Orpaillage par dragage : difficile respect des textes

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Le ministre Guindo a souhaité que les équipements saisis soient gardés comme pièces à conviction pour la justice

Du 23 au 24 mars, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Housseïni Amion Guindo a effectué une visite de terrain dans la Commune de Sadiola, notamment à Baballa et Massakama dans la Région de Kayes.
Accompagné d’une forte délégation composée du gouverneur de la Région de Kayes, Mahamadou Zoumana Sidibé et du maire de la Commune de Sadiola, le ministre était venu s’imprégner de la mise en œuvre des recommandations de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) et du suivi de l’application de l’arrêté interministériel N°2019-1344 du 15 mai 2019, portant interdiction des dragues. La première étape de la visite du ministre Guindo a été Baballa où se trouve le site de Lana-SA, une entreprise spécialisée dans le recyclage des déchets d’orpaillage.
À son arrivée dans cette localité, Housseïni Amion Guindo a été accueilli par le directeur des relations publiques Afrique de l’Ouest de l’entreprise, Ben Sidi Ahmed Elkadi Mohamed Mahamoud. Sur place, le ministre Guindo a pu voir des déchets recyclés et exposés sur un vaste terrain.
Selon le représentant de l’entreprise, Lana-SA produit près de 150 tonnes de déchets, issus de l’orpaillage traditionnel et transformés en engrais et en ciment. «Lana-SA n’est pas une entreprise clandestine, elle est chargée du traitement des déchets issus de l’orpaillage», a indiqué Ben Sidi Ahmed Elkadi Mohamed Mahamoud. Après Baballa, la délégation a mis le cap sur Massakama, situé à 70 km de Sadiola. Dans ce village, le ministre Guindo a surpris une dizaine de jeunes hommes sur une drague en train de travailler, avec à leur tête un certain Tahirou Kanté, propriétaire de la machine.

Le gouverneur a ordonné aux gendarmes présents sur les lieux de saisir les moteurs de toutes les dragues se trouvant sur le fleuve. Au total, 7 machines ont été saisies. Dans la lettre circulaire interministérielle du 25 mai 2019, l’exploration et l’exploitation aurifères par dragage ont été suspendues pour 12 mois, mais le constat est que les activités d’orpaillage n’ont jamais cessé sur le fleuve Falémé. «Nous tenons à ce que ces moteurs récupérés, ces dragues démontées soient gardées comme pièce à conviction, en attendant que les dossiers soient transmis à la justice», a déclaré le ministre Guindo, avant de revenir sur son passage à Baballa. Lana. SA ne fait pas d’orpaillage, elle ne creuse nulle part, c’est une société chargée de recycler les déchets issus de l’orpaillage, a ainsi expliqué Housseïni Amion Guindo.
«Lana-SA peut traiter 150 tonnes de déchet par jour et elle s’est installée sur la base des réserves en termes de déchets existant dans la zone qui sont évalués à 17 ans de production à raison de 150 tonnes par jour», ajoutera le ministre Guindo. Il rappellera que Lana-SA est une entreprise de droit malien installée par le ministère du Commerce et de l’Industrie et qui dispose de toute la documentation. Pour le ministre, les activités que mène Lana-SA sont de nature à lutter contre les effets néfastes de l’orpaillage qui se fait avec du cyanure et avec du mercure.
Il s’est réjoui du fait que Lana-SA, avec les boues issues de l’orpaillage, fait de l’extraction d’or, mais en même temps détruit le cyanure pour en faire de l’engrais ou du ciment. «Nous voulons une action dans la durée, vous voyez les Sénégalais ont interdit le dragage et il se trouve que nous partageons ce fleuve avec eux à travers l’OMVS» (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal), insistera le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, en annonçant que toutes les dispositions seront prises pour faire respecter la mesure d’interdiction du dragage.

Envoyée spéciale
Rachel Dan GOÏTA

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