lui tire mon chapeau. Le président de la fédération, Ahmed Ould Abderrahamane est satisfait de son travail et il a de grandes ambitions pour le futur. Je souhaite donc bonne chance à Corentin pour la suite des événements. Il pourra toujours compter sur mon soutien.

L’Essor : Peut-on dire que vous êtes le successeur naturel de Corentin Martin ?
Baye Ba : Cette question est difficile à répondre (rires). Je ne dirai pas que je suis le successeur naturel de Corentin Martin, mais je suis, quand même en bonne position pour le remplacer en cas de départ. C’est possible également que je sois son adjoint dans les jours ou semaines à venir, mais honnêtement, je n’y pense pas trop. Je me concentre sur mon boulot, à savoir l’encadrement des sélections de catégorie d’âge.

L’Essor : Vous êtes partis en Mauritanie après avoir conduit la sélection nationale cadette, les Aiglonnets à la consécration en coupe d’Afrique. Est-ce après ou avant cette campagne que vous avez été contacté par la Fédération mauritanienne de football ?
Baye Ba : C’est après avoir donné le premier trophée à mon pays, que j’ai été contacté par la Fédération mauritanienne de football. D’autre pays m’ont également contacté, mais après réflexion et une tête à tête avec les responsables de la Fédération mauritanienne de football, j’ai opté pour ce pays. J’ai été très séduit par le projet de ce pays et l’offre était alléchante. Je puis dire que c’était la bonne décision, parce que depuis mon arrivée ici jusqu’à ce jour, tout se passe bien avec l’employeur.

L’Essor : Parlons à présent du football malien. Vous avez été le premier technicien malien à soulever un trophée continental en sélection. Quels souvenirs avez-vous de cette consécration ?
Baye Ba : Pleins de souvenirs, puisque c’était ma première fois d’être à la tête d’une sélection et également une première pour le football malien. Quand je pense à ce dimanche soir 1er mars 2015, je pleure de joie. J’ai pu donner une médaille d’or à mon peuple qui était désespéré et, surtout assoiffé d’avoir un trophée continental. Le Mali était en joie et ce sont des milliers de personnes qui ont envahi les rues du pays, après notre victoire 2-0 contre l’Afrique du Sud. Je n’oublierai jamais ces moments de bonheur. Aujourd’hui, le football malien a trois trophées continentaux qui ont tous été remportés par les sélections de catégorie d’âge. J’en suis fier, mais il reste encore beaucoup à faire, parce que le palmarès de l’équipe sénior est vierge.

L’Essor : Selon vous, quelle était la force du groupe que vous aviez conduit au sacre ?
Baye Ba : Sans fausse modestie, je dois dire que j’ai hérité d’un groupe soudé et discipliné. En plus, les jeunes avaient une envie collective de réaliser quelque chose ensemble. Dès notre arrivée à Niamey, les joueurs m’ont promis de tout faire pour remporter le trophée. Ils ont abordé la compétition avec beaucoup de confiance et à chaque match, le groupe montait en puissance. Sur le plan technique, les jeunes respectaient les consignes à la lettre. Ils ont joué en équipe, pendant tout le tournoi et ont été récompensés.

L’Essor : Avez-vous des contacts avec certains éléments de l’équipe ?
Baye Ba : Oui, j’ai des contacts avec certains éléments de l’équipe qui m’envoient des messages sur les réseaux sociaux. Je suis content et honoré de voir certains de mes éléments, comme Sékou Koïta, Abdoul Karim Danté, Aly Mallé et Mamadou Fofana «Nojo» jouer dans les grands championnats européens. Je leurs souhaite bonne chance pour leur carrière et j’espère qu’ils feront tout pour offrir le trophée de la CAN senior au peuple malien.

L’Essor : Justement, après la dernière CAN en Egypte, beaucoup d’observateurs ont dit que le Mali avait l’une des meilleures du tournoi. Partagez-vous cet avis ?
Baye Ba : Oui, le Mali faisait partie des meilleures nations du tournoi. Actuellement, notre pays a une jeune génération talentueuse et c’est pour cette raison que tous les favoris de la CAN avaient peur des Aigles. Les quatre matches des Aigles lors de la CAN ont émerveillé toute la planète foot du continent et je reste convaincu que cette équipe peut faire quelque chose dans les années à venir. En tout cas, l’équipe regorge de joueurs talentueux et a une grande marge de progression.

L’Essor : Selon vous, qu’est-ce qui a manqué aux Aigles en Egypte ?
Baye Ba : Pour moi, c’est l’expérience qui a manqué aux Aigles. Beaucoup de ces jeunes étaient à leur première CAN, contrairement aux autres sélections. C’est juste l’expérience qui a manqué à l’équipe. Je demande à la Fédération malienne de football (Femafoot) de ne pas laisser tomber ces jeunes qui, s’ils continuent à travailler, peuvent offrir le premier trophée de la CAN à notre pays. Personnellement, je n’ai aucun doute là-dessus.

L’Essor : Avez-vous un message pour le monde sportif malien ?
Baye Ba : Je salue le monde sportif malien et demande aux supporters de rester soudés derrière les sélections nationales et les clubs. Aussi, je demande au public de faire montre de patience avec les sélections nationales et d’avoir confiance aux joueurs. Pour terminer, je salue toute la Rédaction du Quotidien national L’Essor et j’espère retrouver les lecteurs du journal très prochainement.

Interview réalisée par
Djènèba
BAGAYOKO

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