Pluviométrie : Mali météo prédit la fin de la séquence sèche

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Les spécialistes assurent que le déficit pluviométrique du moment, sera de courte durée. La quantité de pluie, au cours de cette campagne, sera proche de la normale saisonnière

Dans le champ d’arachide de Cheydou Maïga, en zone aéroportuaire de Bamako, sans conviction toute la famille se livre sous un soleil de plomb à une activité de désherbage. Son épouse, lui-même et son fils Simpi, sont aux prises avec les rigueurs d’un sol très sec. Les plants d’arachide ont du mal à pousser. Ce paysan et sa famille ne sont certainement pas les seuls à s’inquiéter du déficit pluviométrique du moment. Beaucoup de personnes à travers le pays scrutent le ciel désespérément en espérant voir des nuages annonciateurs d’une pluie bienfaitrice.
Comme l’avaient signifié les prévisions saisonnières, le début de saison est difficile à cause des « pauses pluviométriques longues », c’est du moins le terme qu’utilise Mme Diabaté Fatoumata Sangho, chef bureau prévision générale à Mali Météo. Elle préfère ce terme à « poche de sécheresse » qui pourrait faire peur. Qu’est-ce qu’une poche de sécheresse ? D’abord retenons que selon les prévisions saisonnières 2019-2020, l’acuité de ce phénomène climatique connaîtra dès ce début juillet son épilogue. « A partir de ce mois jusqu’à septembre, la pause pluviométrique sera de moins en moins longue et la quantité de pluies sera proche de la normale saisonnière », rassure la spécialiste de Mali Météo que nous avons rencontrée hier à son bureau.
Selon notre interlocutrice, on parle de pause pluviométrique, de séquence sèche ou de poche de sécheresse quand « plusieurs jours s’écoulent entre les pluies ». Cette année, les journées qui se sont écoulées entre les pluies ont été supérieures ou égales à 5 jours. « Nous l’avions prévu et c’est vrai que ce n’est pas une bonne nouvelle pour les agriculteurs, ça peut donner de fausses alertes aux paysans», explique-t-elle, conseillant que ceux-ci doivent être en communication permanente avec les services de la Météo.
Si les pauses pluviométriques, selon elle, sont dues au manque d’humidité sur une longue période dans une zone précise (ce qui n’est pas propice aux pluies), les producteurs doivent être attentifs à l’information météorologique. Car la méconnaissance de l’information relative aux séquences sèches peut avoir des conséquences irréversibles sur les semis. « Avec une pluviométrie de 20 mm dans leur zone et 2 fois par semaine, il y a des producteurs qui pensent que la saison a commencé, et du coup se mettent à semer. 10 jours après les semis, s’il n’y a toujours pas de pluie, certaines semences ne peuvent pas supporter. Le producteur devra semer à nouveau. Ce qu’on leur conseille, c’est de suivre la diffusion des bulletins météo », recommande-t-elle, déplorant l’attitude de certains producteurs qui sèment sans l’avis des services spécialisés.
C’est visiblement le cas de Cheydou, dont le champ d’arachide affiche aujourd’hui les signes indéniables du manque d’eau. Il dit avoir semé au milieu du mois de ramadan. « Du semis à aujourd’hui, nous n’avons reçu que deux pluies. Et vous pouvez faire le constat vous-mêmes, je crains pour mon champ », confie ce paysan qui ne se fie qu’à la méthode traditionnelle pour semer. « Je suis conscient du changement climatique, car je cultive ici depuis 22 ans. Je vois comment le temps change, il y a 20 ans à pareil moment, je serais en train de faire un deuxième semis après avoir récolté mon premier champ », rappelle-t-il.
Si pour la spécialiste de Mali Météo, les producteurs doivent suivre les conseils des spécialistes, elle a également expliqué les dispositions que prend son service pour faire face à des poches de sécheresse. Il s’agit de l’opération « pluies provoquées ». Selon elle, les prévisions de précipitations dans l’ensemble du pays seront de normales à excédentaires, sauf pour la région de Kayes dans sa partie nord qui sera déficitaire. Mais, avec le programme de « pluies provoquées », toutes les dispositions sont prises pour pallier ce déficit.
Elle assure que toutes les dispositions sont prises pour informer les producteurs. Mais, précise-t-elle, ce qui est encore possible, c’est d’appeler la météo pour prendre des informations sur sa zone précise. Car, la date de semis de Kayes n’est pas forcément celle de Sikasso. Et il en est ainsi pour toutes les zones agricoles.

Khalifa DIAKITÉ

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