Office du Niger : Le Ministre de l’agriculture lance la campagne agricole à M’Bewani

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Les paysans ont saisi l’occasion pour demander au chef du département d’augmenter les quantités d’engrais destinées à leurs zones

C’est par une scène de labour à bord d’un tracteur dans une parcelle du casier de Tiongoba que le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar a lancé hier à M’Bewani, la campagne agricole 2019-2020 de l’Office du Niger (ON). C’était en présence du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture, chargé de l’Aménagement et de l’Equipement rural, Adama Sangaré. Etaient également présents, le président, directeur général de l’ON Mamadou M’Baré Coulibaly, le président de l’Assemblée permanente des chambres d’Agriculture du Mali, Bakary Togola.

Devenue une tradition, la cérémonie a été l’occasion, pour le ministre et le PDG, de l’ON de faire le bilan succinct de la campagne écoulée. Un aperçu sur les préparatifs et les projections de la nouvelle campagne 2019-2020 ont été présentés.

Selon Mamadou M’Baré Coulibaly, la campagne agricole 2019-2020 démarre dans un contexte marqué par la signature du contrat-plan couvrant la période 2019-2023 entre l’Etat, l’ON et les exploitants agricoles. Le respect des engagements pris par les parties signataires de ce contrat-plan quinquennal va, dira t-il, permettre de renforcer la contribution de l’ON l’atteinte de la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté par une croissance économique accrue.  La campagne agricole 2019-2020 issue du contrat-plan, a affirmé le patron de l’Office, prévoit de produire 873 774 tonnes de riz paddy qui ne pourraient pas être atteints à cause de la réduction considérable de la quantité des engrais subventionnés. Il en est de même pour le maïs, pour lequel 11225 tonnes sont attendues.

Pour les produits maraîchers ce sont 321.990 tonnes et 83.601 tonnes de produits de diversification qui sont attendus. Pour le PDG de l’ON l’atteinte de ces objectifs dépendra, dans une large mesure, de la réalisation des aménagements prévus et aussi de la mise à la disposition des exploitants à temps opportun des intrants et équipements agricoles subventionnés.

L’occasion était aussi bonne pour lui pour faire le bilan de la campagne 2018-2019. Cette campagne, a-t-il indiqué, s’est déroulée dans les conditions satisfaisantes. Cependant, il a cité certaines difficultés majeures rencontrées dans le déroulement normal de la dite campagne. Il s’agit, entre autres, de l’insécurité dans la zone d’intervention qui a considérablement perturbé les activités d’appui-conseil auprès des exploitants agricoles. S’y ajoute la faible disponibilité de l’eau en période d’étiage du fleuve qui a joué sur le niveau de réalisation du riz de contre-saison.  Le retard accusé dans le ravitaillement des exploitants en engrais subventionnés à cause des changements intervenus dans le système de distribution, le sous-équipement et l’insuffisance de la main d’œuvre avec comme conséquence le non respect du calendrier agricole par certains exploitants font aussi parties des contraintes. Ce n’est pas tout. Il faut ajouter les actes de vandalisme sur les réseaux d’irrigation par certains exploitants parmi les difficultés de la dernière campagne agricole de l’ON.

Malgré toutes ces difficultés, le bilan provisoire de cette campagne, selon Mamadou M’Baré Coulibaly, est satisfaisant. Ainsi, en riziculture, on note une production totale de 819.897 tonnes de riz paddy contre 751.910 tonnes en 2017-2018, soit une augmentation de 9,04%. En maraîchage, ce sont 360.440 tonnes qui ont été produites. L’échalote représente 83,65% de cette production, soit 301.500 tonnes. En diversification de cultures, 25 000 tonnes ont été produites. Le maïs représente 35% de cette production, soit 8.852 tonnes. Pour les objectifs de production de la présente campagne, les intervenants ont été unanimes à reconnaître que la réduction considérable de la quantité des engrais subventionnés impactera sur la production attendue.

Les producteurs demandent à l’Etat de faire des efforts supplémentaires pour compléter le gap de 50%. C’est pourquoi, le délégué des exploitants agricoles, Abdoualye Daou, n’a pas manqué de souligner que les 16.600 tonnes d’engrais mis à la disposition par l’Etat ne pourront pas satisfaire les besoins des producteurs. Selon lui, il a été décidé de faire une discrimination dans la répartition de l’engrais mis à disposition. Et d’ajouter que ce manque à gagner aura des répercussions sur l’atteinte des objectifs assignés

Pour le ministre de l’Agriculture, les objectifs de la présente campagne agricole sont en harmonie avec les ambitions du président de la République pour le Mali à savoir produire suffisamment pour se nourrir, créer de la richesse, de l’emploi et des revenus. Moulaye Ahmed Boubacar a dit avoir pris bonne note de la revendication des producteurs. Selon lui, le cri du cœur des paysans sera étudié au plus haut niveau, car, le chef de l’Etat et le chef du gouvernement sont attentifs aux doléances du monde agricole.

Il s’est réjoui du bilan de la campagne passée qu’il a jugée comme étant un progrès. « Pour cette année, il est prévu de produire 11 millions de tonnes de céréales ce qui mérite des engagements. Le gouvernement fera tout son possible pour l’atteinte des objectifs », a souligné le ministre.

Le clou de la cérémonie a été la remise des prix aux meilleurs producteurs et agents d’encadrement. Aussi, dans le cadre du PARIZON des matériels agricoles ont été remis aux centres de prestation des services. Cette cérémonie a été suivie la visite du nouveau périmètre aménagé de 500 hectares du PAPAM.

Correspondance
Mariam A. Traoré
AMAP- Ségou

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