Paar : Les recettes d’une gestion participative

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Le projet travaille en étroite collaboration avec les bénéficiaires

Le Projet d’amélioration de l’accessibilité rurale (Paar), initié par le gouvernement avec l’appui de la Banque mondiale (BM), entend développer, améliorer et pérenniser l’accès routier des communautés paysannes aux marchés et services de base. Pour atteindre cet objectif, il semble adopter une démarche participative et inclusive afin de permettre aux populations bénéficiaires d’exprimer leurs besoins, d’apprécier la qualité du service et de vider les contentieux pouvant surgir dans la collaboration.

Dans le but d’asseoir un climat de confiance entre les acteurs, le Mécanisme de gestion des plaintes (MGP) a été institué. Il est animé par les membres d’un Comité de médiation mis en place dans le chef-lieu de chaque commune partenaire au projet. Cette commission prévient et gère les plaintes formulées par les populations des communes d’intervention. Il en est de même pour les griefs, les doléances, les abus et violation éventuels de droits.

L’objectif recherché en créant le MGP est de renforcer la responsabilisation du projet. Il s’agit de s’assurer que les préoccupations et plaintes venant des communautés ou autres sont écoutées, analysées et traitées. Pour ce faire, le Comité de médiation est composée de huit à dix personnalités et notables communautaires, dont des femmes, remplissant tous les critères d’éligibilité nécessaires à la réalisation de la mission. Ils sont choisis lors d’une assemblée générale, avec l’appui des responsables du Paar. Les membres choisis s’engagent volontairement à assumer les responsabilités qui sont les leurs dans l’intermédiation sociale avec la réception et la gestion des plaintes et doléances des populations communales.

Cet organe sert alors d’interface entre les communautés et le Projet dans l’optique d’assurer le fonctionnement du Mécanisme de gestion des plaintes. Il ne prend en charge que les plaintes liées aux interventions du projet. Par ailleurs, la mise en place des comités de médiation doit se faire avant le démarrage des activités du projet sur le terrain. Le mandat de ses membres couvre toute la durée du projet qui est de cinq ans. Pour pouvoir s’acquitter pleinement de leur responsabilité, ils sont formés sur la réception et le traitement satisfaisant des plaintes et doléances formulées par les populations.

Dans la première phase du Paar, un total de 18 Comités de médiation a été installé dans les deux régions d’intervention (Sikasso et Koulikoro). Chaque Comité de médiation a été doté d’un registre d’enregistrement des plaintes et réclamations avec un formulaire consensuel préétabli. La seconde phase du projet a vu l’installation de 23 Comités de médiation. Le processus est en cours concernant les phases 3 et 4. à ce jour, un total de 209 plaintes et doléances sont consignées parmi lesquelles 195 ont été traitées à temps. Le taux des plaintes traitées dans le délai de 30 jours a atteint 93,30% dans l’ensemble (99,24% dans la Région de Sikasso, contre 83,33% à Koulikoro).

à terme le Paar profitera directement à 650.000 personnes dont 51% de femmes. Il créera environ 144.000 emplois en cinq ans. Il prévoit d’aménager environ 1.700 km de pistes rurales pour le désenclavement des bassins de production agricole et l’inclusion sociale avec la réalisation d’aménagements connexes au profit des communautés desservies.

Synthèse de
Makan SISSOKO

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