Obsèques de Nouhoum Cissé : UN DIGNE FILS DU PAYS MORT À LA TÂCHE

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La cérémonie s’est déroulée en présence du chef de l’Etat


Homme brillant, espiègle et affable, Nouhoum Cissé dit « Abba » a été arraché à l’affection des siens dans la fleur de l’âge (42 ans), suite à un accident survenu le 16 juin dernier sur l’axe Sévaré-Bandiagara. Avant d’être conduit à sa dernière demeure, l’ancien conseiller à la présidence de la République a eu droit aux hommages de la nation qu’il aura servie avec honneur et loyauté. Ses obsèques, organisées dans la matinée d’hier à Lafiabougou, ont eu lieu en présence du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta et du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga.
0La cérémonie s’est déroulée selon le protocole classique : décoration du défunt à titre posthume, mots de remerciements de la famille, témoignages des amis et l’oraison funèbre prononcée par le secrétaire général de la présidence, Moustapha Ben Barka.
L’instant était triste ! Face au cercueil couvert du drapeau tricolore, le président de la République a déclamé cette phrase : «Nouhoum Cissé, conseiller technique à la cellule gouvernance et souveraineté de la présidence, au nom de la République du Mali, nous te faisons officier de l’Ordre national du Mali à titre posthume. Dors en paix, enfant de mérite du Mali !». Au-delà de la symbolique, cette distinction est l’expression de la reconnaissance du pays à ce digne fils qui s’est distingué à l’œuvre, en tant que conseiller au gouvernorat de Mopti, chef de section au ministère de l’Administration territoriale, chargé de mission à la Primature et conseiller à la présidence de la République. A Koulouba, il fut membre de la Cellule de communication et des relations publiques, puis conseiller technique à la cellule gouvernance et souveraineté.
Confiant son désormais ex-collaborateur au «maître des mondes (Allah), avec l’assurance qu’il sera parmi les bienheureux», le chef de l’Etat a dit toute sa peine et salué l’engagement constant de ce jeune homme au service de la nation. Ibrahim Boubacar Keïta garde de l’homme, le soutenir d’un «jeune brillant, d’une grande modestie, tout de loyauté».
En dépit du chagrin, le frère aîné du défunt, Soumaïla Cissé, a tenu à remercier tous ceux, notamment le personnel de la Présidence de la République, qui ont apporté leurs soutiens à la famille endeuillée. Ces mots de remerciement ont été suivis de ceux des camarades de promotion du défunt qui ont témoigné, par la voix de Moussa Guindo, de ses qualités d’homme humble et respectueux. Retraçant son parcours, Moussa Guindo a rappelé que Nouhoum Cissé, né en juin 1976 à Koutiala, a obtenu son DEF à Ségou en 1993. Alors orienté au Lycée Askia, il rejoindra, après une réorientation, le lycée Bouyagui Fadiga où il décrocha son baccalauréat (session 1999-2000). Ce parchemin en poche, Abba intégra plus tard l’ex- ENA d’où il est sorti avec une maîtrise en droit privé (option carrière judiciaire) en 2005. «Nous sommes fiers de toi, Abba», a-t-il déclaré.
Le même sentiment de fierté animait ceux qui le côtoyaient au quotidien. Pour Moustapha Ben Barka, secrétaire général de la Présidence, «Abba était unique en son genre, il était à la fois lui-même et nous tous». En effet, a-t-il ajouté, il fut un «conseiller technique sans frontières» tout aussi à l’aise avec les agents du protocole que de l’intendance, ou encore de la sécurité, du parc auto, des plantons et fleuristes. «Parce que Nouhoum avait plaisir à servir… Quelque soit le problème, il trouvait sa solution», a-t-il témoigné.
Le Grand chancelier des Ordres nationaux du Mali, le général Amadou Sagafourou Gueye, a, aussi salué, au nom du chef de l’Etat, la mémoire de celui qui était connu pour «son ardeur à la tâche et qui était toujours en poste». Abba a été conduit à sa dernière demeure (au cimetière d’Hamdallaye) au terme de cette cérémonie à la dimension de ses mérites. Il laisse derrière lui une veuve et un orphelin inconsolables.
Issa DEMBÉLÉ

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