Nos expatriés : Ichaka Diarra, l’Europe dans le viseur

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Dans cette interview, l’ancien joueur des Onze Créateurs et du Djoliba revient sur son transfert en Arabie saoudite après un bref séjour au Sénégal, parle de la sélection nationale dont il rêve d’enfiler le maillot pour participer à la prochaine CAN et fait part de son désir de changer d’air à la fin de la saison

L’Essor : Depuis 2018, vous êtes en Arabie saoudite. Comment êtes-vous arrivé dans le Royaume et quelle est la durée de votre contrat avec votre club, Al-Arabi ?

Ichaka Diarra : Cela fait trois bonnes années que j’ai disparu parce que beaucoup de mes compatriotes ne savaient pas où je me trouvais avant la convocation du sélectionneur national, Mohamed Magassouba, pour disputer les matches des 3è et 4è journées des éliminatoires de la CAN Cameroun 2021. En fait, je suis arrivé dans le Royaume en fin 2018 par le canal de mon agent, Haj Ben Tale. Avant, je jouais au Jaraaf du Sénégal et c’est lui qui m’a également amené dans ce club. Pour revenir à mon transfert en Arabie saoudite, j’ai d’abord joué à Al-Thuqbah, une équipe de deuxième division. J’ai fait une année dans ce club, avant de rejoindre Al-Arabi, qui est également pensionnaire de deuxième division. Je me sens bien ici, nous travaillons dans de bonnes conditions et les salaires sont payés régulièrement. J’ai signé un contrat de deux ans qui arrive à terme à la fin de la saison.

L’Essor : Combien d’équipes évoluent dans le championnat saoudien de D2 et quelle est la position actuelle de votre équipe ? Est-ce que vous êtes titulaire ?

Ichaka Diarra : Au total, 26 équipes, réparties en 2 poules, prennent part au championnat de deuxième division saoudienne. Les deux premiers de chaque poule joueront les Play-offs pour la montée en première division. Al-Arabi occupe la 13è place de la poule A après 6 journées de débats. Nous traversons une mauvaise passe et cela arrive à tous les grands clubs. Notre objectif est la montée en D1 et toute l’équipe est mobilisée pour ça. La tâche ne sera pas facile, mais nous y croyons et s’il plait à Dieu, nous allons atteindre notre objectif. Concernant ma situation personnelle, je suis vice-capitaine de l’équipe et titulaire à part entière. En toute humilité, je puis vous dire que les dirigeants du club sont très contents de moi et satisfaits de ce que je fais depuis mon arrivée ici.

L’Essor : Vous étiez le capitaine de la sélection nationale U20 qui a participé à la CAN et à la Coupe du monde de la catégorie en 2015. Comment expliquez-vous que jusque-là, vous n’avez pas été sélectionné en équipe nationale A ?

Ichaka Diarra : En 2015, on avait une belle équipe, jeune, ambitieuse et motivée. L’équipe comptait beaucoup de joueurs talentueux et la plupart de mes anciens coéquipiers ont déjà été appelés en équipe nationale. Pourquoi, je n’ai pas été convoqué ? Seul le sélectionneur national, Mohamed Magassouba peut répondre à cette question. En revanche, je peux vous assurer qu’il n’y a aucun problème entre lui et moi.

L’Essor : Quels sont vos objectifs cette année, sur le plan personnel et avec votre club ?

Ichaka Diarra : Comme je l’ai dit plus haut, l’objectif d’Al-Arabi cette année est très clair : c’est accéder à l’élite et remporter la Coupe d’Arabie saoudite, synonyme de qualification à la Ligue des champions d’Asie. Sur le plan individuel, mon ambition est de réaliser une bonne saison et terminer dans l’équipe de l’année. Je demande donc à tous mes compatriotes de faire des bénédictions pour moi et pour tous les joueurs maliens évoluant à l’extérieur.

L’Essor : Vous avez été convoqué par le sélectionneur national Mohamed Magassouba lors des matches des 3è et 4è journées des éliminatoires de la CAN Cameroun 2021, mais vous n’êtes pas venu. Peut-on savoir les raisons ?

Ichaka Diarra : J’ai beaucoup aimé cette question. Effectivement, j’ai été convoqué par le sélectionneur national, Mohamed Magassouba, pour jouer les matches des 3è et 4è journées des éliminatoires de la CAN. Il y a qu’une seule explication : c’est la Covid-19. C’est la crise sanitaire qui m’a empêché de voyager et d’honorer ma première sélection en équipe nationale. Je dois préciser également que ma convocation est arrivée au club avec un léger retard. Le timing était trop juste pour faire le test Covid-19 et trouver les autres documents administratifs. Ça a été une petite déception pour moi, mais je n’accuse personne, surtout pas le sélectionneur national, Mohamed Magassouba qui a fait ce qu’il devait faire. Je le répète, il n’y a aucun problème entre Magassouba et moi et il y en a jamais eu. Que cela soit clair pour tout le monde. Je profite de cette interview pour féliciter les Aigles qui se sont brillamment qualifiés pour la phase finale de la CAN. Chapeau au groupe et au staff technique. Pour ma part, je donne rendez-vous aux supporters lors des prochaines échéances. Inch Allah, je serais là.

L’Essor : La nouvelle génération des Aigles est considérée par nombre d’observateurs comme l’une des meilleures sur le continent. Qu’en dites-vous ?

Ichaka Diarra : Effectivement, on a une belle génération qui peut faire quelque chose pour le Mali. Je pense que la génération qui compose aujourd’hui la sélection nationale a juste besoin de suivi et j’espère que la Fédération malienne de football prendra les mesures qui s’imposent pour permettre à ce groupe de grandir ensemble. C’est un groupe qui peut remporter la CAN.

L’Essor : Lors de la dernière CAN le Mali a été prématurément éliminé de la compétition. Avez-vous suivi la prestation des Aigles et comment vous avez vécu cette élimination ?

Ichaka Diarra : J’ai regardé presque tous les matches de la CAN. Franchement, j’ai été émerveillé par la qualité du football produit par les Aigles. Le coach Mohamed Magassouba, est en train de faire un bon travail depuis qu’il est à la tête de cette équipe. En plus, ce qui me plaît chez lui, c’est le fait qu’il donne leurs chances à tous jeunes qui frappent aux portes de la sélection. Il est allé à la CAN avec l’une des équipes les plus jeunes du continent et la suite des événements lui a donné raison. Personne n’attendait le Mali à pareille fête et bien que les Aigles ont été éliminés dès les huitièmes de finale, je suis fier de ce qu’ils ont montré en Egypte.

L’Essor : Après l’Arabie saoudite, où comptez-vous aller ? Est-ce que vous êtes en contact avec des équipes, notamment en Europe où évoluent les meilleurs joueurs de la planète foot ?

Ichaka Diarra : Après l’Arabie saoudite, je compte partir en Europe, mon agent travaille déjà à ça. Pour le moment, j’ai deux contacts en Europe mais il faut attendre la fin de la saison pour voir ce quI se passera. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a des contacts avec deux équipes européennes qui évoluent en première division. À la fin de la saison, le Quotidien national L’Essor aura la primeur de l’information, si je dois bien sûr changer de club. C’est promis et juré.

L’Essor : Avez-vous une idole dans le monde du football et qu’est-ce qui vous plait chez ce joueur ?
Ichaka Diarra : Mon idole est Rio Ferdinand, ancien joueur de Manchester United. Pour moi, il restera comme l’un des meilleurs défenseurs au monde. Il a passé 12 longues années à Manchester United qui est mon club de cœur et remporté beaucoup de trophées avec cette équipe. J’aime beaucoup ce joueur.

L’Essor : Un petit message pour les supporters maliens qui n’ont malheureusement pas les images du championnat saoudien.

Ichaka Diarra : Je salue tous les supporteurs maliens et leur demande de faire preuve de patience avec les sélections nationales, notamment l’équipe A. Aujourd’hui, nous avons une équipe jeune qui a besoin du soutien de l’ensemble du peuple malien pour atteindre ses objectifs. Une équipe nationale, c’est la vitrine du pays et tout le monde devrait faire bloc derrière les sélections nationales. Avec votre permission, je terminerais cette interview en faisant un petit coucou aux dirigeants et supporters des Onze Créateurs et du Djoliba, mes deux anciens clubs.

Interview réalisée par
Djènèba
BAGAYOKO

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