Pneumonie : La plus meurtrière des maladies infectieuses infantiles

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Pr Fatoumata Dicko

La pneumonie est la première cause infectieuse de mortalité chez l’enfant. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’elle est à l’origine de 15% des décès chez les enfants de moins de 5 ans à l’échelle planétaire. Pr Fatoumata Dicko Traoré, chef du service de néonatologie au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré, révèle qu’elle représente la première cause d’hospitalisation dans son unité de prise en charge des bébés.

D’après elle, la pneumonie survient chez l’enfant à tout âge, depuis la naissance et surtout avant l’âge de 5 ans. La praticienne hospitalière précise que la pathologie est plus fréquente et plus grave avant l’âge de 2 ans. En outre, la spécialiste souligne qu’on parle de pneumonie quand il y a une infection des poumons. Et de préciser que cette infection est généralement liée aux bactéries. Selon elle, la pneumonie est due aux bactéries qui sont dans l’environnement de l’enfant et qui passent dans les voies respiratoires. Pr Fatoumata Dicko Traoré explique que cette maladie est favorisée par l’absence de vaccination et d’allaitement maternel.

La maladie peut être également causée par la malnutrition, les maladies diarrhéiques, la rougeole, la pollution atmosphérique incluant le tabagisme parental.

« Ce sont des situations qui fragilisent l’enfant et favorisent l’envahissement des poumons par les bactéries », précise-t-elle. La pneumonie se manifeste essentiellement par la toux, la fièvre et une accélération de la respiration chez l’enfant. Elle est extrêmement fréquente et grave. Le diagnostic se fait par la découverte des signes susmentionnés et la radiographie pulmonaire. La responsable du service de néonatologie indique qu’on peut aussi retrouver le germe en cause dans le sang.

La pneumonie n’est pas contagieuse. Par contre, elle peut se compliquer par une dissémination du germe en cause dans l’organisme comme la méningite. A ce niveau, la pédiatre souligne que le risque majeur est le décès lié aux complications respiratoires qui surviennent en cas de prise en charge tardive.

Pour le traitement, la praticienne de Gabriel Touré souligne qu’il repose sur l’administration d’antibiotiques quand il s’agit d’une cause bactérienne. Sur ce point, elle conseille d’éviter l’automédication qui entraîne une résistance des bactéries aux antibiotiques. Elle rappelle aussi qu’un vaccin existe contre les principales bactéries responsables de la pneumonie. Il est même inclus dans le Programme élargi de vaccination (PEV) de routine.

C’est la vaccination gratuite dans notre pays, dont bénéficient les enfants de la naissance jusqu’à l’âge de 9 mois. Ce programme couvre les germes responsables de la pneumonie et de la rougeole (qui est un facteur favorisant). Selon, la spécialiste, c’est la vaccination qui est la première mesure de prévention. Et de préciser qu’il faut également combattre la malnutrition et les maladies diarrhéiques par une bonne pratique de l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois, une bonne diversification alimentaire et une bonne hygiène. L’enfant doit aussi être protégé contre la pollution de l’air.

F. N.

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