Patrimoine culturel : LES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ FORMÉES SUR LA CONVENTION DE 1954

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Le ministre de la Culture posant avec les participants


Cette convention, visant la protection des biens culturels en cas de conflit armé, est le premier traité international qui porte exclusivement sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Signée le 14 mai 1954 à la Haye, elle est entrée en vigueur le 7 août 1956 à l’initiative  de l’UNESCO
Le ministère de la Culture, en partenariat avec le bureau UNESCO de Bamako, a débuté hier à l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye, un atelier de formation des formateurs à l’attention des forces de défense et de sécurité sur la convention de l’UNESCO de 1954 et autres mesures de protection du patrimoine culturel. La Convention de 1954 vise à sauvegarder les biens culturels et par extension l’héritage culturel des nations, des groupes et des membres distincts de la société à travers le monde, des conséquences des conflits armés.
La cérémonie d’ouverture de la rencontre était présidée par Mme le ministre  de la Culture, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, en présence du chef de bureau de l’UNESCO de Bamako, Hervé Huot-Marchand et du directeur de l’Ecole de maintien et de la paix, le général de brigade Cheick Fanta Mady Dembélé. On notait la présence de plusieurs officiels, experts du patrimoine, des directeurs centraux  du département en charge de la Culture et des participants de l’atelier.
L’objectif de cette formation de haut niveau est d’outiller les éléments des forces de défense sur la convention de l’UNESCO de 1954 et autres grandes conventions sur la protection du patrimoine culturel. Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo s’est réjouie de la tenue de cet atelier de haut niveau à l’attention des forces de défense et de la sécurité. «Cet atelier est donc une étape décisive dans la formation des forces de défense et de sécurité sur la protection du patrimoine culturel en période de conflit et de post-conflit», a introduit Mme N’Diaye ramatoulaye Diallo. «Aux participants, il vous permettra de consolider les expériences acquises et les leçons apprises lors des ateliers précédents et d’assurer la réplique, la continuité et le suivi participatif de la formation au sein des écoles militaires et des centres d’instruction», a-t-elle dit.
Après avoir rappelé que cette formation est la suite logique d’une série d’ateliers de formation sur la protection du patrimoine culturel de Bamako à Sikasso, Mme le ministre de la Culture a remercié les partenaires techniques et financiers (UNESCO, MINUSMA) pour leurs efforts dans l’élaboration et la mise en œuvre du Programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali, qui ont été sérieusement affectés par la crise politique, institutionnelle que notre pays a connue.
Cette formation s’inscrit dans le contexte du processus de la protection du patrimoine culturel, a rappelé M. Hervé Huot-Marchand. La convention de 1954 est d’une importance capitale en ce moment, car, le banditisme perdure même après la crise. L’UNESCO entretient une bonne relation avec le Mali  et intervient après chaque conflit ou violence pour la protection des biens et des droits. De son côté, le directeur  général de l’Ecole de maintien et de la paix, le général de brigade Cheick Fanta Mady Dembélé, a exprimé sa satisfaction d’accueillir un atelier de haut niveau au sein de son établissement. La protection du patrimoine fait partir des actions de sécurisation de  notre mission, a-t-elle assuré.
Il faut rappeler que la convention de 1954 qui vise la protection des biens culturels en cas de conflit armé, est le premier traité international qui porte exclusivement sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé. C’est un traité international quadrilingue, signé le 14 mai 1954 à la Haye (Pays Bas) et entré en vigueur le 7 août 1956, à l’initiative et sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Elle a été adoptée à la suite des destructions massives de patrimoine occasionnées par la seconde guerre mondiale. Elle est l’un des outils fondamentaux du droit international de la protection des biens culturels en cas de conflit armé. D’une manière générale, elle exige que les États membres prennent des mesures de protection en temps de paix pour la sauvegarde des biens culturels.
Ces mesures comprennent la préparation d’inventaires, la préparation à l’évacuation des biens culturels mobiliers et la désignation des autorités compétentes responsables de la sauvegarde des biens culturels. Les États parties acceptent également de s’abstenir de tout acte d’hostilité dirigée contre ces biens. La Convention exige également la création d’unités spéciales au sein des forces militaires nationales, chargées de la protection des biens culturels. Dans son article 1er,  elle définit les biens culturels qui concernent le patrimoine culturel mobilier ou immobilier comme les monuments, les produits des fouilles archéologiques, les collections scientifiques, les manuscrits rares, les œuvres d’arts, les objets d’antiquité d’intérêt artistique ou historique, etc.
Amadou SOW

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