Point de presse du gouvernement : AMADOU KOÏTA DÉCORTIQUE LES SUJETS D’ACTUALITÉ

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En plus de la grève illimitée des magistrats, qui focalise depuis un certain temps les débats, deux autres sujets sont au cœur de l’actualité de notre pays. Il s’agit de l’avant-projet de découpage administratif et le pacte pour la paix signé entre les parties prenantes à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Sur ces sujets, le ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne, Porte-parole du gouvernement, Amadou Koïta, a animé un point de presse, hier au siège du Centre d’information gouvernementale du Mali (CIGMA).
Cela fait exactement 112 jours que certains magistrats sont en grève, privant du coup des citoyens de jouir de leurs droits. Faute d’être jugés, des milliers de prévenus croupissent dans les prisons. Et de nombreux jeunes, en incapacité de se procurer des pièces nécessaires pour postuler à différentes offres d’emplois, voient leurs chances filer entre les doigts. Pourtant, le gouvernement a suffisamment prouvé sa bonne foi, en honorant tous ses engagements vis-à-vis des magistrats. Les augmentations à eux accordées par l’Etat sont éloquentes : grille salariale révisée à hauteur de 10%, l’indemnité de judicature revalorisé à hauteur de 50%, et l’indemnité de logement est passée de 50000 FCFA à 115000 en 2017, puis à 125000 FCFA en 2018. « A ce jour, tous les magistrats ont vu leurs salaires nets augmentés au moins de 200000 FCFA », a révélé Amadou Koïta.
Tous ces acquis, a précisé le ministre, ont été engrangés sous la présidence de Ibrahim Boubacar Keïta qui, au demeurant, n’a jamais lésiné sur les moyens quand il s’est agi de l’amélioration des conditions de vie des Maliens, singulièrement des travailleurs. « Mais malgré tout cela, nous assistons encore à une grève des magistrats, sans même respect  du  service minimum », a déploré le ministre porte-parole du gouvernement. Alors qu’autant la grève est un droit constitutionnel, autant la loi exige de tout gréviste l’observation du service minimum. En dépit de l’illégalité de cette grève des magistrats, qui n’ont pas daigné assurer le service minimum, le gouvernement œuvrera pour apaiser le climat social. Et c’est d’ailleurs dans cette optique que le président de la République a reçu, récemment, les membres élus du Conseil supérieur de la magistrature. A l’occasion, a expliqué Amadou Koïta, le chef de l’Etat a encore réaffirmé l’engagement du gouvernement à traduire en actions concrètes toutes les initiatives qui participent à l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble du peuple malien. Il a également redit l’engagement du gouvernement à renforcer la sécurisation des tribunaux, des juges et de tous les Maliens où qu’ils se trouvent.
Selon Amadou Koïta, le chef de l’Etat a informé le Conseil supérieur de la tenue, prochainement, d’un forum social avec l’ensemble des acteurs pour discuter des questions relatives à la rémunération dans notre pays. «Nous osons espérer que dans les jours à venir, les magistrats comprendront que la magistrature constitue le pilier des institutions de la République et qu’aucun sacrifice n’est de trop quand il s’agit du pays », a déclaré le conférencier. Cependant, a-t-il précisé, «le gouvernement ne peut pas promettre ce qu’il ne peut pas faire».
Le deuxième point évoqué par Amadou Koïta a été l’avant-projet de découpage administratif. Un sujet qui, la semaine dernière, a fait couler beaucoup d’encre, parfois sur fond de spéculations et d’intoxications. Alors qu’en réalité, il ne s’agit pour le moment que d’un avant-projet qui ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui. Ce découpage a été initié depuis 2012, a rappelé le ministre Koïta. Et de rassurer que le gouvernement n’a aucune volonté d’aller à un découpage qui ne serait pas le fruit d’un consensus. « Aucune décision n’a été prise et aucune décision ne sera prise tant que l’ensemble des Maliens n’est pas associé au processus», a-t-il déclaré, avant d’annoncer que cet avant-projet sera soumis à l’ensemble des acteurs socioprofessionnels du pays, lors des concertations régionales qui seront organisées dans toutes les régions. « C’est après cela qu’il y aura un projet de loi qui sera examiné par le conseil des ministres, avant d’être soumis à l’approbation de l’Assemblée nationale», a-t-dit.
Enfin, le porte-parole du gouvernement a expliqué que le pacte pour la paix n’est pas un nouvel accord. Selon lui, «c’est tout simplement le renouvellement des engagements des parties prenantes à aller à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger». Ce pacte, qui rend surtout les décisions de la médiation internationale exécutoires, a été signé entre le gouvernement et les Nations Unies à travers le chef de la MINUSMA. Il y a eu également une déclaration d’adhésion des mouvements signataires. « Aujourd’hui, nous nous félicitons tous du retour de la confiance, de la mise en œuvre de cet Accord qui nous amènera à la paix », a conclu le conférencier.
 
I.D

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